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Vous pouvez rencontrer les communistes du 5e arrondissement tous les week-end sur vos marchés. Ils y vendent l'Humanité Dimanche, y distribuent le 5e.communiste (leur journal) et  bavardent volontiers avec les passants.

Nous sommes tous les samedis à partir de 11h aux marchés de Port-Royal et tous les dimanches à la même heure au marché de la place Monge.

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 09:24


Un article de Edition de
il manifesto du dimanche 10 août 2008 , traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio.

Source:
Caïus Grachus
.

« La Georgie est aujourd’hui un phare de liberté pour cette région et pour le monde », disait le président Georges Bush lors de sa visite à Tbilissi en mai 2005. A quoi tient une telle reconnaissance de la part de la Maison Blanche ? Au fait que ce petit pays de 4 millions d’habitants est devenu un avant-poste de la pénétration étasunienne en Asie centrale ex-soviétique : zone d’immense importance à cause de ses réserves de pétrole et de sa position géostratégique entre la Russie, la Chine et l’Inde.

C’est le pétrole de la Caspienne qui alimente le « phare de liberté» de la Georgie. C’est là que passe l’oléoduc qui relie le port azéri de Baku, sur la mer caspienne, au port turc de Ceyhan, en Méditerranée : un « couloir énergétique » décidé en 1999 par l’administration Clinton et ouvert en 2005, qui contourne la Russie par le sud, sur une distance de 1800 kilomètres. Pour protéger l’oléoduc, réalisé par un consortium international dirigé par la société britannique BP, le Pentagone a entraîné des forces de sécurité géorgiennes de « riposte immédiate ».

Depuis 1997 en effet, le « phare de liberté » de la Georgie est aussi alimenté par Washington d’un flux croissant d’aides militaires. Avec le « Georgian Train and Equip Program », lancé en 2002, le Pentagone a transformé les forces armées géorgiennes en une armée à ses ordres. Pour mieux l’entraîner, un contingent de 2000 hommes des forces spéciales géorgiennes a été envoyé, pour combattre, en Irak, et un autre en Afghanistan. Selon des sources du Pentagone, citées par le New York Times (9 août), il y a actuellement en Géorgie plus de 2.000 citoyens étasuniens, dont environ 130 instructeurs militaires. C’est en Georgie qu’a commencé en juillet dernier l’opération « Immediate Response », une manœuvre militaire à laquelle participent des troupes étasuniennes, géorgiennes, ukrainiennes, azéries et arméniennes. Pour cette opération, dirigée par le Pentagone, sont arrivés en Georgie environ 1000 soldats étasuniens appartenant aux bataillons aéroportés Setaf, aux marines et à la Garde nationale de l’Etat de Géorgie (USA). Ces troupes ont été basées à Vaziani, à moins de 100 kilomètres de la frontière russe. On imagine ce qui arriverait si la Russie déployait ses troupes au Mexique, à la même distance de la frontière étasunienne.

Par ailleurs, le « phare de liberté » a été alimenté par la « révolution des roses » qui, planifiée et coordonnée par Washington, avait provoqué la chute du président Edouard Chevardnadze. Selon le Wall Street Journal (24 novembre 2003) l’opération avait été conduite par des fondations étasuniennes officiellement non gouvernementales, en réalité financées et dirigées par le gouvernement étasunien, qui « éduquèrent une classe de jeunes intellectuels capables de parler anglais, assoiffés de réformes pro-occidentales ».

Sur le plan militaire, économique et politique, la Géorgie est contrôlée par le gouvernement étasunien, ce qui signifie que l’attaque contre l’Ossétie du Sud a été programmée non pas à Tbilissi mais à Washington. Avec quels objectifs ? Mettre en difficulté la Russie, vue depuis Washington avec une hostilité croissante du fait, aussi, de son rapprochement avec la Chine. Renforcer la présence des USA en Asie Centrale. Créer en Europe un autre foyer de tension qui puisse justifier une expansion ultérieure de la présence militaire étasunienne, dont le bouclier anti-missiles est un élément clé, et l’élargissement de l’OTAN vers l’est (sous peu la Georgie devrait justement entrer dans l’Alliance qui est sous commandement US).

Ce que Washington craint, et essaie d’éviter, c’est une Europe qui, en réalisant son unité et en acquérant, ensuite, une force économique plus grande, puisse un jour se rendre indépendante de la politique étasunienne. D’où sa politique de diviser pour régner, qui est en train de conduire l’Europe à un climat de guerre froide. D’où aussi sa politique des deux poids deux mesures : tandis qu’elle revendique, reconnaît et défend l’indépendance du Kosovo, contre la souveraineté serbe, au détriment du respect des frontières internationales – qu’on imagine ce qui se serait passé si la Serbie avait attaqué Pristina en février juste après la proclamation unilatérale d’indépendance par le Kosovo- Washington refuse celle de l’ Ossétie du sud, en affirmant « le soutien de la communauté internationale à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Géorgie ».

TOMMASO DI FRANCESCO, MANLIO DINUCCI
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 08:45

Travailleurs de Russie, de Géorgie et d'Abkhazie, ensemble contre la guerre. Moscou, 1er mai 2008.

Le conflit géorgien constitue une nouvelle phase du bras de fer que se livrent Russes et Américains dans la région depuis plus de quinze ans pour le contrôle des hydrocarbures.
Les États-Unis ont entrepris un effort considérable pour s’implanter dans toutes les ex-républiques soviétiques, régions d’intense transit commercial, riches en ressources naturelles. Le Kremlin est soucieux d’éviter un démantèlement de la Fédération de Russie après celui de l’URSS.

Ces frictions se sont exacerbées car les dirigeants russes se montrent déterminés à restaurer une puissance russe conforme au capitalisme national en pleine expansion.

Le forcing américain pour s’implanter sur tout le flanc sud de la Fédération de Russie vise à la fois à contenir les puissances russe et chinoise et à contrôler une région très riche en hydrocarbures. Washington est parvenu dès le tournant de l’an 2000 à installer tout un réseau de bases militaires dans le Tadjikistan, le Kirghizistan ou l’Ouzbékistan, tissant des relations privilégiées avec des potentats locaux souvent bien peu soucieux des droits de l’homme, si fortement invoqués en d’autres situations. Le conflit géorgien illustre cette montée des antagonismes et sans doute un certain rééquilibrage des rapports de forces entre les deux empires. Il est d’autant plus dangereux pour la paix de la région et de la planète que les deux protagonistes n’hésitent pas à instrumentaliser des aspirations nationalistes ou sécessionnistes pour parvenir à leurs fins. Ce sont les peuples qui habitent le pays, qu’ils soient géorgiens, ossètes ou abkhazes, qui constituent donc aujourd’hui les principales victimes de cet affrontement des empires.

