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DEMANDEZ L'HUMA !
Vous pouvez rencontrer les communistes du 5e arrondissement tous les week-end sur vos marchés. Ils y vendent l'Humanité Dimanche, y distribuent le 5e.communiste (leur journal) et  bavardent volontiers avec les passants.

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 20:08
Voté par les quelques parlementaires présents, l’amendement menace l’existence même du fleuron de la médecine française. La droite parlementaire veut offrir au secteur privé la tête du chef de file de l’hospitalisation publique. Parallèlement, elle vise aussi un bastion de résistance aux réformes mettant en cause l’égalité d’accès aux soins pour tous. C’est une décision grave. Les Franciliens plébiscitent l’AP-HP, et leurs députés ne respectent par leur mandat !

Déclaration d'Alain Lhostis, conseiller de Paris communiste


En pleine nuit au cours du débat sur la loi de réforme de l’hôpital de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, un amendement d’un député de la majorité, voté par les quelques parlementaires présents en séance, peut avoir pour conséquence la remise en cause de l’existence même du fleuron de la médecine française.

L’Assistance Publique/Hôpitaux de Paris, forte de ses 39 établissements, de ses 100000 personnels médicaux et non médicaux, est à la pointe de la recherche, de la formation des médecins et des personnels soignants, de la prise en charge quotidienne de dizaines de milliers de patients franciliens mais aussi venant de toute la France et de l’étranger. Elle bénéficie d’une reconnaissance par l’ensemble de la communauté hospitalière à l’échelle internationale qui nous envie la « masse critique », tout particulièrement en matière de recherche représentée par cette institution publique. Ce qui lui donne cette force c’est son unicité, sa capacité à évoluer, le niveau de qualification de l’ensemble de ses personnels garanti par leur statut.

En voulant banaliser l’Assistance Publique/Hôpitaux de Paris, la droite parlementaire veut offrir au secteur privé la tête du chef de file de l’hospitalisation publique. Parallèlement, elle vise aussi un bastion de résistance aux réformes mettant en cause l’égalité d’accès aux soins pour tous. Toutes les grandes luttes des personnels soignants sont parties de l’AP/HP. Aujourd’hui encore, les 39 présidents de comités consultatifs médicaux des hôpitaux de l’AP/HP viennent de faire savoir unanimement leur ras le bol des nièmes réformes, en demandant à pouvoir tout simplement exercer leur métier : soigner les populations. L’ensemble des organisations syndicales ont marqué ces dernières semaines leur opposition au démantèlement de leur établissement public de santé.

Alain LHOSTIS Conseiller de Paris, président délégué de l’AP/HP de 2001 à 2008, demande aux parlementaires de revenir sur ce vote à la sauvette. Il s’adresse, de ce point de vue, tout particulièrement aux parlementaires franciliens, dont les mandants plébiscitent l’AP/HP.

Il s’adresse également au Maire de Paris, Président du conseil d’administration de l’Assistance Publique/Hôpitaux de Paris, pour qu’il s’oppose solennellement à ce processus de démantèlement et qu’il inscrive en urgence un débat sur l’avenir de l’AP/HP à l’ordre du jour de la prochaine séance du conseil de Paris des 9 et 10 mars prochains.

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 11:06


Voté en catimini dans la nuit de vendredi à samedi à l’Assemblée Nationale, l’amendement au plan de financement de la sécurité sociale prévoit que les travailleurs « qui le souhaitent » puissent prolonger leur activité au-delà de 65 ans.

« Nous voulons inciter les Français à prolonger leur activité, leur donner envie de le faire (…). Il y avait un côté absurde de forcer quelqu’un à partir alors qu’il voulait travailler ». L’amendement repousse de 65 à 70 ans l’âge auquel les salariés peuvent voir leur contrat de travail unilatéralement rompu par leur employeur. S’il ne modifie pas pour le moment les repères en matière de retraite dès 60 ans (âge légal de départ à la retraite) et 65 ans (âge à partir duquel les pensions sont calculées au taux plein), il accrédite l’idée que la solution se trouve dans la remise en cause de ces repères collectifs. C’est aussi dans cette déstabilisation des repères collectifs qu’il faut comprendre l’amendement voté le même jour qui repousse le seuil de départ à la retraite à 65 ans pour le personnel naviguant de l’aviation civile. Qu’importe la pénibilité du travail !

