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DEMANDEZ L'HUMA !
Vous pouvez rencontrer les communistes du 5e arrondissement tous les week-end sur vos marchés. Ils y vendent l'Humanité Dimanche, y distribuent le 5e.communiste (leur journal) et  bavardent volontiers avec les passants.

Nous sommes tous les samedis à partir de 11h aux marchés de Port-Royal et tous les dimanches à la même heure au marché de la place Monge.

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Nous contacter :

Parti communiste français

42, rue Mouffetard

75005 Paris

Tél. : 01 43 37 44 19

section.pcf5@gmail.com

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La question à l’ordre du jour était : À quoi sert le Parti Communiste Français ? Elle devait permettre d’aborder à la fois les enjeux du Congrès extraordinaire, les initiatives de riposte à la politique gouvernementale et les questions de stratégie. Une vingtaine de militants étaient présents. Parmi eux, trois nouveaux adhérents, et une bonne moitié de jeunes adhérents (ayant adhéré après 2002).

Le débat a été ouvert par deux interventions. Marine Roussillon a commencé par proposer des éléments de réflexion sur l’existence du PCF. Pierre Laroche est ensuite intervenu pour proposer une analyse historique des relations entre le PCF et le PS. Ces deux interventions sont disponibles sur internet. Les discussions qui les ont suivies ont permis de dégager des positions communes à l’ensemble des présents, et des questions, des problèmes sur lesquels nous souhaitons poursuivre la discussion.

Remarques préliminaire : inquiétude et défiance

Le Congrès extraordinaire suscite une vive inquiétude chez de nombreux camarades, qui craignent la dissolution du PCF au profit d’une force nouvelle. Ce qui se passe en ce moment offre de troublantes similitudes avec le processus qui a conduit à la dissolution du Parti Communiste Italien, tel que nous le raconte Pierre Laroche. D’autres camarades évoquent le Congrès de Martigues, la disparition des cellules…

Cette inquiétude s’accompagne d’une défiance de plus en plus forte vis-à-vis de la direction, qui est perçue au mieux comme absente ou déboussolée, au pire comme prête à sacrifier le parti pour éviter de faire le bilan de ses échecs. Le refus de remettre en cause la direction lors du Congrès extraordinaire, refus qui forme un contraste étonnant avec l’appel à un « débat sans tabou », n’est pas compris par de nombreux camarades.

POSITIONS COMMUNES

La section du 5e arrondissement est clairement opposée à toute tentative de dissolution du PCF, même au profit d’une formation nouvelle. Nous sommes attachés à la forme parti et au projet communiste, même si nous pensons que l’un comme l’autre peuvent être améliorés. Dans cette perspective, nous nous opposerons à tout changement de nom du PCF. Nous travaillerons à préserver l’outil de lutte qu’est le PCF, et à lui donner une plus grande efficacité.

Pour cela, nous sommes convaincus qu’il faut améliorer le fonctionnement interne du parti en le rendant plus transparent et plus démocratique. Trop souvent, les militants ont l’impression de ne participer que marginalement aux décisions. L’inquiétude exprimée par beaucoup à l’approche du Congrès extraordinaire, la défiance de plus en plus grande vis-à-vis de la direction sont des symptômes révélateurs de ces problèmes de fonctionnement.

Nous pensons aussi qu’il est nécessaire d’actualiser le projet communiste pour construire un parti viable et efficace. Mais cette actualisation ne doit pas être un abandon. Notre militantisme, notre expérience professionnelle et politique, tout nous montre que la lutte des classes est plus que jamais d’actualité.

Cet attachement à notre organisation ne nous empêche évidemment pas d’affirmer la nécessité d’un rassemblement plus large. Pour mener la bataille des idées, nous avons besoin d’atteindre une taille critique, de réunir le plus de gens possible sur des idées communes. Des alliances stratégiques sur des bases programmatiques sont donc nécessaires. Pour construire ce rassemblement, nous devons partir des luttes.

 QUESTIONS A APPROFONDIR

A. DE L’ANALYSE DE LA SOCIETE AU PROJET COMMUNISTE

Analyse du déclin

Le déclin électoral du Parti communiste depuis plusieurs années ne fait aucun doute, mais il n’est pas simple à analyser. Il est souvent qualifié de « déclin structurel », et cette formulation nous semble fausse ou imprécise. Nous souhaitons donc aller plus loin dans la compréhension de ce déclin.

