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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 17:32

Communiqué de presse de

Ian Brossat, Président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris, élu du 18ème

 

(Mercredi 31 Juillet)

 

 

Aide de la Ville de Paris aux salariés de PSA : l'UMP méprise les salariés

 

 

Les élus UMP viennent de déposer un recours devant le tribunal administratif afin de faire annuler l'attribution d'une subvention de la Ville de Paris à l'Association de soutien aux salariés de PSA. Cette somme de 20 000 euros avait été attribuée au Conseil de Paris, au mois de mars dernier, à la demande des élus du groupe PCF/PG, afin de venir au secours des 200 salariés de l'entreprise qui vivent à Paris et subissent les conséquences de la fermeture du site industriel.

 

Ce recours de l'UMP est particulièrement lamentable. Selon ces élus de droite, cette subvention serait contradictoire avec le "principe de neutralité" qui doit être à l'œuvre dans les collectivités locales. Il reste que la "neutralité" ne saurait se confondre avec l'indifférence à l'égard de la situation des plus fragiles. Ces arguties ne sont en réalité que des prétextes. En agissant ainsi, la droite montre son vrai visage : celui du mépris pour les salariés.

 

Les Parisiens peuvent, au contraire, être fiers que leur collectivité fasse œuvre de solidarité à l'égard des salariés de l'entreprise.

 

Contact : Ian Brossat (06 31 73 65 27)

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 12:54

C'est une belle victoire pour les salariés de l'entreprise de composants électroniques SET, qui se battent depuis plusieurs mois pour la sauver. La Cour d'appel de Chambéry a accepté la semaine dernière la reprise de l'entreprise sous la forme d'une coopérative au détriment de l'offre du groupe américano-singapourien K&S.

La Cour estime que "le projet de reprise par la Scop est soutenu par la majorité des salariés de l'entreprise, ce qui est un gage de succès s'agissant d'une activité de très haute technologie reposant sur les connaissances, le savoir-faire et l'expérience desdits salariés". Elle souligne aussi que ce projet "a le mérite de maintenir une technologie de pointe sur des marchés sensibles (...) entre les mains, non seulement d'une société française, mais, bien plus, de ceux qui en sont les inventeurs et développeurs à savoir les salariés de la société SET".

"La Scop est un modèle qui est en train d'apparaître comme une solution pour les reprises d'entreprises en difficultés", a déclaré Benoît Hamon. Le ministre délégué à l'Economie sociale entend présenter en avril 2013 un projet de loi favorisant la reprise des entreprises en Scop.

Ce verdict est encourageant dans un contexte de perte de confiance dans le modèle traditionnel de l’entreprise. Les Scop (Société coopérative de production) sont des structures de direction  des entreprises où les employés se constituent en coopérative (2,000 Scop en France pour 40,000 employés). A ce titre, chaque salarié  associé a 1 voix à faire valoir lors de la prise de décision, selon le principe coopératif d’1 personne = 1 voix. Dans les faits, les Scop ont mieux résisté à la crise en France que les autres entreprises. Elles ont globalement opté pour du chômage partiel lors de difficultés économiques en lieu et place des plans de licenciement massifs observés ailleurs. La mise en avant des Scop a été un point important du programme du Front de Gauche, L’humain d’abord.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 14:35

Communiqué de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Après l’annonce du gouvernement, les hauts fourneaux de Florange vont rester à l’arrêt. De nombreux emplois sur le site continuent d’être menacés. Le gouvernement parle d’absence de plan social mais donnerait son feu vert à des reclassements et des pré-retraites financés sur fonds publics. Voilà la vérité sur l’accord annoncé entre Mittal el le gouvernement. C’est de la part du gouvernement un renoncement à l’ambition d’une relance durable du site. Les fumeuses promesses d’investissements de Mittal, contraire à tous ses actes, ne sont en rien une garantie. Mittal continue de jouer les sites français et belges, les uns contre les autres.