Les deux dernières décennies nous ont appris qu’en matière de retraite ce n’est pas forcément la réforme isolée qui est la plus significative mais bien la logique dans laquelle elle s’intègre. 1994, 2003, 2008… allongement de la durée de cotisation, destruction des régimes spéciaux, la logique, poussée toujours plus loin, est toujours la même : désengager au maximum le capital du financement des retraites. Conséquence nécessaire : l’allongement indéfinie de la durée de cotisation, comme le sous-entend Guaino, conseiller de Sarkozy : « On vit non seulement plus longtemps mais en meilleure santé, il est normal que l’âge à laquelle la collectivité accepte de liquider la retraite à taux plein recule ».

Travailler jusqu’au bout.

L’argument de la liberté de choix et du volontariat vanté par le gouvernement est hypocrite ! La situation dégradée de l’emploi (deux salariés sur trois sont, à 57 ans, évincés des effectifs des entreprises), les périodes de chômage non indemnisées, la non prise en compte des longues périodes d’études et de recherche du premier emploi… Dans ces conditions, de moins en moins de salariés parviennent à travailler assez longtemps pour obtenir une retraite à taux plein. Pour s’assurer un revenu suffisant, ils sont de plus en plus contraints de chercher à prolonger leur activité professionnelle, voire de cumuler retraite et emploi. Rançon des précédentes « réformes » de la retraite, le niveau des pensions baisse et, à défaut d’une autre réforme mobilisant de nouveaux financements, la tendance va s’accentuer dans les prochaines années. Les manifestations pour les retraites du mois dernier venaient justement dénoncer cette situation, mais la droite n’écoute pas ! La vérité est donc qu’en « permettant » de travailler jusqu’à 70 ans, la droite anticipe les conséquences de la dégradation des pensions !

Les retraites au cœur de la lutte des classes


Dans un système capitaliste, le seul travail valorisé de façon monétaire est le travail dédié au capital, l’individu y devient alors « force de travail ». Le travail des retraités (car ils travaillent ! ce sont eux qui remplissent les associations, les partis politiques, les mairies…) est au contraire un travail non marchand et libre. Le financement des retraites par les cotisations sociales, c’est la reconnaissance monétaire de cette part du travail qui n’est pas soumise au capital. Le mode de financement des retraites mis en place à la libération est une subversion majeure du capitalisme, et c’est pour cela qu’il est un des enjeux majeurs de la lutte des classes aujourd’hui. L’enjeu n’est pas comptable (l’argent du financement des retraites existe dans les profits financiers) mais politique : la retraite est du temps de travail alternatif à la forme capitaliste de mise au travail, c’est la possibilité d’inventer de nouvelles formes de travail dans la sphère publique. Se battre pour les retraites, c’est se battre contre l’aliénation du travail, pour la conquête d’un espace de travail libre et non marchand payé !
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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 19:33


19 février 2008

Des menaces de fermeture planent sur les services de maternité et de chirurgie de l’Hôpital de Carhaix (Bretagne). Les habitants de la région et les salariés de l’hôpital s’unissent pour défendre ces services : il s’agit de maintenir un service public de la santé efficace sur tout le territoire. Le Comité de Défense et de Développement de l'hôpital de Carhaix est créé.

6 juin 2008
Malgré la mobilisation, les services de maternité et de chirurgie sont fermés. C’est la consternation générale.
5 000 personnes, rassemblées dans l’enceinte de l’hôpital, crient à l'injustice et promettent de ne pas en rester là.

26 juin 2008
Le Tribunal administratif de Rennes annule la décision. Les deux services peuvent ré-ouvrir et l'activité reprendre comme avant. Pour arriver à cette victoire, il aura fallu quatre mois de lutte dans l’unité des habitants et des salariés.

La santé de proximité est une priorité pour vivre, naître et se soigner. Cette première étape victorieuse en appelle d’autres... L’urgence est à l’arrêt de tous les projets de restructuration et à la relance du dialogue social sur l’offre de soin publique. Que ce soit en matière de santé, d’aménagement du territoire, de développement industriel des mesures doivent être prises. Aujourd’hui le Projet de loi « Patients, Santé et Territoires » , le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale font de la mobilisation des salariés et des populations une urgence.

La santé ne doit pas devenir un privilège. La victoire de Carhaix prouve qu’il est possible de faire entendre nos exigences : donnons au service public de la santé les moyens d’être présent sur tout le territoire, et de soigner tous ceux qui en ont besoin.
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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 10:03
Une autre retraite est possible!

Par Catherine Mills, économiste.



