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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 14:08
Contribution d'Adrien Tiberti.



    Le dictionnaire définit le capitalisme ainsi :  « Régime économique et social dans lequel les capitaux, source de revenus, n’appartiennent pas, en règle générale, à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail ». Il y a donc en toute logique opposition d’intérêts entre ceux qui travaillent et ceux qui possèdent les capitaux. Et si les premiers veulent que leur situation change, ils vont devoir se battre, lutter car les seconds n’ont aucune raison de renoncer à leur position. C’est ainsi que l’on arrive au concept de lutte des classes.  Un philosophe tout à fait ordinaire (mais qui était un grand économiste politique), Karl Marx a même prétendu que c’était le moteur de l’Histoire. Pourtant cette notion de lutte des classes semble un peu floue aujourd’hui et surtout bien moins valide et efficace pour ceux qui ne considèrent pas que le capitalisme est la fin de l’Histoire.

En effet, la lutte des classes suppose l’opposition de deux classes qui ont été appelées « classe bourgeoise » ou « capitaliste » d’un côté et « classe ouvrière » de l’autre. Nier l’existence de la bourgeoisie ne semble pas possible. Il existe bien dans notre pays comme dans la plupart des autres, un groupe assez homogène de personnes ( ou de familles plutôt) qui jouissent de très importants revenus et de patrimoines plus impressionnants encore construits grâce à la possession de capitaux. C’est donc du côté de la classe ouvrière que le bât blesse. Cette expression semble avoir bien vieilli. Pourquoi ? Parce que, entendu comme classe des ouvriers, cette expression n’a jamais pu englober tous ceux qui n’étaient pas et ne seraient jamais des bourgeois. Parce que le nombre (et la proportion) des ouvriers a cru jusqu’en 1968 dans notre pays ( bizarre cette date, non ?) et depuis baisse sans avoir jamais atteint la majorité de la population active.

On peut noter qu’à l’échelle mondiale le nombre (et la proportion) d’ouvriers est en augmentation rapide et constante. Parce que le haut et glorieux Parti Communiste Français a, à l’instar de tout le mouvement communiste international, utilisé cette notion au sens restrictif pendant très longtemps avant de l’abandonner pour les raisons citées plus haut. Cela a d’ailleurs permis des succès considérables en mobilisant les ouvriers comme avant-garde du combat contre le capitalisme en 1936, 1944/47 et 1968.

Or si nous pouvons nous mettre d’accord pour ne plus nommer la classe de ceux qui subissent le capitalisme plutôt qu’ils n’en profitent, classe ouvrière, il y a pourtant nécessité à redéfinir et nommer une telle classe. En effet nous avons remplacé la notion de dictature du prolétariat (liée d’ailleurs à celle d’avant-garde) par celle de primauté du mouvement populaire, mouvement populaire qui doit être majoritaire. Or pour construire une telle majorité qui y a-t-il de plus utile, que la convergence d’intérêts qui cimentent une classe ? Ainsi au 33ème Congrès du PCF la banderole derrière la tribune portait la mention « Union Populaire », cette union ne peut être fondée que sur des repères de classes. Nous avons vu dans la période récente à quel point il était vain pour le Parti Communiste de vouloir s’adresser « aux femmes et aux hommes » voire pire « aux gens ». Un professeur ne peut parler qu’à des élèves, ses amis ne l’écouteront pas ( en tout cas pas en tant que professeur). Le Parti Communiste ( et là le mot important est communiste) ne peut s’adresser qu’à une classe. Il ne peut d’ailleurs trouver d’utilité que dans cette tâche : développer par un discours cohérent, une action de classe ( mais d’une classe majoritaire cette fois).

Une objection semble se présenter : ce discours nie tout le travail de la sociologie. C’est vrai. Pour une raison assez simple : la sociologie a une visée analytique de la société qui vise à définir et à décrire des groupes sociaux le plus finement possible. La démarche politique est quant à elle synthétique et cherche à rassembler au contraire. Ainsi les classes moyennes n’existent pas mais les couches moyennes sont une réalité. Celui qui vise à rassembler une majorité sur un programme de transformation radicale de la société (voire pour les plus audacieux de dépassement de capitalisme) a intérêt à révéler les solidarités de classes.

Alors comment nommer cette classe ? Une expression revient souvent  « classe dominée ». Cette expression a le même inconvénient que le mot pauvre : personne n’est pauvre. Et de plus ce participe passé semble entériner une position indépassable. Peut-être peut-on soumettre à la critique l’expression « classe salariée ». Aujourd’hui 90% de la population active est salariée en France et le mot fait clairement référence à un élément central du rapport de production.

Comment nommer la nouvelle classe transformatrice ? Voilà un débat que notre grand et estimé Parti Communiste Français s’honorerait de mener jusqu’à son terme plutôt que de s’enfoncer dans des considérations soi-disant stratégiques. « Classe salariée » n’est qu’une suggestion mais discutons-en et prenons une décision.

Paris le 11 juillet 2008
Adrien Tiberti
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