Le PCF comprend la colère des salariés et élus locaux devant cette démission de la puissance publique. L’accord Mittal-gouvernement ne peut en aucun cas être un point final au dossier de Florange ni à celui de l’ensemble de la filière sidérurgique française. Les salariés ne doivent pas être à nouveau abandonnés aux griffes de Mittal. Je demande la mise en place immédiate d'un comité national pluraliste associant syndicats, élus locaux, parlementaires, état, industriels et banques pour continuer dans la transparence à construire les solutions industrielles d’avenir inexistantes après cet accord. 

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 08:54

Sauf  épidémie mondiale dévastatrice, ou guerre nucléaire mondiale, la population mondiale atteindra 9 milliards en 2050.  Si  l’on veut que toute l’humanité bénéficie de l’eau potable, ait accès à l’éducation,  la production mondiale d’énergie doit augmenter de 60%. Aujourd’hui, les inégalités de développement se reflètent dans la consommation d’énergie. En 2011, les USA consomment en moyenne  9 tep par personne et par an (tep=tonne équivalent pétrole).  En Europe, 4 tep/personne/an. En Chine 1,7 tp/personen/an; en Afrique 0.7 tep/personne par an. En moyenne sur la planète, 2tep/personne par an. Une politique  d’économie d’énergie dans les pays développés, une politique ambitieuse de développement des populations privées d’eau (plus d’un milliard) d’éducation (plus d’1,5 milliards) et d’électricité maintiendrait la moyenne mondiale en 2050 à 2tep/personne/an.

Il est urgent pour l'humanité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Bien au delà des prescriptions  de Kyoto et de Copenhague. Il faut en finir au plus vite,  dans les pays développés, avec l'utilisation des  combustibles fossiles,  charbon,  pétrole, ou  gaz. Il faut développer à la fois des  économie d'énergie, et toutes les sources d'énergie propres, en terme d'émissions de gaz à effet de serre: photo-voltaïque, éolien, hydro-électrique, marée-motrices, biomasse, etc., mais aussi le nucléaire civil, comme élément parmi d’autres  d'une politique énergétique qui préserve l'avenir de la planète, tout en éliminant le nucléaire militaire.

Il faut, dans  les pays industriels avancés, un programme ambitieux de recherche sur les nouvelles technologies, (et parmi elles le  nucléaire). La politique de l’énergie doit être soustraite aux opérateurs privés. Il faut un service public national, européen, et aussi mondial de l’énergie, ce dernier  sous l’autorité de l’ONU. Le nucléaire est une composante indispensable à hauteur de 10%, d’une politique mondiale de l’énergie. Le problème des déchets est un problème sérieux, à cause des déchets toxiques à très longue durée de vie.  Les recherches pour résoudre ce problème  doivent être soutenues, sans  le surestimer: en un siècle de « tout nucléaire », les déchets à stocker en France seraient contenus dans un volume d’une ou deux   piscines olympiques. Les problèmes de sécurité (explosions, dissémination,  terrorisme ) doivent être résolus politiquement et techniquement.

Zone de Texte: Pour renforcer le Front de Gauche, renforcer le PCF ! À ce jour, le Front de gauche rassemble le Parti communiste français, le Parti de Gauche, la Gauche unitaire ainsi que de nombreux acteurs du mouvement syndical, social, altermondialiste, écologique et associatif ; des scientifiques, des économistes, des philosophes, des hommes des milieux littéraires et du monde du spectacle ; et des citoyens de gauche. Le Front de Gauche, créé à l’initiative du PCF, est un outil politique à la disposition de toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’engager pour une transformation sociale, économique, écologique et démocratique de la société ; qui souhaitent que cette transformation s’inscrive dans un programme répondant aux besoins immédiats de la population. Il a vocation à s’élargir à toutes les forces de gauche qui s’engageront concrètement pour que l’aspiration au changement, si fortement manifestée dans les luttes massives de ces derniers mois (retraites, enseignement, recherche, etc.) ne soit pas déçue. Le Parti Communiste inscrit toute son action dans le renforcement et l’élargissement du Front de Gauche. La meilleure façon de participer à ce renforcement est d’adhérer au Parti Communiste. Organisez votre colère : ADHÉREZ AU PCF ! Parti communiste français - 42, rue Mouffetard, 75005 Paris http://pcf5.over-blog.fr/Le PCF veut contribuer, avec toutes les forces de progrès, à créer, sous l'autorité de l'ONU, un service public mondial de l'énergie, doté des  moyens d'imposer une politique de l'énergie qui préserve l'avenir de l'humanité.