Le pouvoir veut porter la durée de cotisation à 41 ans d’ici 2012.
Il veut aussi durcir le dispositif « longue carrière » applicable à ceux qui ont commencé à travailler avant 16 ans. S’il prétend garantir un montant de pension à 85% du SMIC, ceci ne vaut que pour les carrières complètes. En outre, avec les mesures Balladur-Fillon le pouvoir d’achat relatif des pensions se dégrade de plus d’1% par an. Le gouvernement prétend augmenter le minimum vieillesse et les pensions de réversion, mais ne dit rien des 4 millions de retraités au minimum contributif de la CNAV, dont une forte majorité de femmes. Il supprime la dispense de recherche d’emploi des chômeurs à partir de 57 ans dont la situation va empirer en attendant la retraite. La question de la pénibilité du travail est absente du rendez-vous de 2008, alors que les négociations sont bloquées par le Medef. On prétend favoriser l’emploi des seniors, mais on incite au cumul emploi-retraite, (retraites réduites et travail mal rémunéré…), faisant disparaître la notion même d’âge de la retraite. Pour vaincre les réticences des syndicats sur les 41 ans de cotisations, on renvoie aux accords de branche ou d’entreprise plus défavorables aux mobilisations

Les politiques menées ont dégradé le financement des retraites avec un déficit actuel de 5 milliards par an malgré les purges. Le pouvoir refuse  de débattre d’une réforme visant à financer les retraites solidaires et préconise le  redéploiement d’éventuels excédents de l’UNEDIC. 

Le PCF appelle à développer les mobilisations et au succès de la journée du 22 mai. Nous disons non à l’augmentation de la durée de cotisation et aux plans d’instauration de la capitalisation et de fonds de pensions soumettant les retraités aux aléas des marchés financiers. Il faut garantir la répartition, augmenter les basses retraites, assurer le rattrapage du pouvoir d’achat des retraites, organiser la possibilité d’une retraite anticipée en fonction de la pénibilité.

L’emploi est au cœur du financement des retraites,
ce qui exige le relèvement du taux d’activité des femmes, des jeunes, des seniors. Sécuriser et développer l’emploi, les salaires et la formation contribuerait au financement des retraites.

Pour garantir la répartition et la retraite à 60 ans avec de bonnes pensions, de nouveaux financements sont incontournables. En premier lieu, appliquer aux revenus financiers des entreprises et des institutions financières le même taux de cotisation qu’aux salaires apporterait plus de 20 milliards d’euros/an, alors que ces revenus  ne sont pas soumis à cotisations. Au-delà, une réforme des cotisations patronales  viserait à accroître les rentrées de cotisations : les entreprises développant l’emploi et les salaires auraient un taux de cotisation relativement abaissé, mais l’accroissement    des emplois  et des salaires se traduirait par de nouvelles rentrées de cotisations. Les entreprises génératrices de licenciements, d’emplois précaires, de bas salaires, et fuyant dans les placements financiers, seraient assujetties à des taux de cotisation plus lourds.

De nouveaux droits et pouvoirs sont à conquérir pour les salariés, pour les retraités et tous les citoyens, pour permettre leur intervention sur l’utilisation et la mobilisation de l’argent. Un nouveau crédit, des fonds régionaux, une redéfinition des missions de la Banque centrale européenne …viseraient le développement de l’emploi et de la formation, de la protection sociale, un nouveau type de croissance centré sur le développement humain et le développement durable.

JEUDI 22 MAI
TOUS ENSEMBLE, DANS LA RUE, POUR NOS RETRAITES !
Journée unitaire et interprofessionnelle pour la défense des retraites solidaires
RDV 14h30 Place de la Bastille
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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 18:53

ON NE BAT PAS EN RETRAITE !




Retraites: au nom de l'équité?

Après les 40 annuités pour les salariés du privé, puis pour ceux du public, après l’attaque des régimes spéciaux, le gouvernement veut imposer 41 ans de cotisation en 2012 pour prétendre à la retraite à taux plein, puis 42 ans. Et pourquoi pas la suppression de toute référence à un âge de départ en retraite comme le demande le rapport Attali ?

Retraites en or pour les patrons, en toc pour les salariés

Pendant ce temps, les prélèvements sur les salariés augmentent, les salaires stagnent, la précarité croît et plus de 720 000 retraités vivent avec 632 € par mois, le minimum vieillesse, moins que le seuil de pauvreté. Quant aux profits, ils vont bien, merci. Les entreprises du CAC 40 ont réalisé 100 milliards de profits, un record ! Et les 500 plus grandes fortunes professionnelles ont augmenté de 40%.

