Les Equatoriens ont plus de chance que les Français : pour adopter une nouvelle constitution le président Correa les a appelés aux urnes !
Dimanche dernier, l’écrasante majorité des Equatoriens (67%) a approuvé par référendum la nouvelle constitution. Ce vote vient marquer le rejet de l’ancienne société archaïque et inégalitaire et de ses structures héritées de l’âge colonial. Ce petit pays d’Amérique latine nous montre peut être la voie à nous, européens.
La nouvelle constitution remplace le « libre marché » par une « économie sociale et solidaire » et se donne comme priorité le droit à l’éducation et à la santé pour tous, sans discrimination. C’est donc un véritable tournant que vient matérialiser cette constitution dans un pays qui a bafoué pendant des décennies le droit des minorités indigènes et afro-américaines sur son territoire.
Contre l’impérialisme guerrier
Alors que les dirigeants Nord américains et européens nous font croire à une guerre de civilisation planétaire, la constitution équatorienne affirme que les solutions pacifiques et la négociation sont les seuls choix possibles dans le règlement des conflits internationaux. L’Amérique latine se rebelle contre l’impérialisme de Washington et interdit dans sa constitution l’installation de bases militaires étrangères.
Pour le droit des migrants.
A l’heure où l’Europe érige des murs autour de ses frontières, à l’heure où les migrants sont en passe d’y devenir des criminels, l’Equateur affirme qu’aucune sanction ne peut être retenu envers les sans papiers du fait de leur situation administrative et reconnaît le droit de vote aux étrangers après 5 ans de présence sur le territoire.
« Conduire le pays vers le socialisme du XXIe siècle. »
Tel est l’objectif de la nouvelle constitution. Il semble bien que le peuple équatorien nous montre la voie. Le défi est grand bien sûr dans un pays encore emprunt d’inégalités, où hommes et enfants sont exploités pour produire au plus bas coût les bananes de nos supermarchés, où les richesses restent concentrées entre les mains de quelques uns, les mêmes qui contrôlent la presse, l’industrie et la terre. Mais les choses bougent en Amérique Latine. Entre Cuba, l’Equateur, la Bolivie et le Venezuela se dessine un front uni capable de résister et d’inventer une autre mondialisation.