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LRU : « la loi la plus importante de la législature »…


Le gouvernement a fait voter cet été la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités. Les étudiants, les personnels des Universités n’ont jamais été consultés sur une réforme qui transforme pourtant radicalement l’Université, ouvrant la voie à la privatisation du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Aujourd’hui, ils veulent se faire entendre.


Désengagement de l’État et fonds privés

La LRU permet à l’État de se désengager financièrement des Universités. Celles-ci auront à chercher elles-mêmes leur financement, notamment en s’adressant à des mécènes qui bénéficieront d’avantages fiscaux. Le 6 novembre, le directeur de « Sciences Po » s’adressait ainsi à ses anciens élèves, par courrier :

« Le Parlement a décidé cet été que c'est de plus en plus par des crédits d'impôts au bénéfice des particuliers et des entreprises que seront financés les établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Ainsi, 66 % des dons que vous accepteriez de faire à Sciences Po en 2007 seront déductibles du montant de l’impôt sur le revenu que vous paierez en 2008. Et si vous êtes redevable de l’ISF, vous pourrez verser à Sciences Po jusqu’à 50.000 euros au titre de cette imposition. En somme, vous avez désormais le choix entre verser vos impôts à l'Etat ou bien vous en acquitter, à hauteur des 2/3, par une affectation dont vous décidez vous-même. Cette révolution financière est aussi une révolution culturelle. Elle me conduit à vous demander de soutenir Sciences Po, à titre personnel, ce que, contrairement aux universités anglaises ou américaines, on n'a pas l'habitude de faire en France. Nous allons être sûrement nombreux à nous concurrencer pour tenter de vous convaincre. »

Les dangers de la mise en concurrence des universités

Comme le souligne cette lettre, la LRU aura pour première conséquence de mettre en concurrence les universités dans la course aux financements. Dans cette course les gagnants ne seront pas les formations les plus ambitieuses, mais les moins coûteuses, et les plus intéressantes pour les entreprises : L’entreprise Y paiera pour une licence formant des vendeurs chez Y… mais qui paiera pour les formations générales ? La philosophie, l’histoire, les mathématiques ? Si ce n’est ni l’État, ni les entreprises, alors ce sera… les étudiants, par le biais d’une hausse des frais d’inscription. En bref, la culture à ceux qui peuvent se la payer, et pour les autres des formations courtes, répondant aux besoins à court-terme des entreprises du bassin d’emploi.

Michel Bernard, professeur de lettres à la Sorbonne Nouvelle, souligne le risque qu’un tel mode de financement fait courir à la qualité des enseignements et à la liberté de la recherche :

« Que se passera-t-il quand, dans plusieurs années, l’équilibre financier des universités reposera lourdement sur ces financements privés ? Que pèsera la liberté académique devant une entreprise qui paiera, à travers une fondation, les salaires d’une partie des personnels de l’université, qui lui fournira des locaux, remplira les rayons de sa bibliothèque, offrira des services complémentaires à ses étudiants, financera ses colloques ? »

La libre disposition des biens immobiliers

Autre conséquence de cette « autonomie financière », nouvelle « liberté » accordée à l’Université, la possibilité de disposer de ses mobiliers et immobiliers, qui pourront être loués ou vendus. Les Universités, incitées par le désengagement de l’État a faire feu de tout bois, se transformeront-elles en spéculateurs immobiliers ? Le 5e arrondissement concentre aujourd’hui de nombreuses activités de recherche et d’enseignement supérieur (universités, grandes écoles, laboratoires…). Cette concentration est un atout pour la recherche et l’enseignement – parce qu’elle facilite les échanges – mais aussi pour notre quartier, qui reste ainsi un quartier vivant, ou de nombreux étudiants, enseignants ou personnels des universités travaillent et vivent. Mais pour trouver de l’argent, les universités ne seront-elles pas amenées à déménagées à la périphérie de Paris, dans des locaux moins coûteux ?


Le fonctionnement d’une grande entreprise : précarisation du personnel et casse des statuts

La LRU permet à l’État de se désengager financièrement des universités, au profit de financeurs privés, entreprises et riches mécènes. Les dons de ces nouveaux financeurs ne sont évidemment pas gratuits. Le président de l’université pourra leur offrir une place dans un Conseil d’administration profondément transformé, au détriment des représentants du personnel, et qui décidera des créations et suppressions de filières, gèrera la répartition des crédits...

Cette refonte de la « gouvernance » des universités va de pair avec une précarisation accrue des personnels. Le président pourra en effet embaucher sous contrat privé aussi bien des personnels administratifs ou techniques que des enseignants ou des chercheurs. Pourquoi alors continuer à recruter des fonctionnaires ? Quant à ceux qui sont déjà fonctionnaires, un nouveau dispositif, la « modulation des services », permettra de priver ceux dont la recherche ne plait pas du temps nécessaire à cette recherche, en doublant leur nombre d’heures d’enseignement. En revanche, pourraient être « dispensés » d’enseignement, ceux dont les résultats de recherche satisferaient les financeurs - ou le ministère et l’ANR.

