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DEMANDEZ L'HUMA !
Vous pouvez rencontrer les communistes du 5e arrondissement tous les week-end sur vos marchés. Ils y vendent l'Humanité Dimanche, y distribuent le 5e.communiste (leur journal) et  bavardent volontiers avec les passants.

Nous sommes tous les samedis à partir de 11h aux marchés de Port-Royal et tous les dimanches à la même heure au marché de la place Monge.

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Parti communiste français

42, rue Mouffetard

75005 Paris

Tél. : 01 43 37 44 19

section.pcf5@gmail.com

5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 08:22
Les questions internationales sont très mobilisatrices. On l’a vu lors de la manifestation de l’année dernière contre G. W. Bush : malgré une faible préparation, la participation a été remarquable. C’est pourquoi il me semblerait intéressant de mener une campagne plus visible pour le retrait des troupes françaises en Afghanistan, contre l’impérialisme américain, et plus largement pour populariser nos idées à ce sujet. Il y a une attente : dans le métro, les affiches pour l’armée de terre sont déjà taguée « morts en Afghanistan » ! Quelques autocollants, un tract expliquant notre position et informant la population dans la perspective du vote du 22 septembre nous permettrait à la fois de reprendre l’initiative sur les questions internationales et de mettre le Parti Socialiste face à ces responsabilités. De plus, la lutte contre l’impérialisme américain peut constituer un point fort de notre campagne pour les européennes, que nous préparerions ainsi dès maintenant.

Un autre sujet sur lequel il faut mettre le PS devant ses responsabilités, c’est le RSA. On sait bien que ça a été un projet du PS avant d’être mis en application par la droite. Aujourd’hui, il faut poser la question : peut-on être de gauche et pour le RSA ? Une campagne forte contre le RSA a pour nous plusieurs avantages politiques. D’abord, cela nous permet de rompre avec l’image de parti « qui aide les plus pauvres » : cette fois-ci, nous menons une campagne contre « l’assistanat » et pour l’emploi.

De plus, la lutte contre le RSA mène directement à la question des salaires, question très mobilisatrice et qui fera l’objet de notre marche du 27. Cette question nous permet de tenir un discours politique : pour qui travaillons-nous ? et pourquoi ? Que produisons-nous, et pour qui ? C’est pourquoi j’ai été très heureuse d’apprendre l’organisation de cette initiative politique du PCF. Mais j’ai aussi été très étonnée par les réactions de certains militants de ma section : la marche apparaît comme une initiative de plus, sur un sujet flou, le « pouvoir d’achat », et sans grand intérêt politique. C’est pourquoi il me semblerait utile que nous précisions pourquoi nous allons manifester. Quelle est l’analyse de la situation que nous défendons ? Quelles propositions apportons-nous lors de cette initiative ? Je souhaiterais recevoir un argumentaire sur ces questions, qui nous permettrait de nourrir à la fois nos tracts et nos débats de section, et ainsi de mobiliser plus largement.


La proposition d'argumentaire a été retenue par le Conseil départemental.
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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 08:16
Rapport de Patrice Bessac.

Le rapport a d’abord abordé la question de la mondialisation et des tensions qui la traversent : guerre économique, affrontement Chine – Etats-Unis, situation en Georgie. La mondialisation est aujourd’hui marquée par une crise financière sans précédent et par l’émergence de nouvelles conflictualités. Il est de plus en plus clair pour chacun que le libéralisme ne tient pas ses promesses de « mondialisation heureuse », ce qui ouvre un espace pour des propositions transformatrices.

Dans un deuxième temps, le rapport a abordé la situation nationale, en insistant sur l’importance du mécontentement social. Le projet de RSA et toute la communication autour du financement de ce projet visant à faire croire qu’on allait « faire payer les riches » ou taxer le capital montre combien la droite est consciente du mécontentement de la population, et combien cette idée de taxer le capital est devenue populaire. Cependant, la question de l’alternative politique pèse sur toute tentative de mobilisation : dans l’état actuel des choses, la majeure partie des Français pense qu’il n’y a pas de solution. La droite a compris que pour garder le pouvoir elle devait maintenir cette situation, d’où l’intérêt pour elle d’empêcher toute émergence d’un projet ou d’un rassemblement à gauche.

Cette analyse conduit à poser la question : comment développer une alternative ? Comment dépasser la simple résistance, et proposer des solutions ? Quelle rassemblement, et quelle place du parti en son sein ? Ce sera l’un des enjeux décisif de notre Congrès. Le texte de base commune est sorti, il faut le lire et le discuter dans les sections. Un Conseil départemental lui sera consacré après la Fête de l’Humanité.

En conclusion, le rapport introduit trois actions importantes :
- La Fête de l’Humanité, en rappelant l’importance des dernières semaines pour la diffusion de la vignette, et en invitant à profiter de cette occasion pour multiplier les abonnements à l’Humanité Dimanche (plus souvent renouvelés que les abonnements à l’Humanité quotidienne, et qui donne plus sûrement des abonnements au quotidien à long terme) ;
- La marche sur les salaires et l’emploi du 27 septembre ;
- Et une vaste mobilisation contre la privatisation de la Poste, avec organisation d’une votation citoyenne.


La discussion a prolongé les grandes lignes du rapport :

Les questions internationales

La situation chinoise a fait débat : la Chine est-elle un ennemi ? Devons-nous au contraire chercher à constituer un front contre un impérialisme américain de plus en plus dangereux et agressif ? Les points de vue étant fort divergents, il a été décidé d’organiser une réunion de travail sur ce thème (responsable : Adrien Tiberti).
Par ailleurs, s’est exprimée une forte demande d’initiatives du Parti sur la paix. Le PCF doit porter plus visiblement ses exigences pacifistes et anti-impérialistes. Ont été proposées : une campagne pour le retrait des troupes en Afghanistan, et une participation massive à la manifestation organisée par le Mouvement de la Paix à l’occasion du débat parlementaire sur la présence française en Afghanistan.

La crise financière

De nombreux intervenants ont souligné combien la situation est exceptionnelle. On voit même des nationalisations aux Etats-Unis ! En effet, l’état américain a racheté deux institutions financières destinées à refinancer les crédits, et qui étaient au bord de la faillite. Ce cas montre bien que la nationalisation seule n’est pas une solution : à peine ces entreprises nationalisées, la Bourse américaine est remontée. Ici, les nationalisations soulagent le capital plus qu’elles ne le mettent en danger. Yves Dimicoli insiste donc sur l’importance de revendiquer non seulement des nationalisations, mais un contrôle social des entreprises publiques, et une autre utilisation du crédit bancaire.

RSA et salaires

Sur le RSA et la question du pouvoir d’achat, des intervenants ont souligné combien la question du pouvoir d’achat est préoccupante, et donc mobilisatrice. Mais dans le même temps, la plupart des politiques rabattent le problème du pouvoir d’achat sur celui des prix. À droite comme au PS, on répond à l’inquiétude sur le pouvoir d’achat par des promesses pour faire baisser les prix. La question des salaires est complètement occultée ! Le rôle de la marche du 27 doit être de mettre cette question sur le devant de la scène. Dans une société très majoritairement salariale, poser la question des salaires doit nous permettre à la fois de mobiliser largement et de tenir un discours politique : pour qui et pour quoi travaillons nous ? Qui produit les richesses et dans quel but ?