Sur la question du contrôle des ressources d’hydrocarbures, devenue évidemment encore plus sensible depuis l’explosion des cours et la conviction qu’à moyen terme s’annonce une pénurie de cette matière première, la Géorgie joue un rôle décisif. Le rattachement du pays au « bloc occidental » constitue en effet le moyen d’assurer un transit du gaz et du brut de la mer Caspienne directement vers les marchés occidentaux.

Une conception des rapports internationaux qui remonte au XIXe siècle et semble y être restée.
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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 10:09
Pour un discours théorique clair et utile à l'action


Cette contribution a été rédigée collectivement par les militants de la section du 5e arrondissement de Paris du PCF, réunis en assemblée générale.


À propos de l’organisation des débats et de l’usage d’internet

En guise d’introduction, nous voudrions faire quelques remarques sur l’organisation du débat et de la préparation de ce Congrès, en espérant qu’elles serviront à l’organisation de discussions futures. La période choisie pour l’appel à contribution – les deux mois d’été – a empêché beaucoup d’adhérents de participer activement au débat, et a freiné la discussion collective (cela explique d’ailleurs la date tardive d’élaboration de ce texte). En outre, le choix de publier les contributions seulement sur internet, et non pas dans l’Humanité (à l’exception de certaines…) ou dans Communistes, prive beaucoup d’entre nous des éléments de la discussion. Même dans notre section du centre parisien, près de la moitié des adhérents n’ont pas accès régulièrement à internet. Et il ne s’agit pas seulement de camarades âgés, mais aussi d’étudiants ou de jeunes précaires. Internet est un outil extrêmement utile, mais il ne peut pas remplacer toutes les autres formes de diffusion et d’échange de l’information ! À cela il faut ajouter que la publication uniquement sur internet renforce notre scepticisme sur l’avenir et l’utilité des contributions : par qui seront-elles lues ?

La diffusion d’un discours communiste à contre-courant de la pensée dominante est difficile. Nous pensons qu’il est important d’engager une réflexion sur nos rapports avec les médias existants qui conditionnent en partie notre manque de crédibilité auprès de la population. Le bourrage de crâne médiatico-capitaliste brouille les cartes et nos repères. Quelle attitude adopter ? Jouer le jeu des medias pour espérer être entendus plus largement au risque de nous détourner insidieusement de notre but = le doigt dans l’engrenage qui broie toujours plus fort ? ou refuser d’utiliser (ou d’être utilisés par) les medias actuels, dans leur format actuel et lutter pour le développement d’un droit à l’information (informer et être informés) en tant que bien public. Quelle que soit la réponse, cela ne pourra se faire qu’en élaborant pour nous-mêmes et pour nos interlocuteurs un discours communiste sur des bases théoriques claires qui s’articulera sur la réalité quotidienne et encouragera les luttes.

Comment être crédibles ?

    Venons à l’essentiel. Qu’attendons-nous du Congrès du PCF qui se prépare ? Nous voulons que ce Congrès donne au PCF les moyens de reprendre le combat idéologique. Trop souvent, nous avons l’impression que les communistes – dirigeants, mais aussi militants – n’osent pas dire ce qu’ils pensent, agir comme ils le souhaiteraient, tenir un discours communiste. Nous voulons en finir avec l’autocensure et le suivisme.

    Deux jeunes adhérents évoquent un exemple : la vente de fruits et légumes organisée par le PCF et le MODEF à Paris le 21 août dernier. Alors que cette vente offrait une occasion formidable de développer un discours communiste, ils ont eu l’impression d’un vide politique. Parce que nous nous limitions à dire, comme tout le monde, que la vie est chère alors qu’on devrait poser les questions des rapports de production et de l’exploitation du travail.

    Pourquoi croit-on être plus entendus lorsque nous parlons de « pouvoir  d’achat » que lorsque nous parlons de salaire, ou de production ? D’abord, trop souvent nous pensons que pour être crédibles il faut en rabattre sur nos exigences. Ensuite, nous croyons aussi être plus facilement entendus en utilisant les mots de tout le monde, ceux des médias.

    Mais nous y perdons doublement. D’abord, nous y perdons en clarté : notre discours est plus difficile à identifier, à distinguer des autres. Nous sommes pour l’augmentation du pouvoir d’achat, « comme » Nicolas Sarkozy et l’ensemble des forces politiques.

Ensuite, en croyant devenir plus crédibles, nous perdons en fait ce qui fait notre crédibilité. C’est une erreur de croire que les propositions les moins ambitieuses sont les plus crédibles. Après l’expérience de la gauche plurielle, nous avons nous-mêmes insisté sur la nécessité de mobilisations populaires pour réaliser nos propositions. Puisque nous ne pouvons pas agir seuls, puisque nous avons besoin que la population se mobilise pour faire passer nos propositions, nous ne sommes crédibles que quand nous sommes mobilisateurs. Et qui descendrait dans la rue pour le SMIC à 1500 euros ? Pour être crédibles, nous devons être ambitieux, et donner envie aux travailleurs de se battre.

Nos revendications, nos luttes, doivent avoir une portée idéologique, s’articuler à un projet de société global. Ainsi, nous serons plus mobilisateurs, plus crédibles, mais aussi plus capables de rassembler. Plus nos positions seront claires, plus il nous sera facile de nous rassembler avec d’autres, dont les projets seront différents, sans avoir peur de nous perdre.

Qu’est-ce qui fait de nous des communistes ?

    Cela nous conduit à affirmer que nous souffrons d’un manque théorique. Nous avons besoin de définir théoriquement le combat et le projet communiste. Nous nous sommes posé la question : qu’est-ce qui nous rassemble ? Qu’est-ce qui fait de nous des communistes ?
   
    La réponse la plus immédiate a été : nous luttons contre le système de production capitaliste. Être communiste, c’est tenir un discours sur le capitalisme comme système de production, sur l’exploitation capitaliste et l’aliénation. C’est se positionner en fonction d’une lutte des classes qui a pour principe la place de chacun dans le processus de production. Cela peut paraître bien abstrait. Mais en même temps, la production, les rapports de production, beaucoup d’entre nous en font l’expérience quotidienne dans leur travail.

    Nous avons besoin d’un discours théorique clair, utile à l’action, qui articule analyse de la société, projet global et propositions. La réflexion sur la production, sur la façon dont elle est organisée par le capitalisme, et en particulier par le capitalisme financier, sur les relations qu’elle met en place entre les hommes, nous semble être au cœur de notre engagement communiste, et peut nous permettre d’être au plus près des conditions concrètes de vie et de travail de chacun, et donc d’être audibles, tout en tenant un discours spécifiquement communiste, loin de l’idéologie dominante véhiculée par les médias.

Progressistes et communistes

    Mettre la production au cœur de nos analyses ne signifie pas que nous tenons pour secondaire les aliénations et les dominations construites en dehors du processus de production. Communistes, nous sommes progressistes, et luttons pour l’émancipation de chacun face à toutes les formes de domination.