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 14:41

PLANS SOCIAUX


Planification de la non-rentabilité d’une usine, stratagèmes pour diminuer l’impact d’une grève… Les entreprises rivalisent d’ingéniosité pour mettre en oeuvre leurs restructurations.

« Les restructurations conjoncturelles ont cédé la place à des restructurations de compétitivité, dictées par une quête permanente de la performance. » Spécialiste des plans sociaux à la Reims Management School, Rachel Beaujolin-Bellet plante le décor : « Les restructurations sont à présent une méthode de gestion bien intégrée dans le management des entreprises. » « Mais malgré cette banalisation, la loi continue d’exiger une justification économique aux licenciements, poursuit l’experte. Depuis l’affaire Danone, les entreprises sont donc contraintes d’“habiller” leur décision, de construire un argumentaire pour éviter le tribunal et rendre les licenciements socialement acceptables. » En ce moment, la crise fournit un argumentaire clés en main, et ouvre la voie à des restructurations radicales pouvant aller jusqu’à la fermeture de sites. Mais ces opérations très sensibles sont toujours préparées dans la plus grande discrétion, parfois des années auparavant. La manière la plus simple de renforcer la « légitimité » d’un plan social est de mettre le site réellement en difficulté. Il existe ainsi tout un éventail de techniques qui permettent d’organiser en amont la non-rentabilité d’une usine, de l’asphyxier jusqu’à ce que la restructuration apparaisse comme inéluctable. « Dans ce cadre, les désinvestissements, les transferts de marge et les divers jeux d’écriture dans les comptes sont très courants », estime Rachel Beaujolin- Bellet. Après l’annonce d’une restructuration, d’autres méthodes peuvent également être mises en oeuvre pour limiter l’impact d’une grève, comme la constitution de stocks ou la duplication de la production sur un autre site. Ces opérations sont complexes à réaliser, mais les risques sont limités pour les entreprises. D’après une étude de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) publiée en 2005, la justice n’intervient que dans 4% des cas. Certes, les syndicats qui ont des doutes sur la pérennité d’un site peuvent aussi déclencher le « droit d’alerte ». « Mais cela ne marche quasiment jamais », déplore Rachel Beaujolin-Bellet. Reste ce que la chercheuse appelle « l’apprentissage collectif ». En effet, à force d’être confrontés à des plans sociaux brutaux, salariés et syndicalistes parviennent de plus en plus à dépister les manoeuvres de leurs patrons.

 

DONNER LES COMMANDES À UNE AUTRE USINE

 