Démocratie

Enfin de nombreuses interventions ont exprimé leur inquiétude devant la situation démocratique de notre pays, et se sont félicitées de la mobilisation contre le fichier Edwige.

Deuxième partie : le 120 rue Lafayette

La deuxième partie du Conseil départemental a été consacrée à l’avenir du 120 rue Lafayette, siège de notre fédération, que le Conseil National souhaite louer pour équilibrer les comptes du Parti. Le Conseil départemental a posé la question en particulier de la pertinence et de la fiabilité de la politique immobilière de notre parti. Je n’ai pas pu assister à cette discussion. Dans deux mois, lorsque le débat aura pu avoir lieu dans les sections, le Conseil départemental se réunira à nouveau pour aviser de la décision à prendre.

Décisions
- Organisation d'une demie journée de travail sur la Chine
- Diffusion d'un argumentaire sur les salaires dans la perspective du 27 septembre
- Organisation d'une campagne d'action pour La Poste
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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 10:09
Pour un discours théorique clair et utile à l'action


Cette contribution a été rédigée collectivement par les militants de la section du 5e arrondissement de Paris du PCF, réunis en assemblée générale.


À propos de l’organisation des débats et de l’usage d’internet

En guise d’introduction, nous voudrions faire quelques remarques sur l’organisation du débat et de la préparation de ce Congrès, en espérant qu’elles serviront à l’organisation de discussions futures. La période choisie pour l’appel à contribution – les deux mois d’été – a empêché beaucoup d’adhérents de participer activement au débat, et a freiné la discussion collective (cela explique d’ailleurs la date tardive d’élaboration de ce texte). En outre, le choix de publier les contributions seulement sur internet, et non pas dans l’Humanité (à l’exception de certaines…) ou dans Communistes, prive beaucoup d’entre nous des éléments de la discussion. Même dans notre section du centre parisien, près de la moitié des adhérents n’ont pas accès régulièrement à internet. Et il ne s’agit pas seulement de camarades âgés, mais aussi d’étudiants ou de jeunes précaires. Internet est un outil extrêmement utile, mais il ne peut pas remplacer toutes les autres formes de diffusion et d’échange de l’information ! À cela il faut ajouter que la publication uniquement sur internet renforce notre scepticisme sur l’avenir et l’utilité des contributions : par qui seront-elles lues ?

La diffusion d’un discours communiste à contre-courant de la pensée dominante est difficile. Nous pensons qu’il est important d’engager une réflexion sur nos rapports avec les médias existants qui conditionnent en partie notre manque de crédibilité auprès de la population. Le bourrage de crâne médiatico-capitaliste brouille les cartes et nos repères. Quelle attitude adopter ? Jouer le jeu des medias pour espérer être entendus plus largement au risque de nous détourner insidieusement de notre but = le doigt dans l’engrenage qui broie toujours plus fort ? ou refuser d’utiliser (ou d’être utilisés par) les medias actuels, dans leur format actuel et lutter pour le développement d’un droit à l’information (informer et être informés) en tant que bien public. Quelle que soit la réponse, cela ne pourra se faire qu’en élaborant pour nous-mêmes et pour nos interlocuteurs un discours communiste sur des bases théoriques claires qui s’articulera sur la réalité quotidienne et encouragera les luttes.

Comment être crédibles ?

    Venons à l’essentiel. Qu’attendons-nous du Congrès du PCF qui se prépare ? Nous voulons que ce Congrès donne au PCF les moyens de reprendre le combat idéologique. Trop souvent, nous avons l’impression que les communistes – dirigeants, mais aussi militants – n’osent pas dire ce qu’ils pensent, agir comme ils le souhaiteraient, tenir un discours communiste. Nous voulons en finir avec l’autocensure et le suivisme.

    Deux jeunes adhérents évoquent un exemple : la vente de fruits et légumes organisée par le PCF et le MODEF à Paris le 21 août dernier. Alors que cette vente offrait une occasion formidable de développer un discours communiste, ils ont eu l’impression d’un vide politique. Parce que nous nous limitions à dire, comme tout le monde, que la vie est chère alors qu’on devrait poser les questions des rapports de production et de l’exploitation du travail.

    Pourquoi croit-on être plus entendus lorsque nous parlons de « pouvoir  d’achat » que lorsque nous parlons de salaire, ou de production ? D’abord, trop souvent nous pensons que pour être crédibles il faut en rabattre sur nos exigences. Ensuite, nous croyons aussi être plus facilement entendus en utilisant les mots de tout le monde, ceux des médias.

    Mais nous y perdons doublement. D’abord, nous y perdons en clarté : notre discours est plus difficile à identifier, à distinguer des autres. Nous sommes pour l’augmentation du pouvoir d’achat, « comme » Nicolas Sarkozy et l’ensemble des forces politiques.

Ensuite, en croyant devenir plus crédibles, nous perdons en fait ce qui fait notre crédibilité. C’est une erreur de croire que les propositions les moins ambitieuses sont les plus crédibles. Après l’expérience de la gauche plurielle, nous avons nous-mêmes insisté sur la nécessité de mobilisations populaires pour réaliser nos propositions. Puisque nous ne pouvons pas agir seuls, puisque nous avons besoin que la population se mobilise pour faire passer nos propositions, nous ne sommes crédibles que quand nous sommes mobilisateurs. Et qui descendrait dans la rue pour le SMIC à 1500 euros ? Pour être crédibles, nous devons être ambitieux, et donner envie aux travailleurs de se battre.

Nos revendications, nos luttes, doivent avoir une portée idéologique, s’articuler à un projet de société global. Ainsi, nous serons plus mobilisateurs, plus crédibles, mais aussi plus capables de rassembler. Plus nos positions seront claires, plus il nous sera facile de nous rassembler avec d’autres, dont les projets seront différents, sans avoir peur de nous perdre.

Qu’est-ce qui fait de nous des communistes ?

    Cela nous conduit à affirmer que nous souffrons d’un manque théorique. Nous avons besoin de définir théoriquement le combat et le projet communiste. Nous nous sommes posé la question : qu’est-ce qui nous rassemble ? Qu’est-ce qui fait de nous des communistes ?
   
    La réponse la plus immédiate a été : nous luttons contre le système de production capitaliste. Être communiste, c’est tenir un discours sur le capitalisme comme système de production, sur l’exploitation capitaliste et l’aliénation. C’est se positionner en fonction d’une lutte des classes qui a pour principe la place de chacun dans le processus de production. Cela peut paraître bien abstrait. Mais en même temps, la production, les rapports de production, beaucoup d’entre nous en font l’expérience quotidienne dans leur travail.

    Nous avons besoin d’un discours théorique clair, utile à l’action, qui articule analyse de la société, projet global et propositions. La réflexion sur la production, sur la façon dont elle est organisée par le capitalisme, et en particulier par le capitalisme financier, sur les relations qu’elle met en place entre les hommes, nous semble être au cœur de notre engagement communiste, et peut nous permettre d’être au plus près des conditions concrètes de vie et de travail de chacun, et donc d’être audibles, tout en tenant un discours spécifiquement communiste, loin de l’idéologie dominante véhiculée par les médias.

Progressistes et communistes

    Mettre la production au cœur de nos analyses ne signifie pas que nous tenons pour secondaire les aliénations et les dominations construites en dehors du processus de production. Communistes, nous sommes progressistes, et luttons pour l’émancipation de chacun face à toutes les formes de domination.

