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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 20:31
Un article de Pierre Laroche.

Visite impromptue du Président de la République au Centre d’entretien de la SNCF du Landy, à Saint-Denis,  le 26 octobre 2007, pendant la grève contre l’offensive du gouvernement et du MEDEF sur les « régimes spéciaux »  :
Un cheminot : « C’est la rue qui va parler »
Le président de la République : « Le choix de la rue dans une démocratie, ce n’est pas un  bon choix » 


(L'Humanité, 27 octobre 2007, p. 4)


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*
Question : la démocratie se résume-t-elle au résultat d’une élection tous les cinq ans ?

Ou bien est-elle une œuvre continue qu’il faut construire, développer et, bien souvent, défendre, dans les débats et conflits au sein des différentes instances qui, de façon diverse, touchent à la politique ou au politique ? Du Parlement au conseil d’université, à l’association de parents d’élèves, aux associations sportives, scolaires, artistiques, culturelles, professionnelles, aux syndicats et aux partis ?

Peut-on penser que tout cela soit indépendant de la vie sociale ? Faut-il dire que, entre deux échéances électorales, on ne peut qu’appliquer ce qui a été choisi à un moment des réflexions de la société, que toute autre initiative est suspecte de « déni démocratique » et est donc condamnable, pour reprendre les propos de Jean-Claude Gaudin , qui en disent long sur certaines pulsions répressives qui ressurgissent en cet automne 2007.

Quel rôle joueraient alors la réflexion et l’expérience sociale, les évolutions de l’économie, celles des rapports de forces au sein de la communauté concernée ? Parce qu’une majorité momentanée (et relative, compte tenu du taux s’abstention) a choisi un candidat ou une liste, les orientations majoritaires de ce vote, plus ou moins esquissées voire implicites, seraient intouchables, exclues de négociations, de modifications ou d’annulation ?

Et si ces changements ne sont pas perçus ni pris en compte, s’ils motivent des protestations de « la rue », faut-il, pour reprendre l’expression célèbre de Bertold Brecht, « dissoudre le peuple » ? A ce train, aucune expression publique de revendications n’est licite. C’est pourtant « la rue » qui a fait 1789 et le Front populaire. Mais peut-être ces exemples sont-ils un mauvais exemple.

« La rue » est une expression et un artisan de la démocratie : ne pas en tenir compte peut mettre en cause le pacte social qui permet à une collectivité de se développer dans la cohérence de ses contradictions. Un pouvoir qui s’enferme dans le refus de comprendre les raisons fondamentales de grèves puissantes, de protestations qui s’accumulent, sur le pouvoir d’achat, les retraites, la protection sociale, qui ne veut avancer que là où il l’a décidé, joue avec le feu.



Ces raisons conduisent aussi à examiner avec inquiétude la désinvolture apparente avec laquelle les dirigeants français annoncent l’adhésion de la France à une version nouvelle - mais pas tellement - du traité constitutionnel européen, rejeté il y a 2 ans par référendum par la France et les Pays-Bas : ils en minimisent les enjeux en parlant de « mini-traité » pour décider de sa ratification expéditive par la voie parlementaire. C’est ce qu’a confirmé François Fillon lorsque Marie-George Buffet a demandé en octobre lors des questions orales à l’Assemblée nationale que ce traité soit l’objet d’un référendum : la réponse a été qu’il n’y en a pas besoin puisque Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle, s’était prononcé pour une ratification parlementaire et qu’il a été élu. On ne peut que regretter – mais non s’en étonner - que certains dirigeants socialistes, comme Elisabeth Guigou, reprennent presque mot pour mot cet « argument ». Cette élection vaudrait donc approbation anticipée du traité « simplifié » par les Français avant même son élaboration, fruit de « l’intuition » du président de la République, selon la formule du premier ministre. L’objectif étant que la France soit « le premier pays à ratifier le traité » pour mettre fin à la « paralysie institutionnelle ».