Cette méthode fonctionne à merveille dans toutes les entreprises où les commandes sont affectées aux sites en fonction de leurs coûts de production. Son principe est simple : c’est un cercle vicieux. Moins l’usine est rentable, moins la direction lui attribue de production. Et moins l’usine produit, moins elle est rentable. Tout cela semble parfaitement logique sur le papier, et hop, la direction n’a plus qu’à clouer le cercueil. Selon un proche du dossier, « un tel système existait chez Areva, qui a fermé successivement ses sites de Saint-Ouen et Montrouge en 2006 et 2008 ». L’utilisation de cette technique a cependant causé quelques soucis au géant de l’énergie. En 2006, au moment où l’usine de Saint-Ouen a été privée de commande, se retrouvant ainsi en sous-activité, les autres usines d’Areva, incapables d’absorber le surplus de commandes, ont connu de gros problèmes de surcapacité. « En cessant d’attribuer des commandes au site de Saint-Ouen, la direction s’est loupée, estime l’expert. Car au moment de la fermeture de l’usine, elle s’est retrouvée avec des commandes sur les bras. Elle a finalement été obligée de créer au plus vite des capacités de production en Allemagne. La fermeture de Saint-Ouen est donc un véritable gâchis. » Une fois la production lancée en Allemagne, Areva n’a par contre eu aucun problème pour retirer des commandes au site de Montrouge, qui a été fermé à l’été 2008.

 

METTRE (BEAUCOUP) D’ARGENT DE CÔTÉ

 

Le terme technique est « provisionner  ». Cette méthode, qui consiste à sortir de l’argent des comptes l’année précédant le plan social, présente un double avantage. D’abord, elle permet de financer la restructuration sans alourdir les comptes, grâce à l’argent mis de côté l’année d’avant. Ensuite, elle aide à faire apparaître la restructuration comme « légitime », dans la mesure où les résultats du dernier exercice sont grevés par la ponction. Peugeot-Citroën a fait le coup en janvier 2009, au moment de la présentation de ses résultats 2008. Pour la première fois en dix ans, le groupe a affiché une perte nette de 343 millions d’euros. Sauf que le constructeur automobile, en réalité bénéficiaire, a lui-même créé ses pertes en provisionnant 917 millions d’euros pour l’année 2009. « C’est un jeu d’écriture qui vise à noircir le tableau pour pouvoir faire pression sur les salariés », estime Jean-Pierre Mercier délégué central CGT chez PSA. Quant à la somme provisionnée, « plus de 500 millions d’euros serviront à financer en 2009 les licenciements chez PSA et les fermetures de sites de sa filiale Faurecia ». En janvier, lors de la présentation des résultats de PSA, Isabelle Marey-Semper, la directrice financière, a lancé à la foule : « Nous aurions pu vous présenter des comptes beaucoup plus jolis mais nous ne l’avons pas fait. » En omettant de préciser que, pour une entreprise, il est parfois de très bon aloi d’avoir les compteurs dans le rouge. Surtout quand elle veut licencier juste après.

 

TRANSFÉRER LES PROFITS VERS D’AUTRES USINES

 

On l’appelle aussi le « transfert de marge ». C’est l’un des moyens les plus retors d’organiser la non-rentabilité d’un site, pour pouvoir mieux le fermer ensuite. Il consiste à donner les bénéfices d’une usine A à une usine site B, appartenant au même groupe. Pour ce faire, le site A vend à prix coûtant ses produits au site B. Ensuite, le site B vend ces produits sur le marché, à leur prix réel. C’est donc le site B qui réalise la marge bénéficiaire, tandis que le site A, bientôt promis à la fermeture, voit son chiffre d’affaires fondre à vue d’oeil… Le problème pour les salariés et les syndicats, c’est qu’un transfert de marge est le plus souvent impossible à prouver devant un tribunal. D’autant plus si l’entreprise a beaucoup de flux internes, que ce soit des transferts d’argent ou de marchandises. Car, dans ce cas, la direction peut encore plus facilement dissimuler le transfert de marge dans son bilan comptable. « Les résultats d’exercice sont un construit social. On peut en faire dix différents pour une seule entreprise », rappelle Rachel Beaujolin-Bellet, professeure à la Reims Management School. NE JAMAIS AVOUER ET NIER EN BLOC JUSQU’AU JOUR J C’est la règle d’or : ne jamais avouer qu’on prépare un plan social. Et, si les syndicats ont la puce à l’oreille, ne pas hésiter à mentir comme un arracheur de dents. De toute façon, ce n’est pas illégal. Champion toutes catégories du gros pipeau : les gérants de Michelin. Alors que, depuis le début de l’année, l’industrie du pneu est sinistrée – Continental, Goodyear, Pirelli  : tout le monde y passe – la direction de la marque au Bibendum a continué de faire comme si de rien n’était. Une omerta qui a duré plusieurs mois, jusqu’à l’annonce à la mi-juin de 1 093 suppressions

