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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 15:01

Voici un courrier qui pourrait bien contribuer à jeter beaucoup d'huile sur le feu qui couve actuellement dans beaucoup d'universités françaises à propos de la loi sur l'autonomie des universités. Le 6 novembre dernier, le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, a adressé une lettre aux anciens élèves du prestigieux établissement de la rue Saint-Guillaume. Elle mérite d'être ici reproduite dans son intégralité et se passe presque de commentaires:

Paris, le 6 novembre 2007

Cher X,

Révolution dans le monde de l'Université et des Grandes Ecoles : le Parlement a décidé cet été que c'est de plus en plus par des crédits d'impôts au bénéfice des particuliers
et des entreprises que seront financés les établissements
d'enseignement supérieur et de recherche.

Ainsi, 66 % des dons que vous accepteriez de faire à Sciences Po en 2007 seront déductibles du montant de l'impôt sur le revenu que vous paierez en 2008 (dans la limite de 20 % de votre imposition). Et si vous êtes redevable de l'ISF, vous pourrez verser à Sciences Po jusqu'à 50.000 euros au titre de cette imposition.

En somme, vous avez désormais le choix entre verser vos impôts à l'Etat ou bien vous en acquitter, à hauteur des 2/3, par une affectation dont vous décidez vous-même.

Cette révolution financière est aussi une révolution culturelle. Elle me conduit à vous demander de soutenir Sciences Po, à titre personnel, ce que, contrairement aux universités anglaises ou américaines, on n'a pas l'habitude de faire en France. Nous allons être sûrement nombreux à nous concurrencer pour tenter de vous convaincre. Saine émulation !

Alors pourquoi choisir Sciences Po plutôt que les autres ? Et, dans ce cas, à quoi servira votre argent ?

Choisir Sciences Po aujourd'hui, c'est nous juger sur des résultats : l'intégration internationale des études, la diversité sociale du recrutement de nos élèves, la professionnalisation de notre diplôme qui confère désormais le grade de master, la présence de nos chercheurs dans tous les grands débats de société.

Soutenir financièrement Sciences Po aujourd'hui, c'est nous permettre d'être un champion universitaire français dans la compétition internationale. Les idées, le sens de l'innovation, l'énergie, nous les avons, vous le savez. Avec vous, et seulement avec vous, nous réunirons les moyens de réaliser cette ambition.

Vous pouvez plus précisément vous informer sur notre campagne de levée de fonds sur le site : www.construire.sciences-po.fr

Avec toute ma gratitude et l'engagement personnel de mériter votre confiance,

Richard Descoings

Financé depuis 1946 par une Fondation de droit privé (la Fondation nationale des sciences politiques) et par l'Etat, Sciences Po dispose d'une longueur d'avance dans la compétition à laquelle vont désormais se livrer les universités françaises. Son directeur entend bien en profiter.

Malheureusement, les concurrents ne sont pas tous sur la même ligne de départ et l'Etat ne fait rien pour placer les universités en position d'égalité initiale.

Dans ces conditions, il y a fort à parier que l'argent ira à l'argent et que les universités dont les élèves sont pauvres et qui dispensent des enseignements n'intéressant pas les entreprises tombent en déshérence.
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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 19:29

Un article de Charline et Augustin

A la question « Auriez-vous décroché le Nobel avec le financement de la recherche sur projet que met en place le gouvernement ? » le prix Nobel de physique 2007, Albert Fert répond : « Non, s'il n'y avait eu qu'un financement sur projet. […] »


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Le Démantèlement du plus dynamique des instituts de recherche.

Le gouvernement s’attaque désormais au démantèlement complet de la grande agence scientifique française. L’objectif est de transformer cet organisme public en une simple agence de financement qui perdra tout contrôle sur le contenu des activités scientifiques. Les unités de recherche du CNRS doivent passées sous la coupe des universités « autonomes » financés largement par des entreprises privées.
Effectivement cette réforme avait été annoncée lors de la campagne présidentielle. Mais pour faire passer ce programme le candidat Sarkozy avait, de la manière la plus démagogique, donné une image entièrement fausse de la recherche. La droite veut nous faire croire que le CNRS est composé de chercheurs endormis sur leurs paillasses, attendant la prochaine paie. Le prix Nobel 2007 de physique apporte un démentit cinglant à cette vision. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, en vérité les chercheurs du CNRS sont particulièrement productifs, et aujourd’hui l’organisme public est à la pointe de la recherche en France. Cette réforme est purement idéologique, elle n’est basée sur aucune réalité. Aujourd’hui, la droite décomplexée au pouvoir a la hantise de la science libre.

Des talents gâchés.

La stratégie du gouvernement est sournoise, il avance par déclarations vagues et démagogiques. Le budget de la recherche est jugé décevant et il n’y aura aucune création de poste dans la recherche l’an prochain. C’est le potentiel de plusieurs jeunes chercheurs qui est scarifié sur l’autel de la compétitivité. Les chercheurs du CNRS sont bien conscients de la menace qui pèse sur eux, mais ils ne sont pas entendus pour le moment par le ministère de la recherche. On n’imagine pourtant les chercheurs du CNRS guidés par des intérêts idéologiques ou personnels.

La recherche fondamentale menacée par une politique idéologique.