Travailler plus, pour gagner moins?

À peine plus de 50% des 55/59 ans ont un emploi. Aujourd’hui, moins de 50% des salariés peuvent partir à la retraite à taux plein. Les autres doivent subir une décote de -5% par année manquante. Les propositions gouvernementales conduiraient, en 2020, à des pensions équivalentes, en moyenne, à 55% du dernier salaire!

On peut dire non et financer de vraies retraites!

Avec les syndicats, le PCF demande l’augmentation des pensions, le rattrapage du pouvoir d’achat des retraités, le départ à 60 ans pour tous et la reconnaissance des départs anticipés pour pénibilité. Pour financer les retraites, des solutions existent : développer l’emploi, taxer les revenus financiers des entreprises, moduler les cotisations patronales en fonction de leur politique de l’emploi… Le Parti communiste exige aussi que le gouvernement cesse de couvrir le MEDEF qui bloque les négociations sur le départ anticipé à la retraite pour pénibilité du travail.

Pour garantir le système par répartition, pouvoir partir réellement à 60 ans et avoir de bonnes retraites, pour rompre la logique du MEDEF et de la droite, sur les retraites comme sur d'autres questions, il faut se faire entendre.

C’EST POURQUOI LE PCF APPELLE À REJOINDRE LA MANIFESTATION
SAMEDI 29 MARS
DÉPART À 14H30 DE NATION VERS BASTILLE.


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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 13:36

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L’actuelle offensive contre les retraites s’inscrit dans une cohérence globale de la politique du gouvernement. L’objectif : transférer toujours plus de richesses du travail vers le capital, et pour cela s’attaquer aux garanties sociales et aux acquis démocratiques conquis par les générations précédentes. C’est tout le modèle social français qui est en ligne de mire.

La lutte pour défendre les régimes spéciaux est un combat d’intérêt général contre une politique de régression sociale qui vise tous les salariés. La liquidation des régimes spéciaux et l’allongement à 40 ans sous couvert d’équité préparent de nouvelles attaques contre le système des retraites et le passage à 41, puis 42 annuités pour tous. L’action des agents de la RATP, de la SNCF, d’EDF-GDF porte donc des enjeux qui dépassent leurs seuls intérêts immédiats.

Le pouvoir prétend que la France n’a pas les moyens de financer son système social. C’est un mensonge. Le pays est riche. L’argent coule à flot pour les dividendes des actionnaires, les stock options, la spéculation financière tous azimuts. En réalité, le pouvoir met tout en oeuvre pour protéger les profits et les grandes fortunes. En matière de retraites, la véritable question est celle de la part des richesses que la collectivité nationale décide de consacrer aux nouveaux besoins nés de l’évolution démographique. Financer la retraite pour tous sur la base de 37,5 annuités de cotisations, dans le public et dans le privé, représente 4 points de PIB jusqu’en 2040. Ils seront largement assurés par le doublement des richesses créées dans le même temps, à la condition de s’attaquer aux vrais privilèges : ceux des gros actionnaires et des marchés financiers.

Le mouvement qui se développe est une chance pour le pays et l’ensemble du monde du travail. Il porte en effet l’exigence d’en finir avec des reculs sociaux sans fin qui débouchent sur une société plus inégalitaire, plus dure et plus injuste. Elargir encore le rassemblement, gagner la bataille de l’opinion publique sont les conditions pour que ce mouvement l’emporte, et pour construire un autre avenir que celui auquel nous destinent N. Sarkozy et le Medef.

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 10:25
Les communistes du 5e vous invitent à leur prochain

CAFE POLITIQUE

TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS ?
COMMENT SAUVER NOS RETRAITES

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Avec
Eric NABET agent d'exploitation sur la ligne A du RER;
Jeannette LESCURE, retraitée de la RATP;
Un élu du personnel au conseil d'administration de la RATP;
Catherine Mills, économiste, membre de la direction du PCF.

JEUDI 29 NOVEMBRE A PARTIR DE 18H30
AU PMU – VAL DE GRACE, 137 BD SAINT-MICHEL
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 21:28


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Les salariés de la RATP, de la SNCF, d’EDF et de GDF seront en grève le jeudi 18 octobre. Avec eux, de nombreux salariés arrêteront le travail pour dénoncer la réforme des «régimes spéciaux » de retraite. Non, la suppression des régimes spéciaux n’est pas une mesure d’équité, mais une nouvelle étape de la casse du système de retraite par répartition. Après les régimes spéciaux, ce sera le tour du régime général : défendons-nous tant qu’il en est encore temps !