    Cependant, il nous semble que notre rôle de communiste dans les luttes auxquelles nous participons est d’apporter une analyse spécifiquement communiste, c’est-à-dire une analyse de classe. Ainsi lorsque nous nous battons pour la régularisation des sans-papiers, nous le faisons bien sûr au nom du droit de chaque homme à la dignité et au respect. Mais ce qui est spécifiquement communiste, c’est le discours que nous pouvons tenir sur le rôle de l’exploitation des sans-papiers dans la dégradation des conditions de travail de tous les travailleurs. Si l’action revendicative est évidemment extrêmement importante, elle ne suffit pas. Le Parti doit jouer un rôle différent de celui des syndicats. En proposant une analyse des rapports de classe, il peut permettre aux salariés de prendre conscience de la nécessité d’une transformation de la société. Les luttes ne peuvent grandir et rassembler que si elles reposent sur une analyse de la société, des politiques menées, et de leurs contradictions, et si elles contribuent à la réalisation d'un autre projet de société, en rupture avec le capitalisme.

    Le cheminement d’une adhérente récente illustre bien le rôle que peuvent jouer les communistes dans les luttes. Charline a adhéré au PCF en tant que  parti progressiste, en particulier sur la question de l’immigration. Puis elle dit être « devenue communiste », au fil des discussions et des actions.

Le rôle de l’organisation dans la lutte idéologique

    Cet exemple souligne combien il est important que le PCF continue de permettre aux nouveaux adhérents de « devenir communistes », dans la rencontre et le débat avec d’autres, membres ou non du PCF. On n’est pas communiste tout seul.

    L’organisation doit permettre à chacun de participer aux discussions, à la mise en commun des informations et des réflexions, mais aussi donner à chacun la possibilité d’agir, d’aller à la rencontre des travailleurs, de ceux qui luttent, de l’ensemble de la population. Pour cela, les structures les plus proches du quartier ou du lieu de travail, cellules et sections, sont essentielles. Là se développent une discussion à laquelle chacun peut participer, et des actions où chacun peut trouver sa place. La formation joue aussi un rôle important, et doit être développée. Elle ne doit pas seulement aborder les sujets d’actualité, mais aussi permettre à chacun d’acquérir des outils théoriques.

    Il nous semble qu’il manque au Parti un lieu d’élaboration d’une réflexion marxiste ou communiste, un lieu où nous pourrions partager nos réflexions théoriques et participer à la construction collective d’un discours théorique communiste. Dans cette perspective, il nous semblerait utile de développer les commissions thématiques, et de les ouvrir plus largement aux adhérents, par exemple en en publiant les dates de réunions. Cependant, le développement des commissions consacrées à des domaines spécifiques ne suffit pas à répondre à l’exigence d’une réflexion théorique d’ensemble, permettant de définir un projet communiste global. La formation devrait pouvoir devenir non seulement un lieu de transmission de savoir, mais aussi un lieu de travail et d’élaboration.

Dans la situation actuelle,  la faiblesse relative du parti peut faire penser que l'exigence de réflexion théorique équivaut à un repli sur soi, sur une identité communiste figée. Nous sommes conscients de ce risque, mais nous sommes convaincus que la participation active des militants à la réflexion, la possibilité d’un contrôle militant des lieux d’élaboration théorique, en maintenant le lien entre réflexion et action, peut être le principe d’une réflexion vivante, en prise sur l’action.   

Nous ajoutons que faute de temps pour mener la discussion, les propositions de certains camarades n’ont pas pu être examinées par la section et ne figurent donc pas dans cette contribution.


Parti communiste français
Section du 5è arrondissement de Paris
28 août 2008
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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 09:14
Dans la dernière « Lettre aux Communistes » je m’étonne de trouver encore un texte se posant la question suivante : « Faut-il créer un nouveau parti?  Quels contours lui donner ? »(Jacques Chabaliers « Quelles transformations pour le PCF ?»)

L’Assemblée Nationale Extraordinaire du 8 et 9 Décembre 2007 n’a-t-elle donc servi à rien? Pendant 2 jours, il a été dit et redit que oui, les Communistes étaient ouverts à des transformations, des rénovations mais qu’ils voulaient garder LEUR Parti Communiste.

Alors remettre cette question sur le tapis, ce n’est pas faire preuve d’ouverture, c’est faire passer pour rien des jours de préparation, de réunions, quand on prône la souveraineté de l’adhérent.

Ce n’est pas revenir aux fondamentaux, c’est empêcher d’avancer, c’est éviter de poser d’autres questions. Une question comme celle là à 4 mois du congrès laisse penser que soit  elle peut être l’objet du congrès contre l’avis des adhérents, soit le congrès ne servira pas plus que n’a servi l’ANE. Et dans ce cas économisons nous, tout de suite, en paroles, en fatigue et en énervement.

Je trouve même indécent à l’heure des attaques quotidiennes contre le monde du travail de poser cette question, car le monde politique ne s’y tromperait pas, lui, « inventer et créer un nouveau parti » mais ne serait-ce rien d’autre que d’annoncer la disparition du PCF « vous dansiez et bien chantez maintenant :  le PCF est mort ».

Non, les questions à se poser sont ailleurs et pas moins passionnantes :

Comment défendre mieux les travailleurs, chomeurs, retraités etc…?
Comment renforcer le parti?
Comment former les adhérents?
Comment se faire entendre?
Avec qui et quand faire des alliances?

La liste n’est ni close ni exhaustive.
Complétons-la et commençons à y répondre.

Agnès Schwab
Section 5è arrondissement de Paris


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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 14:08
Contribution d'Adrien Tiberti.



    Le dictionnaire définit le capitalisme ainsi :  « Régime économique et social dans lequel les capitaux, source de revenus, n’appartiennent pas, en règle générale, à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail ». Il y a donc en toute logique opposition d’intérêts entre ceux qui travaillent et ceux qui possèdent les capitaux. Et si les premiers veulent que leur situation change, ils vont devoir se battre, lutter car les seconds n’ont aucune raison de renoncer à leur position. C’est ainsi que l’on arrive au concept de lutte des classes.  Un philosophe tout à fait ordinaire (mais qui était un grand économiste politique), Karl Marx a même prétendu que c’était le moteur de l’Histoire. Pourtant cette notion de lutte des classes semble un peu floue aujourd’hui et surtout bien moins valide et efficace pour ceux qui ne considèrent pas que le capitalisme est la fin de l’Histoire.

En effet, la lutte des classes suppose l’opposition de deux classes qui ont été appelées « classe bourgeoise » ou « capitaliste » d’un côté et « classe ouvrière » de l’autre. Nier l’existence de la bourgeoisie ne semble pas possible. Il existe bien dans notre pays comme dans la plupart des autres, un groupe assez homogène de personnes ( ou de familles plutôt) qui jouissent de très importants revenus et de patrimoines plus impressionnants encore construits grâce à la possession de capitaux. C’est donc du côté de la classe ouvrière que le bât blesse. Cette expression semble avoir bien vieilli. Pourquoi ? Parce que, entendu comme classe des ouvriers, cette expression n’a jamais pu englober tous ceux qui n’étaient pas et ne seraient jamais des bourgeois. Parce que le nombre (et la proportion) des ouvriers a cru jusqu’en 1968 dans notre pays ( bizarre cette date, non ?) et depuis baisse sans avoir jamais atteint la majorité de la population active.