Ce qui est en jeu dans cette réforme c’est la recherche fondamentale. Il faut refuser la vision à court terme d’une recherche soumise à la loi du profit. La recherche n’avance pas ne manière linéaire, les grandes découvertes n’ont jamais été le fruit de ce genre de démarche. Pierre et Marie Curie ne pouvaient pas avoir en tête l’ensemble des applications dans la médecine de leurs découvertes sur la radioactivité. Albert Fert n’avait « pas démarré mes travaux en [se] disant qu’[il allait] augmenter la capacité de stockage des disques durs. Le paysage final n'est jamais visible du point de départ. »

Il faut réaliser que toutes ces réformes ont un caractère difficilement réversible, si il est facile de détruire un édifice comme le CNRS il sera plus difficile de le bâtir pierre par pierre comme cela a été le cas depuis sa création en 1939.

Réforme de la recherche + Réforme des universités le paquet ultra libéral du gouvernement.


Cette réforme est complètement cohérente avec la réforme des universités, rejetée en masse par les syndicats étudiants. C’est l’ensemble des processus de production et de partage du savoir scientifique qui est menacé par la politique du gouvernement.

Dans ce processus les sciences sociales sont particulièrement menacées. Quelles entreprises auront intérêt demain à financer des études de sociologie sur les inégalités et rapports de classe en France ? Quel est l’avenir des approches hétérodoxes de l’économie dans ce contexte ?

Le savoir est un bien public qu’il faut préserver dans l’intérêt de tous. Qui peut aujourd’hui affirmer que le progrès social et matériel s’est passé de la recherche fondamentale ? La logique du marché n’a rien à faire là dedans.
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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 21:36
28mars3.jpg Une réforme des universités est en cours, d'abord appelée réforme d' « autonomie renforcée » des universités, elle vise aujourd'hui les « libertés et responsabilités des universités ». Quelques mots pour mieux comprendre ce qui se passe…

Massification. Avant l’enseignement supérieur était réservé à une élite de privilégiés. Aujourd’hui il est ouvert aux « masses » comme ils disent, c’est-à-dire au peuple. Mais cette ouverture est encore bien imparfaite : droits d’inscriptions, nécessité de travailler pour financer ses études, absence de débouchés… l’accès à l’université est encore trop souvent un privilège.

Autonomie. Il paraît que ce serait la solution. C’est vrai, c’est un joli mot, mais qui cache bien des pièges. En effet, autonomes, les universités le sont déjà depuis 1968 ! Qu’est-ce alors que cette « autonomie renforcée » ?
Gouvernance. Un mot barbare pour dire que l’« autonomie renforcée » c’est d’abord plus de pouvoirs aux présidents d’universités, et moins aux représentants du personnel. Vive la démocratie !

Financement. Mais l’autonomie renforcée, c’est surtout une autonomie financière… Une fois de plus, l’État veut faire des économies sur le dos des services publics ! Mais alors, où trouvera-t-on l’argent pour financer l’enseignement supérieur ?

Droits d’inscriptions. Facile ! Il n’y a qu’à demander aux étudiants. L’augmentation des droits d’inscription, conséquence inévitable de la réforme, aura pour effet d’exclure toujours plus de jeunes de l’enseignement supérieur. Aujourd’hui déjà, beaucoup d’étudiants travaillent pour financer leurs études. Demain, devront-ils s’endetter ?

Collectivités locales. Une autre source de financement possible : les collectivités locales. Finie l’égalité de traitement sur tout le territoire ! On se doute qu’une université parisienne n’aura pas les mêmes moyens que celle d’une région moins riche. Inégalités et ségrégations territoriales en sortiront renforcées.

Entreprises. Et voilà le fin mot de l’histoire ! Si l’État ne finance plus l’enseignement supérieur, les universités n’auront pas d’autre ressource que de se tourner vers les entreprises. Et celles-ci auront bientôt leur mot à dire sur les contenus des formations. Il ne s’agira plus alors pour les universités de délivrer un savoir ou de transmettre une culture, mais de former une main d’œuvre aux compétences étroitement définies par le futur employeur…
Il ne s’agit pas seulement du statut des universitaires ou de l’avenir des étudiants. Cette réforme nous concerne tous. C’est un véritable choix de société.

Voulons-nous d’une université chargée de reproduire les inégalités qui traversent la société ? Voulons-nous que le savoir devienne un instrument de domination et d’exploitation au service de quelques uns ?
Ou voulons-nous au contraire partager le savoir pour en faire un outil d’émancipation ? Voulons-nous construire une économie fondée sur une main d’œuvre hautement qualifiée, sur des travailleurs capables de décider de l’avenir de leur entreprise, sur une formation de qualité favorisant une mobilité choisie ?
Voulons nous d’une société de travailleurs libres ou voulons-nous perpétuer et renforcer l’exploitation et l’aliénation dans le travail ?


C’est à nous de choisir. Refusons la réforme Pécresse. Exigeons que l’État donne à l’université les moyens d’assurer sa mission de service public.

Contre la réforme Pécresse des Universités, vous pouvez signer l'appel des cordeliers, lancés par les organisations syndicales, et la pétition de l'Union des étudiants communistes.

À lire:
le décryptage de la loi Pécresse par l'Union des Étudiants communistes.

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