Un article de Catherine Mills et José Caudron.




Alors que le débat sur les retraites était prévu début 2008, Nicolas Sarkozy et son entourage ont choisi la dramatisation, en sommant les partenaires sociaux de régler la question des régimes spéciaux en quinze jours, et en se préparant même à intervenir par décret. Ils  tentent ainsi de masquer les piètres performances économiques : une croissance faible nettement inférieure aux prévisions, une baisse du chômage contestée, le pouvoir d’achat des ménages en berne….

Quoi de plus pratique alors que de crier haro sur les « privilèges indignes» des régimes spéciaux ? Mais si les bénéficiaires des « régimes spéciaux » apparaissent aujourd’hui comme des privilégiés, c’est surtout parce que le régime général des retraites a été profondément dégradé par les réformes de 1993 et de 2003. On affirme que les problèmes de financement des régimes spéciaux pèsent sur le régime général, alors que des règles de compensation  mettent également à contribution les régimes spéciaux vis-à-vis du régime général.  Pour tout travailleur, du privé ou du public, ce qui importe in fine, c’est le salaire d’activité et le taux de remplacement à la retraite (le montant de la pension rapporté au dernier salaire). Ainsi, pour les roulants de la SNCF, ce taux de remplacement dépasse à peine 60%, alors qu’il est encore de 71% en moyenne pour les salariés du privé ayant 40 ans de cotisations. Les catégories  comme les conducteurs de trains qui peuvent prendre leur retraite à 50 ans, ou 55 ans,  n’atteignent  pas souvent les 37,5 années de cotisations nécessaires pour une retraite à taux plein. En outre, l’essentiel des primes, comme c’est aussi le cas des fonctionnaires, ne sont pas incluses dans le salaire de référence…

L’acharnement contre les régimes spéciaux relève de l’anathème plutôt que de la  volonté d’affronter sereinement la question du financement des retraites, puisque actuellement ceux-ci concernent moins de 5% des retraités et dans les projections… moins de 2% en 2030.   L’allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans dans ces régimes annonce en réalité de nouveaux durcissements pour tous : dès 2012, il faudra avoir cotisé 41 ans, puis 42 ans en 2020, peut-être ensuite les 45 ans réclamés par le Medef, alors qu’aujourd’hui moins d’un salarié sur deux liquidant sa retraite atteint 40 années de cotisations. Les effets d’annonces pour encourager l’emploi des seniors n’étant suivis d’aucun effet notable, on se dirige inexorablement vers un nombre croissant de retraités pauvres notamment les femmes, y compris celles qui travaillent  dans la fonction publique ou dans les entreprises publiques.

Sous couvert « d’équité », l’objectif  consiste donc  à organiser la régression globale des pensions. Le thème invoqué de la pénibilité au travail s’oppose à des déclarations récentes d’organismes officiels qui considèrent nécessaires de remettre en cause les seules mesures positives de la loi de 2003 (mesures dites des longues carrières et promesses de négociations sur la pénibilité) en arguant qu’elles seraient  source de déséquilibres financiers excessifs des régimes de retraite ! De deux choses l’une, ou bien la pénibilité est abordée sérieusement et sa prise en compte aura un coût qu’il faudra assumer en passant outre au diktat du MEDEF, ou bien il ne s’agit que d’un simulacre, ce que tend à confirmer la stagnation des négociations sur cette question depuis 2003.

Le drame est que  le pouvoir refuse de débattre sur un nouveau financement des retraites, et les mesures annoncées dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008 n’infléchiront pas cette tendance. Pourtant des voies alternatives existent : développer l’emploi, les salaires et la croissance réelle pour augmenter la masse des cotisations, et pénaliser par une réforme des cotisations patronales, les entreprises qui licencient ou compriment les salaires et fuient dans la croissance financière. Une nouvelle cotisation sur les revenus financiers des entreprises  au même taux de cotisations pour les retraites que celui des salariés apporterait 10 milliards d’euros de recettes annuelles supplémentaires. Mais le rouleau-compresseur de la pensée unique vise essentiellement la déflation des salaires et des fonds sociaux, la réduction des dépenses publiques et sociales et des emplois publics, selon une logique qui continue à miner la croissance réelle. Il est urgent d’organiser la riposte idéologique, sociale, économique à la domination des idées hyper-libérales en construisant des rassemblements pour faire monter de véritables propositions alternatives de réformes.

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