    Cependant, il nous semble que notre rôle de communiste dans les luttes auxquelles nous participons est d’apporter une analyse spécifiquement communiste, c’est-à-dire une analyse de classe. Ainsi lorsque nous nous battons pour la régularisation des sans-papiers, nous le faisons bien sûr au nom du droit de chaque homme à la dignité et au respect. Mais ce qui est spécifiquement communiste, c’est le discours que nous pouvons tenir sur le rôle de l’exploitation des sans-papiers dans la dégradation des conditions de travail de tous les travailleurs. Si l’action revendicative est évidemment extrêmement importante, elle ne suffit pas. Le Parti doit jouer un rôle différent de celui des syndicats. En proposant une analyse des rapports de classe, il peut permettre aux salariés de prendre conscience de la nécessité d’une transformation de la société. Les luttes ne peuvent grandir et rassembler que si elles reposent sur une analyse de la société, des politiques menées, et de leurs contradictions, et si elles contribuent à la réalisation d'un autre projet de société, en rupture avec le capitalisme.

    Le cheminement d’une adhérente récente illustre bien le rôle que peuvent jouer les communistes dans les luttes. Charline a adhéré au PCF en tant que  parti progressiste, en particulier sur la question de l’immigration. Puis elle dit être « devenue communiste », au fil des discussions et des actions.

Le rôle de l’organisation dans la lutte idéologique

    Cet exemple souligne combien il est important que le PCF continue de permettre aux nouveaux adhérents de « devenir communistes », dans la rencontre et le débat avec d’autres, membres ou non du PCF. On n’est pas communiste tout seul.

    L’organisation doit permettre à chacun de participer aux discussions, à la mise en commun des informations et des réflexions, mais aussi donner à chacun la possibilité d’agir, d’aller à la rencontre des travailleurs, de ceux qui luttent, de l’ensemble de la population. Pour cela, les structures les plus proches du quartier ou du lieu de travail, cellules et sections, sont essentielles. Là se développent une discussion à laquelle chacun peut participer, et des actions où chacun peut trouver sa place. La formation joue aussi un rôle important, et doit être développée. Elle ne doit pas seulement aborder les sujets d’actualité, mais aussi permettre à chacun d’acquérir des outils théoriques.

    Il nous semble qu’il manque au Parti un lieu d’élaboration d’une réflexion marxiste ou communiste, un lieu où nous pourrions partager nos réflexions théoriques et participer à la construction collective d’un discours théorique communiste. Dans cette perspective, il nous semblerait utile de développer les commissions thématiques, et de les ouvrir plus largement aux adhérents, par exemple en en publiant les dates de réunions. Cependant, le développement des commissions consacrées à des domaines spécifiques ne suffit pas à répondre à l’exigence d’une réflexion théorique d’ensemble, permettant de définir un projet communiste global. La formation devrait pouvoir devenir non seulement un lieu de transmission de savoir, mais aussi un lieu de travail et d’élaboration.

Dans la situation actuelle,  la faiblesse relative du parti peut faire penser que l'exigence de réflexion théorique équivaut à un repli sur soi, sur une identité communiste figée. Nous sommes conscients de ce risque, mais nous sommes convaincus que la participation active des militants à la réflexion, la possibilité d’un contrôle militant des lieux d’élaboration théorique, en maintenant le lien entre réflexion et action, peut être le principe d’une réflexion vivante, en prise sur l’action.   

Nous ajoutons que faute de temps pour mener la discussion, les propositions de certains camarades n’ont pas pu être examinées par la section et ne figurent donc pas dans cette contribution.


Parti communiste français
Section du 5è arrondissement de Paris
28 août 2008
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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 09:14
Dans la dernière « Lettre aux Communistes » je m’étonne de trouver encore un texte se posant la question suivante : « Faut-il créer un nouveau parti?  Quels contours lui donner ? »(Jacques Chabaliers « Quelles transformations pour le PCF ?»)

L’Assemblée Nationale Extraordinaire du 8 et 9 Décembre 2007 n’a-t-elle donc servi à rien? Pendant 2 jours, il a été dit et redit que oui, les Communistes étaient ouverts à des transformations, des rénovations mais qu’ils voulaient garder LEUR Parti Communiste.

Alors remettre cette question sur le tapis, ce n’est pas faire preuve d’ouverture, c’est faire passer pour rien des jours de préparation, de réunions, quand on prône la souveraineté de l’adhérent.

Ce n’est pas revenir aux fondamentaux, c’est empêcher d’avancer, c’est éviter de poser d’autres questions. Une question comme celle là à 4 mois du congrès laisse penser que soit  elle peut être l’objet du congrès contre l’avis des adhérents, soit le congrès ne servira pas plus que n’a servi l’ANE. Et dans ce cas économisons nous, tout de suite, en paroles, en fatigue et en énervement.

Je trouve même indécent à l’heure des attaques quotidiennes contre le monde du travail de poser cette question, car le monde politique ne s’y tromperait pas, lui, « inventer et créer un nouveau parti » mais ne serait-ce rien d’autre que d’annoncer la disparition du PCF « vous dansiez et bien chantez maintenant :  le PCF est mort ».

Non, les questions à se poser sont ailleurs et pas moins passionnantes :

Comment défendre mieux les travailleurs, chomeurs, retraités etc…?
Comment renforcer le parti?
Comment former les adhérents?
Comment se faire entendre?
Avec qui et quand faire des alliances?

La liste n’est ni close ni exhaustive.
Complétons-la et commençons à y répondre.

Agnès Schwab
Section 5è arrondissement de Paris


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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 10:24
Par Nicolas Centa, PCF 5e.

Dans son article
« Liquidation, décroissance et Zizek »
, Aymeric Monville affirme que certains concepts développés par le philosophe slovène pourraient être rattachés à un but affirmé d’harmonie avec la nature, notamment par la voie de la décroissance comme diminution de la production. Je souhaite ici contribuer montrer en quoi les concepts marxistes développés dans « La Parallaxe » se montrent en fait bien difficilement interprétables en ce sens.

Sur la dialectique marxiste

La théorie développée par Slavoj Zizek dans « La parallaxe » est essentiellement un développement sur la dialectique marxiste, affirmant que toute chose, objet comme idée puisqu’il s’agit d’un matérialisme, est traversée d’un antagonisme irréductible, qui provoque en elle une lutte, dont les deux parties prenantes sont en fait deux expressions contradictoires au sein d’une même unité.

Ainsi, la société capitaliste présente un antagonisme qui la divise en bourgeoisie et prolétariat, perpétuellement en lutte. Mais, et c’est là où cette idée est véritablement dialectique et non dualiste, non seulement ces deux classes sont relatives, c’est-à-dire qu’elles n’existent pas en elles-mêmes mais relativement l’une à l’autre, mais elles ne sont pas situées sur le même plan : comme le dit l’œuvre de Marx et Engels, le prolétariat est en fait lui-même la contradiction et la lutte. La théorie bourgeoise, qui est l’expression de l’ordre de cette société, celle du pouvoir économique, politique et social, celle du libéralisme et des droits formels, ne connait pas de classes ; elle traite tous les individus de la même façon, mais pas de n’importe quelle manière : celle à laquelle ne correspond en réalité que la bourgeoisie. Comme il est montré dans « Le capital », l’existence même du prolétariat est donc la preuve de la contradiction intrinsèque à cet ordre ; et c’est pour cela que l’on peut affirmer que le prolétariat n’est pas simplement un groupe distinct et aux intérêts opposés mais l’incarnation même, dans une classe, de l’auto-contradiction de l’ordre bourgeois, donc de la lutte qui le traverse.