On peut noter qu’à l’échelle mondiale le nombre (et la proportion) d’ouvriers est en augmentation rapide et constante. Parce que le haut et glorieux Parti Communiste Français a, à l’instar de tout le mouvement communiste international, utilisé cette notion au sens restrictif pendant très longtemps avant de l’abandonner pour les raisons citées plus haut. Cela a d’ailleurs permis des succès considérables en mobilisant les ouvriers comme avant-garde du combat contre le capitalisme en 1936, 1944/47 et 1968.

Or si nous pouvons nous mettre d’accord pour ne plus nommer la classe de ceux qui subissent le capitalisme plutôt qu’ils n’en profitent, classe ouvrière, il y a pourtant nécessité à redéfinir et nommer une telle classe. En effet nous avons remplacé la notion de dictature du prolétariat (liée d’ailleurs à celle d’avant-garde) par celle de primauté du mouvement populaire, mouvement populaire qui doit être majoritaire. Or pour construire une telle majorité qui y a-t-il de plus utile, que la convergence d’intérêts qui cimentent une classe ? Ainsi au 33ème Congrès du PCF la banderole derrière la tribune portait la mention « Union Populaire », cette union ne peut être fondée que sur des repères de classes. Nous avons vu dans la période récente à quel point il était vain pour le Parti Communiste de vouloir s’adresser « aux femmes et aux hommes » voire pire « aux gens ». Un professeur ne peut parler qu’à des élèves, ses amis ne l’écouteront pas ( en tout cas pas en tant que professeur). Le Parti Communiste ( et là le mot important est communiste) ne peut s’adresser qu’à une classe. Il ne peut d’ailleurs trouver d’utilité que dans cette tâche : développer par un discours cohérent, une action de classe ( mais d’une classe majoritaire cette fois).

Une objection semble se présenter : ce discours nie tout le travail de la sociologie. C’est vrai. Pour une raison assez simple : la sociologie a une visée analytique de la société qui vise à définir et à décrire des groupes sociaux le plus finement possible. La démarche politique est quant à elle synthétique et cherche à rassembler au contraire. Ainsi les classes moyennes n’existent pas mais les couches moyennes sont une réalité. Celui qui vise à rassembler une majorité sur un programme de transformation radicale de la société (voire pour les plus audacieux de dépassement de capitalisme) a intérêt à révéler les solidarités de classes.

Alors comment nommer cette classe ? Une expression revient souvent  « classe dominée ». Cette expression a le même inconvénient que le mot pauvre : personne n’est pauvre. Et de plus ce participe passé semble entériner une position indépassable. Peut-être peut-on soumettre à la critique l’expression « classe salariée ». Aujourd’hui 90% de la population active est salariée en France et le mot fait clairement référence à un élément central du rapport de production.

Comment nommer la nouvelle classe transformatrice ? Voilà un débat que notre grand et estimé Parti Communiste Français s’honorerait de mener jusqu’à son terme plutôt que de s’enfoncer dans des considérations soi-disant stratégiques. « Classe salariée » n’est qu’une suggestion mais discutons-en et prenons une décision.

Paris le 11 juillet 2008
Adrien Tiberti
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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 14:10
Contribution de Pierre Saly, historien (PCF Paris 5e)

1) Les régimes dits communistes de l’URSS et de la Chine (et, dans des formes diverses de certains autres pays) ont réalisé des tâches historiques considérables, nécessaires et positives. En ce sens ils n’ont pas été et ne sont pas des « échecs ». Mais ils n’ont à presque aucun égard réalisé, ni même ébauché, la tâche fondamentale proposée par la vision marxiste du devenir humain : l’émancipation des individus et des sociétés. En ce sens le communisme, dans sa version étatique historique, est un modèle qui est, et qui a toujours été, inadapté aux réalités d’un pays comme la France.

2) La naissance du PCF au congrès de Tours est le produit de circonstances historiques conjoncturelles aujourd’hui très lointaines et d’une lecture fantasmée de ce qu’était la révolution russe en 1920. Ces circonstances ont disparu. Le congrès de Tours est obsolète dans la plupart de ses dimensions sauf une, essentielle, le refus d’accompagner l’hégémonie de la bourgeoisie et de mobiliser autour d’elle les forces populaires en demande de changements radicaux. Il ne s’agit donc pas d’annuler le congrès de Tours (ce qui n’a d’ailleurs pas de sens pour l’historien) mais de réaliser un nouveau congrès fondateur sur la base de ce même refus, dans les formes de notre temps. Mais je ne crois pas que le congrès du PCF de décembre puisse être ce congrès.

3) Cette lecture fantasmée de la réalité soviétique a perduré pendant environ un demi-siècle faisant fonction d’utopie mobilisatrice. A l’abri de cette utopie s’est organisée, dans les conditions spécifiques de la France, une puissante force de changement réel construite autour d’une stratégie de rassemblement populaire et national visant à des réformes structurelles radicales mettant en cause concrètement le contenu de la domination capitaliste. Rien de cette stratégie et des pratiques qui l’ont accompagnée n’avait le moindre rapport avec ce qui se passait dans les pays du « socialisme (ir)réel ». Cette stratégie demeure la seule possible. Sa part de tactique de sommet et de mobilisation à la base est affaire de circonstances. Mais une chose est évidente : il est vain de croire que les réalités d’aujourd’hui créent les mêmes conditions et possibilités que celles d’il y a un demi ou trois quarts de siècle.

4) Il faut bien constater que l’audience des forces organisées se réclamant du communisme est et a toujours été très faible, souvent négligeable, parfois réelle mais marginale, presque jamais massive (y compris dans la classe ouvrière de la plupart des pays industrialisés) sur la quasi-totalité de la planète. Sauf cas particulier, transitoire, de superposition de l’idéologie nationale émancipatrice et de l’organisation communiste (Chine, VietNam, Cuba etc). Cette audience est aujourd’hui très diminuée, parfois explosée. Dans quelques pays une influence communiste importante s’est révélée ne pas résister aux changements du monde et de la société et s’est en quelque sorte volatilisée (Italie). La menace d’une telle volatilisation n’épargne pas la France.

5) Les conditions de la France sont spécifiques comme celles de tout pays. Or il se trouve qu’existe en France plus que dans aucun autre pays une forte tradition de gauche transformatrice visant à des transformations radicales dans la société (parfois identifiées comme constitutives d’une « révolution ») : républicains « avancés » au XIXe siècle, guesdistes, jauressiens et anarcho-syndicalistes au début du XXe siècle etc. Le PCF a réussi à capitaliser et unifier pendant une courte période la quasi-totalité des  forces représentatives de cette tradition (dont d’ailleurs les tendances perduraient plus ou moins dans les profondeurs du peuple communiste). Mais dans le long terme il est clair que ces forces sont diverses, parfois dramatiquement opposées dans des combats significatifs ou futiles. C’est de cette situation qu’il faut partir et non des mythes des organisations déviantes, traîtresses, infiltrées, ayant pour seule ambition de détruire le PCF, bref « ennemies de classe ». L’existence de cette tradition d’une gauche radicale plus ou moins révolutionnaire a jusqu’à présent résisté aux transformations, pourtant majeures, de la société survenues depuis 1789.