d’emplois… Et là encore il s’agissait d’une sornette, puisque les salariés ont réalisé mercredi dernier que la direction leur mijote en réalité un plan d’environ 3 000 suppressions d’emplois. Mais une restructuration de cette ampleur est tout de même difficile à planquer sous le tapis. « Des nombreuses rumeurs couraient dans la boîte depuis le début de l’année », confirme Jérôme Lorton, secrétaire SUD du comité d’entreprise de Michelin. « Le 31 mars dernier, nous avons interpellé un des gérants, Jean-Dominique Sénart, qui nous a fait un grand numéro d’acteur. Il nous a dit qu’il ne comprenait pas, qu’il n’y avait pas de restructurations prévues en France. Le 15 mai, lors de l’assemblée générale des actionnaires, Michel Rollier, un autre gérant de Michelin, a continué à nier. » Pour le syndicaliste, pas de doute, l’objectif de la direction était « d’empêcher les employés de s’organiser à temps ».

 

DUPLIQUER LA PRODUCTION AVANT LA FERMETURE

 

On appelle ça « cloner une usine ». Avant la fermeture d’un site, la direction ouvre ailleurs une usine jumelle qui produira exactement la même chose et pourra ainsi prendre rapidement le relais. L’exemple récent le plus fameux est celui de l’usine de connectique Molex à Villemur- sur-Tarn (Haute-Garonne). Le 20 avril, les employés de Molex, en grève contre la fermeture de leur établissement, ont séquestré deux de leurs dirigeants. Une flambée de colère déclenchée par la découverte d’une note interne intitulée « Risque et sécurisation ». Anticipant un « risque fort de débrayage », la direction avait mis en place une production similaire aux États-Unis. Depuis, les salariés ont mené leur enquête. « Cela fait trois ans que la direction prépare la fermeture et le clonage de la production, raconte José, employé depuis trente ans chez Molex. À partir de 2006, huit cadres ont photographié nos outils et recensé nos méthodes de travail. Depuis que nous avons découvert le pot-aux-roses, ces cadres n’ont pas remis les pieds à l’usine. Cela vaut probablement mieux pour eux. » Ainsi, alors que la fermeture n’aura lieu qu’en octobre, une usine américaine à Lincoln (Nebraska) produit déjà les mêmes pièces que l’usine de Villemur-sur-Tarn. Mais « cloner » une production, ce n’est pas si simple. On peut dupliquer les machines, reproduire les méthodes… mais pas le savoir- faire des ouvriers. « Les Américains ont quelques petits problèmes dans la réalisation des pièces », ironise Denis Parise, délégué CGT. D’après lui, « il y a déjà eu une cinquantaine de réclamations pour non-conformité ».

 

LAISSER VIEILLIR L’USINE ET DIMINUER LES INVESTISSEMENTS

 