L’antagonisme étant constitutif de la chose, elle n’a qu’un seul destin : que la lutte qui en résulte finisse par la détruire en la transformant radicalement. En attendant, son unité est préservée par une articulation, nécessairement insatisfaisante et condamnée à la dissolution, visant à l’apaiser. Ainsi, les différentes formes de social-démocratie représentent des tentatives de médiation des oppositions traversant le capitalisme.

Réciproquement, cette idée nous dit que toute chose n’existe qu’en lutte avec un opposé avec lequel elle forme un tout : pour l’étudier, il faut donc considérer une triade constituée de la chose, de son opposé et du tout qu’ils forment ; en plus, bien entendu, de ses propres contradictions internes.

La critique du productivisme

La production est notamment le lieu d’un antagonisme entre travail et capital ; mais, dans ce contexte, nous ne pouvons nous contenter de l’étudier positivement, c’est-à-dire simplement par elle-même. Une dialectique dans laquelle est prise la production est celle qui traverse le produit, en tant que la perspective de sa consommation est ce qui justifie sa production, ainsi que le prolétaire, en tant qu’il est simultanément producteur et consommateur, qu’il ne vend sa force de travail que pour pouvoir consommer les produits de forces de travail : la production et la consommation ne peuvent être étudiés qu’ensemble, opposées et unies dans un tout.

Ainsi, en affirmant le règne de la consommation, l’ordre néolibéral renforce cet antagonisme en écrasant le producteur au nom du consommateur, oubliant qu’ils ne sont que deux aspects d’un même phénomène. Et, ce que reproche Zizek à l’ordre soviétique est rigoureusement l’inverse, c’est-à-dire d’assécher le consommateur au nom du producteur, ce qui procède du même aveuglement. En ce sens, les deux systèmes souffriraient du même défaut mais inversé ; productivisme et consumérisme seraient les deux faces d’une même pièce, sans qu’il soit possible de trancher en faveur de l’un ou de l’autre.

En particulier, la lutte anticapitaliste ne peut pas se concentrer uniquement sur les rapports de production, en considérant par exemple soit qu’ils constituent la vérité « en dernier ressort », qu’ils déterminent l’ensemble du système, soit que ce qu’il est convenu d’appeler « société de consommation » est uniquement un mensonge, un artifice idéologique destiné à les masquer. En ce sens on peut dénoncer le productivisme comme on le fait de l’économisme : pour paraphraser Bourdieu, production et consommation seraient des sphères d’autonomie relative.

L’étude et le développement des forces de production vont donc de pair avec ceux des forces de consommation ; et ceci, comme le fait remarquer à juste titre Aymeric Monville, n’est pas propre à la société capitaliste.

Conclusion

Bien que les concepts défendus par les différentes tendances écologistes méritent sans doute d’être analysés sous un angle marxiste, il me semble peu vraisemblable que l’analyse du productivisme par Slavoj Zizek puisse être vue comme s’y rattachant. Cependant, la question qu’elle pose est non moins fondamentale pour nous mouvements : elle est celle de la nature et du rôle de la consommation dans nos sociétés en évolution vers le postmodernisme.


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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 10:07
Contribution de Pierre Laroche aux débats du Congrès.

La bourgeoisie, avant d’être classe dominante en Europe occidentale, a longtemps été classe dirigeante dans ces sociétés, en y construisant du XVIIe au XIXe siècle, sur la base de ce qu’on a appelé la « philosophie des lumières », sa domination, que Gramsci nomme « hégémonie », qui combine « domination et direction intellectuelle et morale […] force et consensus […] sans que la force soit trop supérieure au consensus, mais de façon qu’elle apparaisse comme s’appuyant sur le consensus de la majorité, exprimé par ce qu’on appelle les organes de l’opinion publique » (Cahiers de prison. Cahier 1 (XVI) 1929-1930, §44). Aux XIXe/XXe sicècles, cette hégémonie s’est étendue aux autres continents, sous les formes diverses de la colonisation, avec une prédominance évidente de l’aspect « domination », mais sans que disparaisse la recherche d’une direction intellectuelle et morale, par exemple avec le rôle de la religion.

Pourrait-on dire que le prolétariat a tenté de construire au XIXe-XXe une hégémonie analogue, de signe opposé, à partir d’une analyse critique de l’hégémonie de la bourgeoisie ? Il faut bien admettre, en tout cas, que l’actualité est marquée par l’échec de cette tentative en tant que domination et que, pour ce qui est de la direction intellectuelle et morale, elle est, pour le moins, fortement mise en cause.

La question est compliquée par une variation linguistique de Gramsci qui parle tantôt de « classe » (Cahier 1 (XVI) 1929-1930, § 59), tantôt de « groupe social » (Cahier 19 (X) 1934-1935 Risorgimento italiano, § 24).

Il me semble intéressant de tenter de voir comment se construit cette « direction intellectuelle et morale » et, si possible, à l’initiative de quels « groupes sociaux ». Pour ce qui est de l’hypothèse d’une tentative d’« hégémonie » de la part du prolétariat, il ne pouvait encore s’agir, au temps de Gramsci (1891-1937), que du prolétariat « classique » : les travailleurs salariés des mines, des usines, des chantiers et des transports. De même, la bourgeoisie qui a construit sa domination et sa direction intellectuelle et morale était fondamentalement celle des propriétaires des principaux moyens de production et d’échange.