6) Il y a donc place en France pour une grande force de gauche transformatrice, se réclamant d’une audacieuse visée de réformes de portée révolutionnaire, notamment anticapitaliste (sauf à penser que, contrairement à ce qui s’est passé pendant deux siècles, les mutations sociales sont venues à bout de l’existence de cette tradition se voulant révolutionnaire, ce que je ne crois pas). Cette grande force de gauche transformatrice, qui a vocation à se rassembler (au moins temporairement) peut occuper un espace politique variable, pas moins de 10% de l’espace électoral, circonstanciellement beaucoup plus. Mais surtout elle peut occuper un espace social et idéologique beaucoup plus important. Or c’est dans cet espace que se construit l’hégémonie qui ouvre la voie aux victoires politiques.

7) Il est vain de penser que cette force « à la gauche du social-libéralisme » puisse se résumer au seul PCF, même « rénové », ou qu’elle puisse se constituer autour du PCF et par ralliement à lui. Je ne crois donc pas que le prochain congrès du PCF puisse être l’étape créatrice d’une telle force et je pense que tout appel en ce sens aurait le même caractère dérisoire que les gesticulations à la Besancenot  sur le NPA, faux-nez de la LCR. Je crois encore moins à l’hypothèse folle d’une auto-dissolution du PCF qui casserait un des points d’appui décisifs de la genèse d’une telle force. Mais je crois que le congrès devrait donner un signal fort de la disponibilité des communistes pour revoir dans ses fondements, sans hégémonisme ni faux-semblant, les perspectives de changement des dispositifs politiques à la gauche du social-libéralisme.

8) Cette disponibilité devrait s’organiser autour de convergences thématiques fortes et durables sans les coups de barre désastreux qui ont décrédibilisé le processus de rassemblement initié dans le feu de la bataille du Non (les coups de barre venant de tous les cotés, à commencer par ceux de la direction du PCF, entraînant une majorité des adhérents). Il n’est que trop clair que la remise en marche d’un tel processus de rassemblement se heurte à la fois aux séductions du renoncement, venant en particulier des sirènes du PS, et aux patriotismes d’appareil des différentes mini- ou micro-formations politiques qui se partagent l’espace politique à la gauche du PS (et le PCF n’est naturellement pas indemne de ces stériles patriotismes).

9) Mais le plus grave des obstacles est celui de la théorie et de la pratique des deux gauches. Aucune force significative, visant à construire une hégémonie des idées transformatrices ne pourra se construire sur la base d’un refus de participer aux exécutifs et instances de pouvoir (même si, dans le passé, les rassemblements populaires transformateurs se sont parfois construits avec des forces de ce genre cf la part des anarcho-syndicalistes dans la naissance du PCF, des anarchistes dans la révolution espagnole). Aucune force significative ne pourra se construire sur la base d’un refus de collaborer avec les forces organisées qui, tout en s’alignant de plus en plus sur le libéralisme, portent encore les espoirs d’une partie majoritaire du peuple de gauche. Sur ces deux point la divergence avec le NPA est cruciale. Résorber cette différence sera une œuvre de longue haleine, d’autant plus difficile à mener à bien que bien des communistes partagent en fait l’idée de l’inutilité de la participation aux pouvoirs dans la société bourgeoise et celle de la nécessité de la « rupture » totale avec le PS et consorts.


Je conclus :

- pas d’auto-dissolution du PCF,
- pas de changement de nom (il aurait fallu le faire il y a quinze ans),
- pas d’appel, inutile à l’étape présente, à la « fusion » organique avec les organisations d’extrême-gauche (et encore moins un retour à la « vieille maison » socialiste pour y occuper l’aile gauche dans le ballet des tendances)
- un appel au PS,  surtout à ses électeurs et militants, argumentant sur le risque de son déclin et de son effacement faute de retour aux idées et pratiques de gauche, et sur la nécessité de réorienter la politique française vraiment à gauche.
- un appel aux forces de l’extrême-gauche (directions et militants) se situant dans la perspective d’un futur dépassement des organisations existantes à la gauche du PS, PCF compris,
- un appel aux forces de la société civile anti-libérale (type syndicats, Attac, clubs de gauche, écologistes progressistes) en vue de la création d’un front anti-libéral, écologiste, féministe, multiculturel, sans en oublier les croyants progressistes du christianisme et des autres fois présentes en France, musulmans compris.
- une proposition de forums permanents et de comités de liaison permettant de donner progressivement corps à cette force politique qui s’impose pour l’avenir à la gauche du social-libéralisme.
- un programme en bonne et due forme de ce que veulent les communistes (vive la « démarche programmatique » si injustement dévalorisée au nom de considérations spontanéo-autogestionnaires fumeuses)
- et naturellement les dispositions organisationnelles donnant au PCF l’enracinement, la force et la clarté de direction permettant de mettre en œuvre pleinement sa vocation fondamentale : une vraie ouverture à la société telle qu’elle est afin de la changer.

Pierre Saly, historien,
section PCF du 5e arrondissement, Paris
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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 14:03
Réaction à l'article d'Aymeric Monville, De quoi Badiou est-il le nom ?
par
Nicolas Centa

Cet article vise à faire part de mon désaccord avec certaines conclusions du commentaire « De quoi Badiou est-il le nom ? » d’Aymeric Monville, sur les principes de l’organisation du Parti Communiste.

Pour Marx, l’histoire est celle des méthodes de production. Ce sont elles qui fixent les organisations sociales qui lui sont adaptées et non l’inverse.  Ce sont des changements des systèmes de production amenés par des ruptures technologiques qui ont entraîné les changements historiques, y compris l’avènement de la démocratie bourgeoise.

Le Parti Communiste ne peut pas échapper à cette analyse, et doit réaliser le fait que son succès passé était dû à l’accord entre sa propre organisation et celle du système de production alors en vigueur. C’est évident lorsque l’on regarde les idées de discipline de parti ou de centralisme démocratique, qui sont l’exact pendant de la discipline et du centralisme des industries, instaurées pour les mêmes raisons de conditions matérielles et notamment technologiques.

Force est de constater qu’aujourd’hui, dans les méthodes de production, ce type d’organisation a largement disparu. Les cadres et professions intellectuelles au sens large ont explosé en nombre et travaillent dans des conditions où l’autonomie est importante, la créativité valorisée et le pouvoir hiérarchique limité. Cette tendance déteint sur les ouvriers d’usine, dont le nombre se réduit mais qui sont de plus en plus qualifiés et qui voient leurs tâches s’étendre progressivement vers le domaine intellectuel. Les employés de services et notamment de services à la personne sont isolés en très petits groupes, soumis à une autorité directe et non formalisée, et se trouvent souvent dans une situation précaire. Enfin, la société compte de nombreux chômeurs et RMIstes de long terme.

Par conséquent, l’analyse marxiste nous pousse à voir que les concepts organisationnels développés par Lénine, s’ils sont brillants par leur remarquable accord avec les systèmes de production de l’époque, ne sont plus opérants aujourd’hui. Nous n’avons à partir de là aucune raison de nous attacher à les maintenir, d’autant plus que le type d’analyse qui y a mené déclarait d’emblée qu’ils ne pouvaient être éternels.

Il nous reste donc à construire de nouveaux modes d’organisation, qui sont un préalable à tout renouveau du succès du parti.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 13:03
Le 19 juin dernier, les communistes du 5e arrondissement se sont réunis en Assemblée générale pour discuter de la situation politique et sociale et des enjeux du prochain Congrès du PCF. Compte-rendu des débats, par Charline.