Ils voudraient ruiner le sens démocratique des Français qu’ils ne s’y prendraient pas autrement : dès que les citoyens ont eu l’impression qu’il y avait de réels enjeux à leur vote, ils ont retrouvé le chemin des urnes. Veut-on dire qu’ils ont fait ce qu’on attendait d’eux et que maintenant, ils peuvent et doivent s’en remettre au Président de la République, à l’UMP et à une partie du PS ? Les sondages, c’est-à-dire une certaine expression de « la rue », disent d’ailleurs le contraire : les Français veulent un référendum. En effet, de deux choses l’une : ou ce traité dit la même chose que sa précédente version et il est possible que les Français aient changé d’avis, ou il est nouveau. Dans les deux cas, il faut savoir ce qu’en pense la collectivité nationale, compte tenu des enjeux, nationaux et internationaux.
Et donc, en revenir au projet de traité pour le soumettre à référendum.

*
Que contient donc de nouveau le texte maintenant soumis à ratification? Il y a sur ce point une divergence d’appréciation entre l’actuel président de la République et le « père » du traité, Valéry Giscard d’Estaing : ainsi, alors que Nicolas Sarkozy prétend que la nouvelle mouture a évacué le thème de la « concurrence libre et non faussée » comme critère de base des rapports au sein de l’Union européenne, Valéry Giscard d’Estaing observe que cette expression, retirée du nouveau traité à l’article 3, est restituée dans le protocole n° 6, qui se rapporte à  ce même article 3. Le même Giscard déclare que ce traité « simplifié » est « illisible » en certaines parties. En somme, il dit presque explicitement que Sarkozy trompe les citoyens français :  rien n’est changé sur le fond ; reste le caractère intangible de la Banque centrale européenne sur laquelle les organismes politiques n’ont pas prise, n’en ont pas le droit ; reste le principe fondamental de « l’économie de marché ouverte où la concurrence est libre » ; reste l’un des plus anciens – et des plus fondamentaux – principes de l’Union européenne : le respect de la libre circulation des capitaux.

Alors ? Alors, le  principal objectif, le seul sans doute, est de l’ordre de l’idéologie pour conforter l’acceptation d’une société et d’une Europe totalement asservie au « libéralisme » : effacer le Non de mai 2005, un Non motivé en France par une lecture critique dont les communistes ont été les initiateurs en France.

Tous les groupes représentés au Parlement européen sont favorables à ce texte et le PS européen appelle à « se battre pour que le traité soit partout ratifié ». Tous les groupes sauf celui de la Gauche unitaire-Gauche Verte Nordique qui s’y oppose « parce qu’aucune des critiques de fond qui avaient été exprimées sur le traité constitutionnel [en 2005] n’a été prise en considération », a déclaré son président Francis Wurtz.

La Commission européenne se réjouit déjà du fait que, grâce à Sarkozy, qui a simulé une attitude critique pour rassurer les Français, le traité soit sur le point d’être ratifié par tous les pays membres. Elle indique les chantiers où il faut approfondir les réformes : la flexsécurité, la modernisation (lire : l’affaiblissement et la privatisation) des entreprises publiques, la  modernisation de l’enseignement supérieur (en voie de privatisation plus ou moins avancée selon les pays), la gestion judicieuse des finances publiques (suppression des moyens humains et financiers des services publics), la création d’un « environnement dynamique pour les entreprises ».

Mais cela impose une stratégie de communication qui permette d’expliquer aux citoyens européens que c’est là le moyen « d’imprimer leur marque à la mondialisation ». Et on sent bien que c’est ici que le bât blesse : et si les citoyens européens ne se laissaient pas abuser par cette grosse opération de communication ?

En effet, « la rue » intervient, comme cela  a été le cas le 18 octobre dernier à Lisbonne où, alors que le sommet des chefs d’Etat adoptait le texte du nouveau projet de traité européen, 200 000 personnes se sont rassemblées « dans la rue » pour « une Europe sociale », n’en déplaise à ceux qui pourraient y voir un déni de démocratie. Comme elle interviendra à plusieurs reprises en France en ce mois de novembre si gouvernement et MEDEF s’arc-boutent sur leur volonté de faire triompher leurs grands principes d’une Europe « libérale ».

Comme elle interviendra pour obtenir un  référendum sur ce traité.

Signez l'appel: "Traité européen: nous exigeons un référendum"

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