Sur ce point, une mutation s’est opérée dont le début me paraît à rechercher dans les années 70-80 du XXe siècle. Au moment où les forces de progrès saluaient les succès politiques des mouvements de libération nationale, notamment en Afrique et au Vietnam, tout en sous-estimant sans doute la puissance des dominations économiques et les réalités de leur poids sur la lutte des classes dans chacun de ces pays, comme on l’a vu bien vite en Amérique latine et en Afrique.
On a assisté à ce moment à un tournant dans la stratégie de la bourgeoisie en divers pays. Je ne prétends pas que quelque organisation clandestine ait décidé : « maintenant, le mouvement de libération des peuples, ça suffit, on change tout ». Mais il y a quand même au cœur et au cours de cette période des signes d’un changement stratégique volontaire, avec la venue au pouvoir de tenants du libéralisme pur et dur, Margaret Thatcher, présidente du Parti conservateur de 1975 à 1990, puis Premier ministre du Royaume-Uni de 1979 à 1990 et Ronald Reagan, président des Etats-Unis de 1981 à 1989.
Dans les années 80, en Italie aussi, qui souffre d’une grave crise économique, une fois retombé le « miracle économique » consécutif à la reconstruction d’après-guerre, s’élabore une théorisation pour un nouveau cours du capitalisme. Guido Carli, successivement directeur de la Banque d'Italie (1960-75), président de la Confindustria (le syndicat des dirigeants des grandes entreprises italiennes) de 1976 à 1980, ministre de l’Economie en 89-92 dans l’un des gouvernements Andreotti, présente le programme : moins d'Etat, avec des nuances concernant les champs où l'Etat doit intervenir moins ou plus, réhabilitation du profit comme moteur de la société, valorisation de la concurrence entre entreprises et entre individus, rôle dirigeant des grands groupes économiques. Cesare Romiti, administrateur délégué de Fiat, groupe devenu, depuis la Première guerre mondiale, leader et symbole du capitalisme industriel italien, conteste en 1987 la loi de finances en lui reprochant d’être marquée par « un esprit de gauche anti-capitaliste et par un esprit catholique qui se défie du profit » (il est exact que le programme économique de la démocratie chrétienne italienne était fortement marqué par le programme inspiré de la doctrine sociale de l’Eglise, diffusée par l’encyclique Rerum novarum de Léon XIII en 1891
Cette volonté de changement de stratégie, en rupture avec ce qu’a été, depuis la Deuxième guerre mondiale, la politique de la bourgeoisie d’Europe occidentale (je suis conscient de la généralisation rapide et sans doute abusive de mon propos) me semble ainsi clairement inspirée par les intérêts des couches les plus puissantes de la bourgeoisie, ce qui laisse de côté bien des secteurs de la société, mais peut inclure des secteurs ou des individus proches de ces couches les plus puissantes, dans l’édition, la presse et plus largement l’information, puis la communication, dans le monde des « intellectuels », chez ceux que Gramsci appelait les intellectuels « organiques » d’une classe, en l’occurrence de la grande bourgeoisie « d’affaires ». Puissantes financièrement, techniquement, mais aussi culturellement, car leur nouvelle orientation  ne peut passer dans les faits que parce qu’elle s’appuie sur une activité idéologique rénovée au plan mondial.
Il y a eu de la part des classes dirigeantes des initiatives diverses, économiques, financières, politiques, militaires, appuyées ou liées à une réponse idéologique diverse, certainement pas univoque, probablement pas entièrement concertée, mais puissante et parfois violente. Nous avons alors parlé de «contre-offensive de l’impérialisme » ; c’était probablement une expression marquée par l’illusion qu’il y avait un « sens de l’histoire » et que ce qui se passait était un incident de parcours et non pas un nouveau moment du développement du capitalisme, un nouveau moment qui a pour protagoniste le capital financier, et, plus que jamais, pour moteur non la production, mais le profit, à l’échelle mondiale compte tenu de la révolution informationnelle. Ces transformations ouvrent la voie à une véritable culture de la spéculation : la spéculation a existé dès les débuts du capitalisme (cf. Law), et même avant, mais désormais les informations quotidiennes en regorgent. On conçoit quel rôle ont dû jouer pour faire accepter une conception et une pratique aussi absurdes de l’économie et de la société, les idéologies conservatrices voire rétrogrades, pour faire revenir dans les consciences des idées rétrogrades ou, pour le moins, hostiles à des transformations révolutionnaires, face aux aspirations sociales, égalitaires, humanistes (« catholiques », disait avec dédain Cesare Romiti), aux idées qui, depuis les physiocrates, faisaient de la production (agricole en l’occurrence) le vecteur du bien-être, si ce n’est de la prospérité (N.-B. : il est vrai que les physiocrates étaient aussi des « libéraux » au sens économique contemporain).

Je ne peux donner que quelques indices des prémisses de cette grande mutation idéologique qui soutient le passage à la domination, à l’hégémonie mondiale du capital financier. 
En 1968 naît le Club de Rome, qui soutient l’objectif de la croissance zéro, dont le récent avatar est la dénonciation du « productivisme », en réaction contre la « culture » de la consommation. En 1972, à l’initiative de ce club, était publié le rapport Meadows,  Halte à la croissance ?, suivi en 1974 de Sortir de l'ère du gaspillage : demain.
En juin 1972, David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski, conseiller politique au Département d'État, qui deviendra en 1977 conseiller du Président des Etats-Unis Jimmy Carter, avancent le projet de ce qui va devenir la Commission Trilatérale, officiellement créée à Tokyo le 1er juillet 1973. En 1977, dans sa Présentation de la Trilatérale par la Trilatérale, cette commission se présente comme « une organisation orientée vers la prise de décision » entre les « démocraties industrielles », définies comme « une communauté ayant son identité propre et constituant un enjeu vital ».
En 1976, l’Internationale socialiste, à son congrès de Genève, décide que ses forces devront être présentes partout où il se passe quelque chose. Selon le mot d’ordre de ce congrès : lutter contre le capitalisme exploiteur et contre le communisme d’Etat et de parti unique.
Dans l’Eglise catholique, en délicatesse avec les orientations du Concile Vatican II (1962-1965) et en opposition à la théologie de la libération en Amérique du sud, la Congrégation Propaganda Fide rejette la théologie de la libération en 1984-86 à l’initiative de Jean-Paul II (élu pape en 1978) et du cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, au motif que cette réflexion d’une partie importante des catholiques et du clergé d’Amérique du sud liait la question de la rédemption à l’engagement politique et à la violence contre les dirigeants politiques et économiques. Le pape et son futur successeur reconnaîtront d’ailleurs que cette approche pouvait comporter des éléments positifs. Mais ils ont fait cette concession dans les années 90, quand elle avait été très affaiblie. Il y eut aussi dans les milieux catholiques (mais aussi dans d’autres religions) des réticences, crispations, menaces et réactions dans les domaines des mœurs et de l’idéologie, des interventions souvent violentes contre les mouvements ou individus favorables à l’IVG, début de la pression en faveur du créationnisme, réactions mal cachées contre les idées d’égalité entre peuples, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, entre valides et handicapés, entre homosexuels et hétérosexuels, bref : contre les idées de progrès, d’égalité, de liberté, de solidarité, de laïcité.
Toutes ces recherches et réflexions ne sont pas explicitement liées à la transformation du capitalisme, mais elles sont des indices de réflexions qui ont en commun de chercher à effacer du paysage tout ce qui peut faire obstacle à ce nouveau développement du capitalisme.