Attention, ceci est un compte-rendu rédigé par une militante volontaire. Il ne rend évidemment pas compte de toute la richesse des arguments de chacun, ni de l'ensemble des discussions. Si vous voulez le compléter ou l'amender, ou poursuivre le débat, n'hésitez pas à laisser un commentaire !

Le rapport


L’AG a démarré sur un rapport de Marine, faisant office d’introduction au débat. En vue de la préparation du congrès, il semblait intéressant de revenir sur plusieurs points développés notamment lors des différentes réunions nationales (Tours et Paris) :

Luttes sociales

Le constat de la difficulté à mobiliser avec l’échec sur la LRU, sur les retraites. Des luttes véritablement offensives dans le commerce ou encore dans des industries où la mobilisation était auparavant faible, mais des luttes qui restent isolées. Des luttes en partie victorieuses comme celle des sans papiers, mais l’absence de convergence des luttes.

Comment expliquer ces échecs ? plusieurs pistes : la fatigue, le sentiment qu’aucune victoire réelle n’est possible en l’absence de perspective politique, la situation européenne et mondiale qui aboutit à une perception fragmentée du monde, au sentiment que le centre du pouvoir échappe au citoyen.

La situation française s’articule donc avec la situation mondiale.

Situation mondiale

la crise financière liée à la spéculation sur différents produits aboutit à une crise sociale (la crise alimentaire et la hausse du niveau des prix font naître des exigences d’augmentation de salaires). La crise financière rencontre les contradictions du capitalisme et les aiguise avec le développement de la crise environnementale entre autres (liée à l’épuisement des ressources). Le capitalisme apporte toujours la même réponse à ces crises : l’investissement dans les nouvelles technologies, pour économiser sur les salaires.
 
Alors que les situations d’exploitation et les contradictions du capitalisme sont exacerbées par ces crises, la question se pose pour nous, communistes, de comment exploiter ces contradictions ?

Dans le même temps, l’impérialisme américain se transforme : OTAN, démantèlement des Etats (ex de la Belgique en Europe). Des pôles de résistance existent : l’Amérique latine avec notamment le développement de la Banque du Sud, ou encore la Chine (avec l’interdépendance entre l’économie chinoise et l’économie américaine). La question se pose alors de la place de la France et de celle de l’Europe.

La question européenne

Le choix du peuple (le ‘non’ irlandais au référendum) doit être respecté, mais rien ne va dans ce sens. Il nous faut travailler à l’émergence de luttes européennes (le mouvement des salariés de Renault-Dacia en est une expression). Il nous faut aussi penser les politiques internationales de l’Europe en construisant des partenariats avec l’Amérique latine.

La marge d’action au niveau européen semble pourtant très réduite : le PGE ne semble pas pouvoir apporter les réponses attendues, du moins l’information manque à son sujet. La perspective des élections européennes pose la question de la constitution d’une liste commune avec le PGE ou d’une liste PC.

Plus largement, la question se pose de l’internationalisme : qu’entend on par ‘internationalisme’ ? avec qui ?

Plusieurs propositions :  le développement de services publics européens et mondiaux autour de la notion de biens publics mondiaux, la création d’un pôle public bancaire sous contrôle démocratique, la coopération avec les pays du Sud  appelant à la souveraineté économique de ces pays.

L'état de la gauche

Les présidentielles ont été un échec pour le PCF coincé entre socio-libéralisme et anti-libéralisme. L’état de la gauche italienne vient démentir la pertinence d’un modèle qu’on nous proposait après les présidentielles. Le bilan des municipales reste difficile : la stratégie d’union de la gauche échouait en certains endroits et sortait victorieuse en d’autres.

Engagement et militantisme

Il est de moins en moins facile de militer sur son lieu de travail, le renforcement des cellules et notamment des cellules d’entreprise est nécessaire.

Le militant doit être en mesure d’influer sur les décisions du parti (formation, formes de souveraineté à penser, renforcement des liens avec les élus, interdiction du cumul des mandats). La question des formes de démocratie au sein du parti se pose : les textes de préparation du congrès parlent de souveraineté de l’adhérent, mais comment lier souveraineté de l’adhérent/souveraineté du parti ? Il faut être en mesure d’allier diversité et efficacité, souvent quand une décision est contestée, c’est son mode de décision qu’il l’est plus que la décision elle-même.

Le CN ne doit pas être un parlement mais une direction, se pose dans ce cadre la question du fonctionnement en tendances. Lors de la réunion de Tours une majorité s’est prononcée pour la reconstruction de l’unité des communistes et pour une recomposition du CN qui devrait comprendre plus de militants et plus de salariés.

La préparation du Congrès

Ce qui a été mis en place au sein de la section : la constitution d’une culture commune avec les séances de formation, un travail sur l’engagement communiste avec le projet d’interviews croisées de militants, le renforcement de notre efficacité (reconstruction d’une cellule universitaire à Censier, mise en place de cafés politiques avec le MRAP et l’union rationaliste), la préparation du débat autour de l’internationalisme à la fête de l’Huma.

Il est de la responsabilité des sections et de la fédération de préparer le congrès de décembre, notamment, au sein de la section, réfléchir à ce qu’on peut demander en tant que militant pour améliorer le fonctionnement du congrès.

Discussion

Les militants sont intervenus sur différents points : l’état des luttes, le besoin d’un discours théorique clair de la part du PCF, l’activité du militant, le parti en tant que parti de responsabilité et enfin le congrès de décembre.

L'état des luttes

Jacqueline a évoqué la manif du 17 juin  sur le temps de travail où elle a eu le sentiment de voir beaucoup de CFDT (qui ne prenaient pas les tracts du PCF). Elle est revenue sur les manifs isolées (dans la radio, le CNRS, l’absence de la fonction publique dans la manif du 17). Le mécontentement est partout mais ne s’agrège pas. Jeannette a exprimé son désaccord avec le comportement de la CGT : annoncer un million de manifestants, c’était se fourvoyer. Elle s’est étonnée de la faible mobilisation alors que l’union syndicale avait été faite. A la RATP, il n’y a pas eu de mouvements de grève. Seul élément positif : la présence de syndicats d’entreprises privées. Adrien est revenu sur la plus faible mobilisation du 17 par rapport au 22/05 qu’il attribue en partie au fait que l’enseignement, secteur très important dans les mobilisations, n’était pas concerné par les 35h et a vu sa mobilisation perturbée par le déroulement des examens. Plus généralement, il a évoqué la fait que les gens ne croient pas à une possible réussite des mobilisations : sur les 35h, déjà 4 lois ont été passées pour les démanteler et en 2003, il avait déjà été annoncé que l’âge de la retraite serait repoussé à 41 ou 42 ans.