Une technique bien rodée, mais lente à mettre en oeuvre. L’idée est de laisser vieillir les installations d’une usine et de diminuer les investissements, afin d’entraîner une chute progressive de son chiffre d’affaires. Exemple : le site ArcelorMittal de Gandrange. Pour Alain Grenault, ancien directeur des installations, le plan social annoncé en 2008 a probablement été mûri dès 2005, date à laquelle ArcelorMittal a commencé à lui couper les vivres. « À l’époque, certaines décisions m’avaient semblé aberrantes. Elles trouvent un sens aujourd’hui, si l’on considère que le site était déjà condamné par la direction », explique le patron, évincé du groupe en 2005. « En 2003 et 2004, nous avions eu une bonne rentabilité, poursuit-il. Pourtant, peu après mon départ, certains investissements prévus pour le deuxième semestre 2005 n’ont jamais été réalisés. C’étaient des investissements lourds, vitaux pour la pérennité de Gandrange, qui comprenaient notamment le remplacement de deux des trois chaudières à vapeurs. Sans ces installations, qui permettent de fabriquer des aciers de qualité, le site s’est retrouvé contraint de produire des métaux courants. C’était suicidaire, car le haut de gamme était la seule voie de rentabilité pour le site. » Associé à une pyramide des âges très défavorable et à une perte des savoirs-faire due aux départs en retraite non remplacés, ce désinvestissement a ouvert la voie à la fermeture de l’aciérie en avril dernier.

 

FAIRE UN STOCK DE SECOURS EN PRÉVISION DE LA GRÈVE

 

Un grand classique. Il permet d’éviter à la direction d’éviter de se retrouver fort dépourvue lorsque la grève sera venue. Cette technique est beaucoup plus facile à mettre en oeuvre que la duplication de la production, mais elle est moins discrète. Car quand les ventes chutent mais que la production reste stable, les employés commencent généralement à se poser des questions. C’est le cas des syndicats de l’usine Unilever à Compiègne (Oise), où sont embouteillés les shampooings Dove, Timotei et Sunsilk. « En février, nous avons constaté une baisse de 20 % des ventes, alors que les volumes produits n’ont baissé que de 5% à 10% », raconte Bruno Dauguet, délégué FO du site. « Le directeur nous a assuré qu’il ne faisait pas de réserves. Mais c’est très difficile de contrôler les dépôts, et de faire la différence entre le flux et le stock. » Chez Unilever, aucun nouveau plan social n’a encore été annoncé. Mais cela pourrait venir vite. « Après quatre PSE, on sent qu’un cinquième est en préparation. Une annonce pourrait même avoir lieu début juillet », révèle Raymond Beaujin, délégué syndical central FO.

 

LAISSER LE CONTRIBUABLE PAYER L’ADDITION

 

La plus sophistiquée de toutes les techniques  : mettre volontairement un site en liquidation judiciaire. « C’est un procédé complètement immoral, estime Jacques Vaunois, avocat spécialisé dans le droit du travail. Car, quand une liquidation est prononcée, c’est la collectivité qui paye le plan social aux actionnaires. » Le principe est le suivant : une entreprise bénéficiaire possède une usine en difficulté. Plutôt que de tenter de la renflouer, l’entreprise peut déposer le bilan et laisser la justice prononcer le redressement, puis la liquidation judiciaire du site. Ce sont alors les contribuables qui payent salaires et indemnités aux salariés, via le fonds de garanties. Des exemples ? Les deux repreneurs de l’usine Samsonite d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), condamnés le 8 juin pour avoir provoqué la liquidation de l’entreprise en détournant 2,5 millions d’euros. Ou, plus complexe, le cas de l’usine Klarius à Dreux (Eure-et-Loire). Cette entreprise de fabrication de pots d’échappement et de catalyseurs a été fermée au terme d’une procédure de liquidation judiciaire en octobre 2008. Un épisode douloureux pour le bassin d’emploi : près de 240 emplois ont été supprimés et un salarié s’est suicidé, expliquant dans une lettre qu’il ne supportait pas d’être licencié. Pas de problème en revanche pour le propriétaire du site. Car, depuis le 9 juin, Klarius est de retour sur le marché hexagonal. Carlos Pires, ancien chauffeur à Dreux, ne décolère pas : « Klarius nous expliquait que le marché français ne l’intéressait pas. Mais, en réalité, ils voulaient juste liquider la boîte pour mieux s’installer ailleurs. Ils ont gardé les clients et certains cadres du site de Dreux, et ils ont ouvert de nouveaux entrepôts pour réceptionner la marchandise produite en Angleterre. C’est une délocalisation cachée derrière une liquidation judiciaire ! »