D’abord, il faut comprendre la nature de ce déclin. Quelles sont les élections où nous perdons des voix ? Comment expliquer que dans certains scrutins, dans certaines régions, nous en gagnions ? Quel électorat perdons-nous ? Quelles relations faut-il construire entre notre propre déclin et la situation du reste de la gauche, en France et en Europe ? Comment rendre compte du renforcement militant – particulièrement sensible dans notre section – qui vient contredire le déclin électoral au niveau national (puisqu'au niveau local, nous sommes plutôt en progrès) ? Comment travailler à articuler renforcement militant et renforcement électoral, sur tout le territoire et à tous les scrutins ?

Il nous faut aussi mettre ce déclin en perspective : en fait, toutes les forces de résistance ont aujourd’hui des difficultés à mobiliser. Quels facteurs pouvons-nous mettre en avant qui permettent de rendre compte des difficultés des syndicats et des associations aussi bien que des nôtres ? Que penser en particulier de l’influence de la précarisation du travail sur les capacités à mobiliser ? de la montée de l’individualisme qui nuirait à toute construction collective ?

Enfin, de nombreux camarades voient dans ce déclin le résultat de stratégies successives, menées par des directions qui n’ont jamais voulu remettre leurs choix en question. Depuis des années, le Parti Communiste, au lieu de réfléchir à des perspectives politiques, aurait navigué à vue pour sauver ses directions successives. Qu’ont en commun les stratégies menées par le Parti communiste ces dernières années ? Par quelle autre stratégie pourraient-elles être remplacées, qui permettrait d’enrayer notre déclin, et d’amorcer une progression ?

Analyse de la société et actualisation du projet communiste

Comment travailler alors à l’affirmation d’un projet à la fois véritablement communiste et ancré dans la société d’aujourd’hui ?

Le premier problème est celui de l’analyse de la société actuelle. Si nous maintenons une analyse de classe, comment définir la classe ouvrière aujourd’hui, en France, en Europe et dans le monde ? Quels rapports entretient-elle avec l’ensemble du salariat ? Comment construire des convergences d’intérêt ?

La mondialisation de l’économie nous contraint à penser la lutte des classes à l’échelle mondiale. Quelles sont les positions de la France, de l’Europe, dans la division mondiale du travail ? Quel est le rôle d’un Parti communiste français dans le cadre d’une lutte des classes mondialisée ? Dans ce contexte, que devons-nous faire de notre tradition républicaine ? Quel pourrait être le rôle du Parti de la Gauche Européenne ? Qu’en attendons-nous ?

Notre second problème est celui de l’articulation du programme et du projet. En quoi notre programme est-il communiste ? S’il est véritablement communiste, comment peut-il être dans le même temps réalisable dès aujourd’hui, dans une société capitaliste ?

Les intellectuels et le parti

Cette réflexion sur l’actualisation du projet communiste nous amène à poser le problème de la place des intellectuels dans le parti, et du lien entre les intellectuels non-communistes et le parti. Où se construit aujourd’hui l’analyse de la société qui peut nous être utile ? Comment dialoguer avec ceux qui réfléchissent, ici et là, aux possibilités de dépasser le capitalisme ? Comment retrouver une implantation forte dans les milieux universitaires ?

Des pensées fortes se construisent, au sein même du parti. Comment travailler à leur diffusion, à leur critique, à leur co-élaboration par l’ensemble des communistes ? Comment en faire des points d’appui pour les luttes, comment les utiliser dans notre militantisme quotidien ?

Par ailleurs, les transformations profondes que subit notre société nous amènent à reconsidérer le rôle qu’y jouent les travailleurs intellectuels. Quelles sont les conséquences de la marchandisation des savoirs sur le travail intellectuel ? Quel rapport le travailleur intellectuel entretient-il avec la classe ouvrière ? avec le reste du salariat ?

Dans ces conditions, qu’est-ce qu’un intellectuel communiste ? Comment construire et défendre une pensée marxiste ? Quel est le rôle du parti dans cette construction ? Qu’attendent les penseurs communistes du PCF ? En quoi le PCF a-t-il besoin de penseurs communistes ?

Comment pouvons-nous lutter contre l’idéologie dominante diffusée par les médias ? Pouvons-nous exister sans lutter contre cette idéologie ? Devons-nous nous adapter à cette idéologie ?