Plus largement, pour Adrien, la bataille idéologique sur la production des richesses a été perdue : les salariés n’ont plus conscience qu’ils créent de la richesse. Agnès est en désaccord sur ce point : les salariés ont conscience de la richesse qu’ils produisent mais n’ont plus conscience de la lutte. Même dans la fonction publique, il n’existe plus de forces de mobilisation, la grève par délégation n’est même plus possible. Les gens sont abattus par les cassages quotidiens qu’ils entendent, et ils n’ont plus de ressort pour la lutte. Alors que Claude avait exprimé son désaccord sur le fait que le débat se focalise sur des questions de luttes, et donc sur des questions plus syndicales que de parti politique, Agnès l’a réprouvé : on ne peut pas dire qu’on est en réunion de parti et pas de syndicat, si les gens ne croient plus au militantisme syndical, ils ne peuvent plus croire au militantisme politique. Marine a approuvé la vision d’Agnès : ce n’est pas parce que les gens ne se sentent pas pris dans l’exploitation qu’ils ne luttent pas, mais plutôt parce qu’ils ne voient pas comment faire. Alors que les salariés ne voient pas en quoi le PCF pourrait les aider à sortir de cette exploitation, une réaction gauchiste se développe, il y a alors ici quelque chose à travailler.

Julien a fait part de son étonnement de ne pas trouver sur son lieu de travail une plus forte mobilisation dans le public que dans le privé. Une réunion de SLR a réuni 10 personnes sur 3000 alors que l’avenir du CNRS est remis en cause. Lorsqu’il discute avec ses collègues, ces derniers sont d’accord mais cela ne va pas plus loin. Il se dit alors que les salariés qui l’entourent (chercheurs au CNRS) ne souffrent pas assez de l’exploitation pour ressentir le besoin de lutter contre, il propose de créer des liens avec des sections qui brassent des milieux sociaux plus populaires pour avoir des retours. Dynah a le sentiment que c’est surtout la forme de mobilisation qui ne prend pas, la succession des journées de mobilisation ne semble plus efficace.

Besoin d'un discours théorique clair de la part du PCF

Pour Jacqueline, le parti a un discours trop abstrait : il faut se poser la question de ce que sont concrètement aujourd’hui un ‘prolétaire’, un ‘ouvrier’, de ce qu’est la ‘lutte des classes’ (parler de ‘lutte des classes’ lui semble d’ailleurs gênant, elle préfère la notion d’exploitation). La révolution informationnelle en modifiant les formes d’organisation du travail et en voyant le développement du travail individuel réinterroge ces notions. Elle propose une association entre ‘prolétaire’ et ‘précaire’ dans le sens où le ‘prolétaire’ et le ‘précaire’ ont en commun de n’avoir que leur force de travail. Pour Marine,
plutôt que d’interroger l’existence de ces nouveaux métiers, il serait plus juste en tant que communiste de réfléchir sur les modifications du mode de production et les contradictions nouvelles qu'elles font apparaître. Surtout elle propose de laisser de côté le discours sociologique pour redonner sa place au discours politique.

Jacqueline reproche aux textes de préparation du congrès de n’être formulés que sur un mode interrogatif (ex ‘le capitalisme n’est-il pas en mutation ?’, ‘Peut-on changer la société dans le monde actuel ?’).

Selon Adrien, la bataille idéologique sur la production des richesses a été perdue : les salariés n’ont plus la conscience claire de créer de la richesse, et c’est en partie la responsabilité des communistes. On parle entre nous de ‘crise du capitalisme’, mais on ne défend pas cette idée à l’extérieur. La dernière affiche du PCF ‘Vive la vie’ est significative sur ce point. Par manque de réflexion théorique et de combat de fond, on est amené à être toujours dans la réaction à l’actualité. Ainsi, dans nos tracts, on est incapable de mener une campagne de trois mois sur un sujet unique jusqu’à ce que les gens soient obligés d’en parler aussi. Cette absence de combat de fond est source de régression. Marine approuve cette position : on est toujours dans le défensif. Cette stratégie n’est ni réalisable ni audible. A ce comportement de défensive, on nous oppose que le monde change. On est incapable de répondre vision globale contre vision globale. Selon Marine, cela ne vient pas d’une incapacité à produire du discours théorique, mais d’une incapacité à se mettre d’accord.

Dynah nous fait part du processus qui l’a conduit à s’engager : c’est un processus intellectuel. Adhérer au parti communiste peut ainsi être le fruit d’une réflexion théorique, ce qui doit nous motiver dans la construction d’un discours théorique clair.

L'activité du militant

Jacqueline dit se sentir militante uniquement lorsqu’elle distribue sur les marchés. C’est le travail concret qui doit nous sortir des abstractions. Elle revient sur le déménagement de l’Agro, une lutte locale qui aurait dû/doit être menée.

Elle voit dans la scission syndicat/parti la source du problème, une courroie de transmission manque aujourd’hui. Enfin, elle considère que pour rendre le parti audible, il faut que les gens sentent que celui-ci les aide au quotidien. Marine revient sur le lien parti/syndicat. Le parti fait un travail de syndicat, il le fait mal dans la mesure où il n’a pas l’organisation pour le faire, et à côté de ça, il ne joue pas son rôle dans l’élaboration du travail politique sur lequel les syndicats pourraient s’appuyer.

Julien propose de créer des liens avec des sections brassant des milieux plus populaires afin d’avoir des retours de la frange de la population qui souffre le plus directement de l’exploitation capitaliste, et donc pour qui la mobilisation est peut être plus évidente.

Le parti communiste comme parti de responsabilité

Claude a le sentiment que le programme du parti communiste est vide : il ne dirait pas clairement par exemple qu’il faut taxer les flux financiers. Marine n’est pas d’accord : le programme du parti communiste est plein de ce type de propositions.

Marine évoque la responsabilité qui est celle du parti communiste de se situer au niveau international. Le PGE ne lui paraît pas être une position crédible dans la mesure où il signifie une alliance avec les sociaux-libéraux.

Le Congrès

Dans son rapport Marine proposait aux militants présents de s’exprimer sur le congrès. Aucun militant n’intervient pourtant sur ce sujet.

Agnès explique qu’elle ne voit pas l’intérêt de se poser la question de la pertinence de l’existence du parti communiste : en tant que militante communiste, elle en est convaincue.

Claude s’interroge sur les ‘attaques’ qu’il a lues dans la presse au sujet de MG Buffet. Adrien lui répond qu’elles sont le fait de refondateurs dénonçant, sans arguments concrets, un verrouillage du débat par MGBuffet. Mimi a quant à elle le sentiment que MG Buffet dirige ou aimerait diriger le débat concernant l’avenir du parti, or ce n’est pas son rôle dans la mesure où elle n’est pas en mesure d’être réélue secrétaire nationale.

Et c’est Mimi qui conclut l’AG : ‘ Avant c’était le capitalisme qu’on voulait dépasser, maintenant c’est le parti !’.
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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:40
Un nouveau lien dans la rubrique "blogs de camarades et amis": le blog de Patrice Bessac, notre secrétaire fédéral. Activité militante, médias, réflexions et réactions... Bonne lecture !
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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 17:47
Aymeric Monville, philosophe, membre du PCF, auteur de Misère du Nietzschéisme de gauche: de Georges Bataille à Michel Onfray, co-auteur de l'Idéologie européenne, éditeur de Michel Clouscard, traducteur de Georg Luckasc et de Domenico Losurdo, réagit ici à l'ouvrage d'Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, et à sa réception au sein du PCF et dans les pages de l'Humanité. Le débat est lancé !



Sur De quoi Sarkozy est-il le nom ? d’Alain Badiou
 
On parle beaucoup, dans les médias, y compris L’Humanité, et jusque dans certaines sections du parti, du dernier livre d’Alain Badiou.
 