Sur ce terrain de la confrontation « idéologique », le Parti communiste français, pourtant armé d’une presse diversifiée, plus ou moins explicitement et organiquement liée au Parti, allant de « l’Humanité » et « l’Huma-dimanche » à « Regards » (1ère formule), en passant  par les « Cahiers du communisme », « Economie et politique », « la Nouvelle Critique », « France Nouvelle », « la Pensée » et bien d’autres périodiques nationaux et régionaux, de 2 maisons d’édition (les Editions sociales et les Editeurs français réunis), d’un service de diffusion (le célèbre CDLP, centre de Diffusion du livre et de la presse), d’un institut de recherche (le CERM, centre d’études et de recherches marxistes qui connut par la suite d’autres appellations), n’a pas tenu le choc, le Comité central d’Argenteuil étant sans doute intervenu trop tard (1966) pour rompre avec un longue et lourde période où la réflexion théorique, bien réelle, de quelques militants, sympathisants et dirigeants, ne passait pas, ou peu et mal, dans le tissu du Parti, en un moment où précisément, il fallait s’atteler à la compréhension de ce qui mûrissait en dehors du champ étroitement politique.
Il ne s’agit pas de faire le procès des « responsables »  du travail intellectuel du parti et dans le parti comme cela a été parfois esquissé lors de diverses « affaires » ou dans des propos railleurs sur le manque de charisme de Waldeck Rochet (qui mourut trop tôt sans doute pour débrider la réflexion sans faire éclater le PCF) ou sur « la Nouvelle Critique », rebaptisée de façon élitiste « revue du marxisme des militants » (en dérision de l’officiel « revue du marxisme militant »). C’est tout le fonctionnement du parti tel qu’il était devenu, qui est responsable de ce blocage, une conception qui rendait inconcevable de contester les orientations et décisions de la direction et de proposer de véritables changements de pratique et des enrichissements théoriques (je réserve le mot « idéologie » et ses dérivés pour d’autres usages : le marxisme n’est pas, selon moi, une idéologie mais – résumé en trois mots - une théorie matérialiste du changement).

Est-il concevable maintenant d’avoir un fonctionnement plus dynamique et efficace ?  Avec pour objectif, non seulement de reprendre le terrain perdu, conquis par la droite, notamment dans sa version sarkozienne, sur les salaires, les horaires de travail, les loisirs, la recherche, la sécurité de l’emploi, de la santé, de la formation, du logement, avec les privatisations, le démantèlement de la fonction publique, les inégalités croissantes en tous domaines, mais aussi pour frayer, dans une réalité en changement continuel et, sans doute, accéléré, des voies vers une société différente, moins inégalitaire, moins répressive, moins stérilisante.
 
Marx observait, dans Misère de la Philosophie, que « la ‘coalition ‘ [des salariés] a un double but : faire cesser la concurrence des ouvriers entre eux, pour pouvoir faire une concurrence générale au capitaliste. Si le premier but de la coalition n’a été que le maintien des salaires, à mesure que les capitalistes s’unissent à leur tour avec pour but la répression, les coalitions, d’abord isolées, se constituent en groupes et, face au capital toujours uni, le maintien des associations devient pour les ouvriers plus nécessaire encore que celui du salaire […] A ce point, l’association acquiert un caractère politique » ». Ce texte date de 1847 : on ne parle plus maintenant de coalitions mais de syndicats, le patronat n’est pas uni mais divers et travaillé par des contradictions, l’expérience prouve que le passage à la dimension politique est loin d’être mécanique et qu’en rester à la revendication n’a jamais permis de triomphe décisif sur le capital ; on le voit bien maintenant : des conquêtes des deux siècles passés sont balayées sans hésitation. On ne peut miser abstraitement sur le « rassemblement », mais travailler concrètement sur les contenus, les objectifs, la mise en œuvre, le mouvement des idées et des faits, et pas seulement sur les alliances dont Marie-George Buffet constatait il y a quelques mois que nous avons « surdimensionné » cette question. Mais il reste que les luttes sociales et civiques peuvent être des lieux et des moments de réflexion, d’approfondissement de la réflexion : elles donnent la possibilité de démystifier certaines opérations idéologiques du capital qui traînent, dominantes depuis des décennies : je pense à l’actuelle solidarité autour de la lutte des sans-papiers (hommes et femmes) qui montre concrètement – et cela commence à être compris – qu’il ne s’agit pas de délinquants, mais de travailleurs sans droits, hypocritement exploités, et qui, en outre, servent de moyen de pression sur les autres salariés.

Peut-on donner à ces luttes de véritables objectifs transformateurs ? On ne devrait pas se contenter de donner dans la presse des informations sur les privilèges, y compris les avantages financiers, dont jouissent les dirigeants des entreprises du CAC 40 en regard des salaires en berne et du chômage des jeunes, sans appeler explicitement à refuser concrètement cette société. Pas en condamnant simplement en paroles le capitalisme mais en le combattant partout, dans les entreprises, et aussi, à la différence de certains courants « à gauche de la gauche », dans les lieux du pouvoir politique où notre audience nous donne parfois accès, comme cela a été le cas à propos des OGM, malgré les limites évidentes des possibilités de notre action parlementaire en ce moment.

Cela nous donne des éléments concrets de départ pour reprendre, de façon moins abstraite (moins dogmatique sans doute) que ce qu’on a pu connaître jadis, la formation et la réflexion sur la société, son mouvement, ses contradictions, la lutte des classes, le marxisme, tout ce que nous pouvons et pourrions dire dans notre presse et dans notre activité sur la baisse du pouvoir d’achat (ne devrait-on pas poser d’abord la question de la valeur de la force de travail ?) en liant  du mieux possible ces questions à la théorie économique, à l’histoire, aux luttes passées, présentes et futures. Avec l’objectif de reconstruire un consensus combatif pour que ces reconquêtes soient le point de départ pour aller à une société plus juste, plus libre, plus égalitaire, plus ouverte. 

Arrivé ici, se pose la question du fonctionnement du Parti, tel qu’il est toujours, sur certaines questions délicates : formation et rôle du groupe dirigeant, rapports « base-sommet », rapports élus/parti, les élus communistes étant les élus des électeurs, mais aussi  une des expressions du Parti. Il me paraît clair que la définition et la dénomination de Parti Communiste vont de soi dans notre pays et peut-être en Europe occidentale, compte tenu de nos origines historiques, de notre expérience avec ses échecs, ses erreurs et ses succès.. Malgré le passage des ans et des siècles, je me sens descendant de Babeuf, je n’ai pas l’intention d’abandonner « l’Huma » de Jaurès préservée par Camelinat et je souhaite vivement qu’elle redevienne « organe central du Parti communiste français » et qu’on puisse ajouter « sauvé par ses militants et sympathisants », en référence à la réponse de l’ensemble du parti devant la crise actuelle (qui méritera un peu d’éclaircissements). Je souhaite vivement que nous évitions le sort de « l’Unità », devenue « journal fondé par Antonio Gramsci », sans audience, après avoir été « organe central du Parti communiste italien ».

