La Loi Bachelot, « Hôpital, Patient, Santé, Territoire », vise l’intégration de la santé à la mondialisation libérale. Les luttes en France pour défendre la sécurité sociale, l’hôpital public, les services publics et l’accès de tous à la santé, ne sont pas un phénomène isolé en Europe.
Pourtant la Commission européenne considère que le programme de Lisbonne, apporte « des réponses appropriées à la crise économique et financière actuelle », « en modernisant les marchés du travail et les systèmes de protection sociale », « (…)en renforçant la politique de concurrence (...) », et souhaite « la mise en œuvre complète et dans les délais de la directive sur les services ». Or, celle- ci vise la soumission des services de santé aux lois du marché capitaliste, avec des entreprises de santé appliquant la législation sociale du pays d’origine du salarié pour faciliter le dumping social et fiscal. Ainsi la Générale de Santé qui gère 147 cliniques en France, dépendant de capitaux italiens, profitant de la sécurité sociale française, pourrait délocaliser son siège en Pologne et prospérer sur tous les tableaux !
Les réformes des systèmes de santé dans l’UE visent la marchandisation, la mise en concurrence et la privatisation des services. Le marché de la santé a été évalué à 3500 milliards de dollars par an. Les réformes de l’hôpital en cours tendent à transférer sur le privé les activités rentables. Les recherches coûteuses seront concentrées dans les pôles d’excellence. Les populations non solvables, devront se contenter de soins au rabais.