C’est un pamphlet qui répond aux lois du genre mais qui ne saurait pallier le manque d’analyse politique. Qualifier Sarkozy d’ « homme au rat » en référence à Freud et aux hiérarques du PS qui ont quitté le navire, est tout à fait cocasse. Montrer les points communs de l’idéologie dominante avec celle de Vichy n’est pas sans pertinence. Mais tout cela ne saurait constituer une étude des forces en présence. L’idée d’un front commun contre le Président actuel s’est imposée dans la gauche comme un lieu commun, d’où le succès du livre. Mais l’on devrait se méfier des évidences et des incantations. D’autant qu’une simple comparaison avec un pays proche, nous montre que l’anti-berlusconisme conçu comme alpha et omega du discours oppositionnel a eu pour conséquence de donner un blanc-seing au social-libéralisme italien. A ce compte, la stratégie d’union à tout prix contre la droite s’est soldée par la dilution des partis communistes et un virage à droite de toute la société italienne.
 
 
L’ « hypothèse » communiste
 
        Mais la raison du succès du livre en milieu communiste tient aussi au fait qu’un penseur de l’envergure médiatique de Badiou – intellectuel français le plus lu à l’étranger – revendique le terme de communisme. L’on ne saurait pourtant louer un auteur pour le simple emploi d’un signifiant.
 
D’autant que le communisme selon Badiou se réduit à une « hypothèse », l’« idée pure de l’égalité ». Et notre auteur tient « absolument [à] distinguer cet usage du mot, du sens entièrement usé aujourd’hui, de l’adjectif ‘communiste’ dans les expressions comme ‘partis communistes’, ‘monde communiste’, pour ne rien dire de ‘Etat communiste’, qui est un oxymore auquel on a prudemment et logiquement préféré l’obscur syntagme ‘Etat socialiste’[sic]».
 
Et ce constat péremptoire n’est que le prélude à un long réquisitoire digne d’un inventaire à la Prévert : « Le marxisme, le mouvement ouvrier, la démocratie de masse, le léninisme, le Parti du prolétariat, l’Etat socialiste, toutes ces inventions remarquables du XXe siècle [sic], ne nous sont plus réellement utiles. Dans l’ordre de la théorie, elles doivent certes être connues et méditées. Mais dans l’ordre de la politique, elles sont devenues impraticables. »
 
Passons sur la figure imposée, par le ballet médiatique, de l’abjuration du marxisme. Il est savoureux de noter que le « communisme » de Badiou consiste ici à se poser gravement la question de l’utilité du mouvement ouvrier ou du parti du prolétariat pour « nous » (qui est ce « nous » ?) et non pour les ouvriers eux-mêmes. Il est vrai qu’il est en cela parfaitement cohérent avec le gauchisme bourgeois de 68. Ce rapport utilitariste avec le mouvement ouvrier ou la « masse » l’ayant manifestement déçu, Badiou, le héraut de « l’idée pure de l’égalité », peut désormais les jeter comme un kleenex, c’est-à-dire, selon ses propres termes, les cantonner à « l’ordre de la théorie » pour mieux leur retirer désormais le droit à l’expression politique. Ainsi se précise ce « nous » dont parle Badiou : le petit clerc qui joue au philosophe-roi dans la République platonicienne… des lettres.
 
En plus de faire table rase du communisme dans les formes qu’il a pu prendre jusqu’alors, Badiou prétend le réinventer da capo dans la solitude démiurgique du cinquième arrondissement, sous peine de tomber dans le stalinisme ou l’étatisme. Etatisme qu’il traque jusque dans le « crétinisme parlementaire » et les élections « piège à cons » puisque, en bon gauchiste, il conçoit la démocratie formelle non comme le produit imparfait d’un rapport de forces à un stade déterminé de l’évolution historique, mais comme une mascarade pure et simple. On l’aura compris : affranchie du mouvement ouvrier, la révolution doit rester un combat d’idées pures entre universitaires. Il ne reste plus qu’à prendre le maquis, dans la cour intérieure de la rue d’Ulm sans doute. Badiou n’a pas froid aux yeux ; il déclare crânement dans une interview[1] qu’à l’instar de Wittgenstein, le despotisme « ne le gêne pas ». Ajoutons que le ridicule non plus.
 
 
 
Jacquerie contre Sarkozy ?
 
Si l’on devait définir Badiou, au sens léniniste et historique, on emploierait le terme de « gauchiste », ce dont il ne se cache pas. Comme Onfray, Negri et tant d’autres, il est l’un des pondus de Deleuze, du nomadisme organisationnel et du spontanéisme antiparti. A quoi il ajoute de solides réflexes de garde rouge montant à l’assaut des cadres – tous pourris évidemment – de la longue marche. Sans oublier sa fascination, typique du petit clerc, pour la violence anti-intellectuelle (cf. son éloge passé des khmers rouges).
 
Mais de quoi Badiou est-il le nom ? D’un monde d’universitaires et de rentiers gradés de la République qui s’achètent une posture révolutionnaire sans se mouiller avec une organisation ouvrière. Histoire connue. Et c’est précisément le sarkozysme ambiant et sa répression sociale qui donne un surcroît de légitimité – et de confort ! – à cette posture qui permet de rester révolutionnaire dans l’idée pure en gardant les mains pures parce qu’on n’a pas de mains.
 
La sarkozysation force les professionnels du discours « oppositionnel » à se radicaliser. Ce discours étant déjà chez Badiou, à l’origine, une « idée pure », une « pure » abstraction, cette radicalisation fait ressortir de façon comique l’écart béant entre le discours et l’action pratique. D’où les rodomontades antiparlementaires sur fond de revival mao.
 
Mais ce qui aujourd’hui est particulièrement déplorable, c’est qu’on fasse un pont d’or à ces « théories » dans le parti et dans L’Humanité. « A la mesure avec laquelle l’esprit se satisfait, on peut mesurer l’étendue de sa perte », disait Hegel. Il ne s’agit pourtant pas là que de paresse intellectuelle, tant il est évident que les thèses de Badiou servent le clan des liquidateurs de notre parti, ceux qui, installés désormais – et c’est un comble – jusqu’au sommet de l’appareil, mijotent un congrès de Tours à l’envers. Il ne s’agit pas simplement de liquider l’organisation léniniste et les principes du Que faire ? dont l’efficacité n’était plus à démontrer. Il s’agit d’en revenir en deçà de Marx. Marx a passé sa vie à penser et à créer l’organisation. Il était membre lui-même de la Ligue des Communistes. Il ne proposait pas de pamphlets dans l’air du temps parés du terme de philosophie, mais l’étude scientifique des réalités concrètes. Or que nous propose-t-on ? Les coopératives de Proudhon ? Les phalanstères de Fourier ? La jacquerie contre Sarkozy ? Pour l’instant, tout ce que l’on constate, c’est que ces théoriciens du communisme du XXIe siècle n’ont d’autres projets que de faire marcher le mouvement ouvrier à quatre pattes.
 
Cette idée du communisme anti-parti n’est pas une théorie de plus dans la grande famille de la gauche. Ce n’est pas une option possible. C’est la négation même de notre parti, maintenant instillé au sein même de sa direction. Lénine disait à juste titre que le prolétariat n’avait qu’une seule force, son organisation. Après les défaites récentes, il s’agit donc désormais de prendre au prolétariat tout ce qui lui reste. Ce n’est plus le temps des assassins, comme disait Rimbaud, c’est celui des liquidateurs de tranchées.
 
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