Cela impose à l’évidence des transformations, des changements voire des renoncements individuels : je ne pense pas qu’il soit bon que nos instances nationales comptent un aussi grand nombre  de membres, que les voix du groupe dirigeant soient si souvent discordantes, mais regroupées de façon clanique, alors que chacun dit refuser l’organisation en tendances. Je ne crois pas qu’il soit de l’intérêt du parti, mais pas plus de celui des camarades impliqués, dirigeants et/ou élus, qu’il y ait d’inamovibles professionnels de la politique, courant le risque d’être un jour au chômage et/ou en mal de politique, sans compter le risque des successions tardives, difficiles ou hasardeuses. Je sais que cela ramène au problème non résolu de « l’après » et donc d’un « statut de l’élu » : « tout le monde n’a pas la chance » de pouvoir se recycler comme président de la filiale américaine de LVMH. Il me semble de l’intérêt de la démocratie que cette question soit posée publiquement, dans le parti et hors du parti.

Je ne sais pas si nous pourrons établir « un programme » pour les luttes à venir, mais nous devrions être au moins capables, en un premier temps, de redonner aux militants, aux travailleurs, aux citoyens, du souffle, de la créativité, de la combativité, de la colère, dans l’espoir et la volonté d’une société et d’un avenir moins sinistres que ce que nous promettent et préparent une droite vorace et une « gauche » perméable et résignée.
 
Pierre Laroche
Parti communiste français
Section  Paris 5e

 
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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 17:19
Le chef de l’Etat s’extasie devant « la victoire de la démocratie » que représente le vote de la réforme de la Constitution, dont il est à la fois à l’origine et le bénéficiaire.

Démocratie fondée sur des modes de scrutin malhonnêtes, en particulier pour ce qui est de l’intangible mode d’élection de sénateurs, reflétant les secteurs les plus âgés - les candidats devant avoir au moins 30 ans - et les plus conservateurs de notre société. Et « démocratie » qui aboutit à élargir les pouvoirs déjà exorbitants de celui qui devient de plus en plus à la fois chef de l’Etat, chef du gouvernement, chef du parti majoritaire, chef des armées, chef de la télévision… Après avoir, dans les faits, remplacé, avec la Constitution de la Ve République en 1958/62, le système parlementaire par un régime présidentiel, la droite donne naissance à un régime ultra-présidentiel : le premier ministre n’est plus le chef du gouvernement mais un exécutant des volontés du Président de la République.

La réforme, soumise au Congrès de Versailles mais pas à un référendum - il s’agit, pourtant de réformer la loi fondamentale de notre République –, donne au Président de la République la possibilité de s’exprimer devant le Parlement, alors que la Constitution lui interdisait de pénétrer dans les locaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, au nom de la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire, définie au Siècle des Lumières) ; les députés et sénateurs ne peuvent ni lui  répondre ni voter sur sa déclaration, alors qu’il garde le pouvoir de dissoudre l’Assemblée.

Autre atteinte à la séparation des pouvoirs : le Conseil supérieur de la  magistrature est désormais composé en majorité de personnalités nommées par le pouvoir politique. le Syndicat de la magistrature estime que la réforme politise l’institution en la soumettant au fait majoritaire et le Conseil supérieur de la magistrature considère qu’elle met en danger l’indépendance de la justice.

Un argument avancé  pour défendre la réforme est qu’elle donne plus de pouvoir au Parlement. Mais, par exemple, en cas d’intervention armée à l’étranger, ce qui n’est pas anodin, il n’est consulté que si l’intervention  excède 4 mois.

Le texte laisse intact le mode d’élection du Sénat, au suffrage indirect, parfaitement anti-démocratique, ne donne pas le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales pour les résidents étrangers, n’introduit pas le moindre élément de proportionnelle pour les élections législatives.

Si certains points sont évoqués, comme les nouveaux droits du Parlement, c’est uniquement des droits confiés à la majorité du Parlement, majorité qui, du fait de la simultanéité de l’élection présidentielle et des législatives voulue par Lionel Jospin, a de bonnes probabilités de ressembler à une gémellité.

On est donc loin de la victoire de la démocratie, clamée par les partisans de cette réforme, qu’ils soient ou non membres de l’UMP.

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 17:02


Le journal L’Humanité connaît aujourd’hui de graves difficultés économiques, aggravées par les échéances non tenues de la mise en vente de ses locaux. L’Humanité a dû investir pour emménager dans ses nouveaux locaux, et est contraint de créer d’urgence les conditions pour disposer des moyens financiers nécessaires à son fonctionnement.

Chacun comprend bien que nous sommes face à un enjeu politique d’importance. Ces dernières semaines, l’Humanité a prouvé son utilité comme journal de décryptage de l’information, de débats et de combat. L’Humanité a été le seul journal à révéler article par article le contenu du traité de Lisbonne, à publier et analyser le projet de changement de la constitution, à démontrer comment la droite a démolit les 35 heures, à combattre activement la directive européenne de la honte sur l’immigration, à soutenir jour après jour la lutte pour les travailleurs sans papiers, à combattre les nouveaux projets de déremboursement des médicaments, à soutenir les Dunlop et les mouvements sociaux, des retraites ou des enseignants… Bref tout le mouvement progressiste serait encore plus affaibli si la voix de l’Humanité venait à disparaître.

Ne laissons pas affaiblir ou bâillonner la voix de l’Humanité au moment où nous avons plus que jamais besoin d’une information pluraliste. Ne laissons pas éteindre la flamme des combats que relaient et portent l’Humanité et l’Humanité Dimanche. Toute la gauche sociale et politique qui cherche la voie d’un projet alternatif de changement, un changement de pouvoir et de société ont besoin de ce journal.

L’enjeu du pluralisme, l’efficacité de la riposte à la droite et d’une perspective de changement appellent à une mobilisation exceptionnelle créant les conditions nécessaires pour que l’Humanité ne soit pas étranglée.

L’existence de l’Humanité a toujours été un combat. Sans ses lectrices et lecteurs, ses amis, elle n’existerait plus depuis longtemps. Voilà pourquoi, face à cette situation inattendue et alarmante, L’Humanité appelle chaque ami, chaque militant, chaque lectrice et lecteur à participer à une grande souscription populaire pour que le journal dispose des moyens financiers dont il a besoin cet été pour faire face à ses échéances.

Celles et ceux qui le souhaitent peuvent faire parvenir des dons. D’autres peuvent souscrire des prêts à l’Humanité. Ceux-ci seront remboursés dès la vente de l’immeuble réalisé. L’occasion d’aider le journal, c’est aussi la fête de l’Humanité qui se déroulera du 12 au 14 septembre ! La programmation musicale, la qualité des débats en préparation, la période politique qui appelle à construire un grand rassemblement de riposte à la politique destructrice de la droite et la nécessité d’inventer un chemin nouveau pour le changement doivent contribuer à faire de la fête de cette année une grande et belle Fête.

Achetez vos vignettes pour la fête auprès des militants du PCF, dans nos points de vente de l'Humanité dimanche.

Adressez vos dons ou vos prêts à:
l’Humanité, 32, rue Jean Jaurès 93528 Saint-Denis Cedex (ordre L’Humanité)
ou souscrivez en ligne.