Formation des militants et des cadres

Ces questions vont de pair avec l’appropriation du projet et du programme par les militants, la capacité pour chacun d’entre nous de les défendre, mais aussi de les critiquer et de les co-élaborer. La nécessité de multiplier les formations, voire de remettre en place des écoles du parti, a été soulignée à plusieurs reprises au cours de la discussion.

Comment s’adresser aux gens ? Le défi de la communication.

Le dernier problème posé par le projet communiste est celui de sa diffusion. Comment nous adresser aux gens ?
Et d’abord, à qui devons-nous nous adresser ? Pouvons-nous maintenir le flou sur l’identité de ceux que nous défendons – « les gens », « le peuple », « la gauche » - sans du même coup perdre notre crédibilité ? Quels mots alors employer pour définir ceux à qui nous nous adressons ? la classe ouvrière ? le prolétariat ? le salariat ? Comment les caractériser ?

Comment utiliser les médias ? Quelle image du Parti communiste voulons-nous donner ? Comment faire passer nos idées efficacement, tout en nous adaptant au formatage médiatique ?

Les techniques de communication sont-elles utilisables quels que soient le message et ses destinataires, ou devons-nous réfléchir à une communication spécifiquement communiste ? Comment construire une stratégie de communication adaptée à la fois à notre projet et à notre position spécifique dans le champ politique ?

Cécile et Julien se sont engagés à réfléchir plus précisément à ces questions.

 B. QUESTIONS D’ORGANISATION

L’organisation : le militant dans son parti

Le fonctionnement du parti pose problème à beaucoup d’entre nous. La multiplication des votes n’a pas permis aux militants de se sentir plus maîtres des orientations de leur parti. L’arrivée d’une nouvelle génération de militants, très exigeante en matière de démocratie, rend ces questions véritablement urgentes.

Quelle est la place du militant dans son parti ? Comment concilier la nécessité de la réflexion collective et le respect des opinions individuelles ?

Quelles structures, quel type de fonctionnement, peuvent permettre aux militants de faire remonter leurs exigences, leurs attentes, leurs interrogations ?

Par quoi remplaçons-nous le centralisme démocratique ?

Un certain nombre de problèmes concrets ont été évoqués : pouvons-nous abdiquer tout contrôle politique de nos élus au nom de la libre expression d’opinions minoritaires ? Comment concilier souveraineté des adhérents et dialogue avec les non-communistes ? (Cette question a été abordée en particulier autour de l’intervention de non-communistes – des « personnalités », à croire que les communistes, eux, n’ont pas de personnalité… – dans les débats du Congrès extraordinaire).

La place et le rôle des élus

L’affaiblissement militant du parti a contribué à donner aux élus une place importante, dans la mesure où ils contribuent à la survie financière du parti, à son ancrage sur tout le territoire, et à sa visibilité, dans les médias et dans les luttes. Mais plus la place des élus est importante, plus la stratégie du parti évolue vers un électoralisme indifférencié…

Quel est le rôle d’un élu communiste ? Que doit-il faire du pouvoir qui lui est donné ?

Quelles sont les conditions nécessaires à l’efficacité d’un élu communiste ? À quelles conditions une participation communiste au pouvoir, loin d’entraver les luttes, les renforce et permet des avancées significatives ?
Quelle doit être la relation entre élus et militants ? Comment construire l’investissement militant dans les activités de l’élu ? Comment faire en sorte que l’élu puisse s’appuyer sur le parti comme force de mobilisation et de réflexion, et que le parti puisse s’appuyer sur l’élu, capable d’informer et de porter les revendications dans les lieux du pouvoir ?

Quelle est la place de l’élu dans le parti ? Comment maintenir une distinction entre direction – désignée par les militants et contrôlée par eux – et élus ? Comment contrebalancer l’importance financière de la contribution des élus, et ne pas tomber dans l’électoralisme par nécessité économique ?

Ces questions font l’objet d’une Assemblée générale distincte, autour du cas des municipales.

Le parti et les autres organisations de lutte et de résistance

La question du rassemblement et de ses formes nous amène à vouloir repenser les liens entre le parti et le mouvement social.

Si les syndicats ne peuvent plus être considérés comme des « courroies de transmission », nous ne devons pas pour autant couper tout lien avec ces organisations de travailleurs. Comment travailler ensemble à l’élaboration de propositions et à la réalisation d’objectifs communs ?

Quelle est la place des communistes dans les associations et toutes les organisations de lutte et de résistance ? Comment y faire de la politique ?

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