Ce blog est un lieu de réflexion et de débat pour les communistes du 5ème arrondissement de Paris. N'hésitez pas à participer aux discussions et à donner votre avis !
Interview de Jean Pierre Kahane, professeur émérite en mathématiques à l’université Paris Sud Orsay et membre de l’académie des sciences
« Le gouvernement tente de faire passer dans les faits les réductions de service et d’horaires de l’enseignement public. C’est vrai pour l’ensemble des disciplines et il ne faut pas croire que les disciplines scientifiques sont épargnées. L’histoire et la géographie font partie à la fois de la culture et des nécessités de la vie courante. Leur enseignement répond en partie à ces nécessités mais pas toujours. Je rédige en ce moment un rapport sur l’enseignement et la recherche en mathématiques en Afrique. Or je suis gêné par la faiblesse de mes connaissances en géographie comme en histoire de l’Afrique. En fait, la culture scientifique devrait être une partie de la culture générale. Or si la culture générale disparait, ce n’est pas rassurant pour la culture scientifique ! Dans nos filières, nous avons besoin de développer par exemple l’enseignement de l’histoire des sciences. Comment faire si on fait disparaitre l’enseignement de l’histoire ? Nous avons besoin de davantage d’interdisciplinarité.
Le gouvernement ne fait pas du tout attention à une chose. Il y a dans l’éducation nationale des élèves et des professeurs. Et les professeurs sont en France, plus que dans beaucoup d’autres pays étrangers, des femmes et des hommes de qualité, bien formés au niveau intellectuel, et qui ont quelque chose à transmettre. Il est dommage de les traiter comme de la piétaille, ce qui est le cas avec les réformes qu’on nous assène en ce moment. ».
Interview de Nicolas Offenstadt, historien :
« La manœuvre du gouvernement a un double objectif. Celui de rationaliser, au sens des besoins économiques, et donc de rentabiliser l’enseignement. Mais aussi celui de neutraliser au maximum les débats qui forge les convictions des futurs citoyens que sont les élèves du secondaire., pour ne laisser la place qu’à la transmission d’une histoire magistrale, nationale, au service du roman historique francais » souligne Nicolas Offenstadt, historien. « Pour lutter contre cette appropriation de l’histoire, contre les coupes dans les programmes, contre la réduction de l’enseignement », l’historien ne voit qu’un moyen : « multiplier les lieux où l’on peut discuter librement, les forums de discussion. Autrement dit, l’histoire et son enseignement ne doivent surtout pas devenir l’affaire de quelques spécialistes, mais rester celle de tous les citoyens.