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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 21:18


Les congés payés ! Une conquête du Front populaire ! Des ouvriers, des pauvres, la populace du Front popu en somme, qui prenaient le train mais ne mangeaient pas au wagon-restaurant, qui saucissonnaient sur les plages, qui parlaient mal, qui parlaient même les dialectes et les patois, avec leur marmaille bruyante, braillarde, leurs vêtements rapiécés. Cela en a-t-il suscité des polémiques, des railleries, des quolibets, de la haine, du mépris ! Autant et plus peut-être que la réduction de la durée quotidienne, ou hebdomadaire, ou mensuelle, du travail.

Les choses sont peut-être en train de s’arranger. Enfin, on est sur la bonne voie : ils sont de moins en moins nombreux à exhiber leurs congés payés. Il n’y a même pas eu besoin de légiférer en la matière. Il suffisait d’y penser : simplement en rognant de plus en plus chaque mois, chaque semaine, leur salaire, leur pouvoir d’achat , comme ils disent. On progresse : ils sont de moins en moins nombreux à pouvoir changer d’air.

Après les attaques contre le droit à l’éducation, à la santé, à la retraite, enfin on arrive à l’un des plus odieux privilèges : le droit des travailleurs aux loisirs. En 5 ans, on a doublé le pourcentage d’ouvriers et multiplié par 1,5 celui des employés qui ne partent pas en vacances d’été. Les retraités, finalement, vont mieux gérer leur pension. Même les cadres en viennent à plus de modestie. On va leur apprendre à tous à être moins dépensiers. 

Prochaine étape : obligation de travailler les dimanches et le lundi de Pâques (puisqu’il n’y a pas eu moyen de les mettre au boulot le lundi de Pentecôte).

Proportion de Français ne partant pas en vacances d’été
(Source : IFOP)

                                                      2005    2006    2007    2008    Evolution 2005/2008
Ensemble des Français          32        35         39        42            +10
Cadres                                         12        16          20        20            +8
Professions intermédiaires    23        19         21        29            +6
Employés                                     34        37         42        47             +13
Ouvriers                                        20         30        34        41            +21
Retraités                                       48        44          51       57            +9
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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 14:08
Contribution d'Adrien Tiberti.



    Le dictionnaire définit le capitalisme ainsi :  « Régime économique et social dans lequel les capitaux, source de revenus, n’appartiennent pas, en règle générale, à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail ». Il y a donc en toute logique opposition d’intérêts entre ceux qui travaillent et ceux qui possèdent les capitaux. Et si les premiers veulent que leur situation change, ils vont devoir se battre, lutter car les seconds n’ont aucune raison de renoncer à leur position. C’est ainsi que l’on arrive au concept de lutte des classes.  Un philosophe tout à fait ordinaire (mais qui était un grand économiste politique), Karl Marx a même prétendu que c’était le moteur de l’Histoire. Pourtant cette notion de lutte des classes semble un peu floue aujourd’hui et surtout bien moins valide et efficace pour ceux qui ne considèrent pas que le capitalisme est la fin de l’Histoire.

En effet, la lutte des classes suppose l’opposition de deux classes qui ont été appelées « classe bourgeoise » ou « capitaliste » d’un côté et « classe ouvrière » de l’autre. Nier l’existence de la bourgeoisie ne semble pas possible. Il existe bien dans notre pays comme dans la plupart des autres, un groupe assez homogène de personnes ( ou de familles plutôt) qui jouissent de très importants revenus et de patrimoines plus impressionnants encore construits grâce à la possession de capitaux. C’est donc du côté de la classe ouvrière que le bât blesse. Cette expression semble avoir bien vieilli. Pourquoi ? Parce que, entendu comme classe des ouvriers, cette expression n’a jamais pu englober tous ceux qui n’étaient pas et ne seraient jamais des bourgeois. Parce que le nombre (et la proportion) des ouvriers a cru jusqu’en 1968 dans notre pays ( bizarre cette date, non ?) et depuis baisse sans avoir jamais atteint la majorité de la population active.

On peut noter qu’à l’échelle mondiale le nombre (et la proportion) d’ouvriers est en augmentation rapide et constante. Parce que le haut et glorieux Parti Communiste Français a, à l’instar de tout le mouvement communiste international, utilisé cette notion au sens restrictif pendant très longtemps avant de l’abandonner pour les raisons citées plus haut. Cela a d’ailleurs permis des succès considérables en mobilisant les ouvriers comme avant-garde du combat contre le capitalisme en 1936, 1944/47 et 1968.

Or si nous pouvons nous mettre d’accord pour ne plus nommer la classe de ceux qui subissent le capitalisme plutôt qu’ils n’en profitent, classe ouvrière, il y a pourtant nécessité à redéfinir et nommer une telle classe. En effet nous avons remplacé la notion de dictature du prolétariat (liée d’ailleurs à celle d’avant-garde) par celle de primauté du mouvement populaire, mouvement populaire qui doit être majoritaire. Or pour construire une telle majorité qui y a-t-il de plus utile, que la convergence d’intérêts qui cimentent une classe ? Ainsi au 33ème Congrès du PCF la banderole derrière la tribune portait la mention « Union Populaire », cette union ne peut être fondée que sur des repères de classes. Nous avons vu dans la période récente à quel point il était vain pour le Parti Communiste de vouloir s’adresser « aux femmes et aux hommes » voire pire « aux gens ». Un professeur ne peut parler qu’à des élèves, ses amis ne l’écouteront pas ( en tout cas pas en tant que professeur). Le Parti Communiste ( et là le mot important est communiste) ne peut s’adresser qu’à une classe. Il ne peut d’ailleurs trouver d’utilité que dans cette tâche : développer par un discours cohérent, une action de classe ( mais d’une classe majoritaire cette fois).

Une objection semble se présenter : ce discours nie tout le travail de la sociologie. C’est vrai. Pour une raison assez simple : la sociologie a une visée analytique de la société qui vise à définir et à décrire des groupes sociaux le plus finement possible. La démarche politique est quant à elle synthétique et cherche à rassembler au contraire. Ainsi les classes moyennes n’existent pas mais les couches moyennes sont une réalité. Celui qui vise à rassembler une majorité sur un programme de transformation radicale de la société (voire pour les plus audacieux de dépassement de capitalisme) a intérêt à révéler les solidarités de classes.

Alors comment nommer cette classe ? Une expression revient souvent  « classe dominée ». Cette expression a le même inconvénient que le mot pauvre : personne n’est pauvre. Et de plus ce participe passé semble entériner une position indépassable. Peut-être peut-on soumettre à la critique l’expression « classe salariée ». Aujourd’hui 90% de la population active est salariée en France et le mot fait clairement référence à un élément central du rapport de production.

Comment nommer la nouvelle classe transformatrice ? Voilà un débat que notre grand et estimé Parti Communiste Français s’honorerait de mener jusqu’à son terme plutôt que de s’enfoncer dans des considérations soi-disant stratégiques. « Classe salariée » n’est qu’une suggestion mais discutons-en et prenons une décision.

Paris le 11 juillet 2008
Adrien Tiberti
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