Mehdi Fikri

 

Source : http://www.humanite.fr/2009-06-29_Politique_Trucs-et-astuces-pour-fermer-une-usine

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 08:53

Au moment où se tient le salon de l’automobile, Renault annonce 6000 suppressions d’emplois. 20 000 emplois sont menacés ou détruits chez les constructeurs, les équipementiers ou les sous-traitants (Ford, Valéo, Faurecia, Renault, PSA, Michelin, Goodyear...). Le pouvoir d’achat affaibli et la hausse du carburant ont provoqué une baisse de près de 4% des immatriculations de voitures neuves en Europe. Les constructeurs automobiles parlent de crise. Quelle crise ?


La crise : c’est celle du modèle de développement qu’ils ont choisi.

Les constructeurs français et européens délocalisent : prenant comme argument «le coût trop élevé des salaires», c’est faux !  Ces coûts ne représentent que 9 à 11% du coût de la construction du véhicule, mais pour eux il s’agit-là de la seule variable d’ajustement.

Des bénéfices effectués a l’étranger

61% des 101 milliards d’euros de chiffre d’affaire de Renault et PSA sont réalisés hors de France. Pour les équipementiers c’est près de 50% des 23 milliards. Les bénéfices de l’industrie automobile, reversés largement aux actionnaires, se construisent sur l’exploitation d’une main-d’œuvre à bas coûts, de conditions de travail rudes dans les pays d’Europe de l’est ou des pays en voie de développement.

Une pression accrue sur les salariés français

PSA a dégagé au premier semestre 2008 un bénéfice net en hausse de 49% et Renault 20%. Pour être des vedettes du CAC 40, ils font le choix de la rémunération la plus forte aux actionnaires (+10% en 2007), pratiquent en France la politique des bas salaires pour leurs employés, multiplient le recours à l’intérim, aggravent les conditions de vie et de travail jusqu’aux dépressions nerveuses et aux suicides comme l’année dernière à Guyancourt.

Carlos Ghosn déclare vouloir faire de Renault « l’entreprise la plus rentable au monde ». Il ne nous surprend pas. Nous lui opposons l’enjeu industriel pour les défis sociaux et écologiques du 21e siècle.

Automobile : les défis du 21e siècle sont considérables

L’industrie automobile est au carrefour d’enjeux. Élément du droit à la mobilité individuelle et familiale, la voiture doit répondre à la crise écologique et sociale, au développement durable.

Les solutions technologiques et humaines existent : nouveaux moteurs hybrides, électriques, à hydrogène, nouveaux matériaux, propulsion, générateurs d’énergie à zéro taux d’émissions de gaz polluants...

Pourquoi n’en faire qu’une vitrine dans les pays développés et proposer du « low-cost » polluant pour les autres ? Pourquoi ne pas faire une priorité de la reconversion des secteurs liés à l’automobile : énergie, chaînes de distribution (bornes électriques, hydrogènes) ?

Remettre en cause le capitalisme, défier les logiques de profits à court terme, plutôt que s’enliser dans la spéculation, la recherche des bas coûts au détriment de la qualité, le profit maximum dans le plus court temps et la rémunération des actionnaires, c’est le développement de l’emploi, de la formation et de la recherche qu’il faut favoriser.

Par des droits nouveaux, salariés et citoyens pourraient réorienter le fleuron industriel automobile pour une réelle prise en compte des défis sociaux et environnementaux.

Par le renforcement du rôle de l’Etat et des institutions financières européennes dans la reconversion de l’ensemble du secteur industriel lié à l’automobile : énergie, distribution, fabrication.

Sortir l’industrie automobile de la « crise », c’est faire tout cela aujourd’hui : respecter les salariés, les consommateurs et la planète. C’est le sens des propositions du Parti communiste français sur l’automobile.
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