Liberté de la recherche et qualité des enseignements

Cette réforme accroît la concurrence, aux dépens d’un enseignement et d’une recherche de qualité. Elle nuit au travail d’équipe en introduisant la concurrence entre les enseignants-chercheurs, à la liberté de la recherche en introduisant une évaluation par le CA. En obligeant les universités à s’adresser à des financeurs privés, elle les met en concurrence entre elles, et les contraint à moduler leur offre de formation et leurs projets de recherche en fonction des exigences et des intérêts des financeurs : rentabilité ou besoins de main d’œuvre à court terme.

C’est la disparition des formations « non rentables », des projets de recherche non directement marchandisables… Ceci  n’a plus rien à voir avec un service public répondant aux besoins de la Nation !

Finalement, la LRU programme une Université où les personnels, la formation des étudiants et la recherche seraient progressivement soumis au président-manager et au CA, eux-mêmes sous la contrainte des nouveaux grands financeurs que seront les entreprises et les mécènes. Dans ces conditions, que reste-t-il de la recherche indépendante, garante d’une expertise rigoureuse et pluraliste et source d’avancées scientifiques imprévisibles ? Que reste-t-il de l’Université, lieu de formation d’une pensée libre, fondement de la démocratie ?

En finir avec le modèle républicain : le savoir redevient un privilège

 Pourquoi une telle réforme? Il fallait en finir avec le service public d’enseignement supérieur et de recherche, pour ouvrir un nouveau marché aux entreprises privées, celui de la production et de la diffusion du savoir. Et aussi revenir sur la massification de l’enseignement supérieur et sur le modèle républicain qui l’a motivée : celui de l’égalité de tous devant l’accès aux savoirs.

La réforme rétablit en effet une forme de sélection à l’entrée des universités. Sélection par l’argent, avec la hausse des frais d’inscription. Le gouvernement garantit que ces frais n’augmenteront pas à la rentrée prochaine. Mais ensuite ? Si l’État se désengage, la façon la plus simple de trouver de l’argent restera pour les universités de faire payer les étudiants, en particulier pour les formations « non-rentables », que les entreprises ne voudront pas financer. S’y ajoutera un tri à l’entrée : sous prétexte d’« orientation », l’université désignera à l’étudiant la filière la plus adaptée à son niveau.

Pourquoi sélectionner ? Pour faire des économies : si l’université doit être rentable, elle a tout intérêt à ne conserver que les étudiants qui réussiront rapidement. Mais aussi pour revenir sur la massification des universités, qui avait permis à des couches plus larges de la société d’accéder à l’enseignement supérieur. Au lieu de donner les moyens à l’université d’être vraiment accessible à tous, et d’avoir des ambitions pour chacun des étudiants, le gouvernement veut réserver le savoir à ceux qui peuvent se le payer.

La massification de l’enseignement supérieur pourrait être une chance, à condition de dégager les moyens pour la réussite des étudiants, alors que la hausse des frais d’inscription, le coût des études sont un facteur d’échec, notamment pour les étudiants les plus modestes. Dans une société où le savoir prend toujours plus d’importance, aussi bien sur le plan citoyen que sur le plan économique, pouvons-nous accepter qu’ils soit réservé à une minorité de privilégiés ?

Les universités ne sont ni responsables du chômage ni du manque de moyen qu’elles subissent depuis plusieurs années qui s’ajoutent aux moyens antérieurement retirés en collège et lycées. Ce n’est pas d’une réforme mais de plus de personnel et plus de moyens dont elles ont besoin, distribués nationalement et équitablement entre les universités.

L’université doit être un lieu d’émancipation. Nous ne voulons pas d’une université aux ordres des patrons, formant une main d’œuvre adaptée à leurs besoins à court terme. Nous voulons une université qui donne au futur citoyen et au futur travailleur les moyens de sa liberté : les moyens de décider de la politique de son pays et des orientations de son entreprise, les moyens de trouver un emploi, mais surtout ceux de choisir son emploi, et d’en changer. Cette université-là n’est possible que dans le cadre du service public, avec un investissement fort de l’État, et la mise en place d’une gestion réellement démocratique des établissements.

La lutte des étudiants et des personnels de l’université nous concerne tous. Nous souhaitons tous que nos enfants sont plus instruits que nous, que l’éducation – même après le bac – ne soit pas réservée à ceux qui peuvent se la payer. Et pour l’emploi, pour le développement de notre société, nous avons besoin d’un enseignement supérieur de qualité. Cette ambition – un enseignement de qualité accessible à tous – nous ne pouvons la réaliser que dans le cadre d’un service public auquel l’État donne les moyens de fonctionner. Quand le service public d’enseignement supérieur est attaqué, c’est toute la société qui doit se mobiliser !

C’est pourquoi le PCF s’oppose à la loi LRU et demande son abrogation, soutient la mobilisation des étudiants et des personnels de l’université, et se bat pour une Université ambitieuse et accessible à tous.

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