Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

____________________


images.jpeg
DEMANDEZ L'HUMA !
Vous pouvez rencontrer les communistes du 5e arrondissement tous les week-end sur vos marchés. Ils y vendent l'Humanité Dimanche, y distribuent le 5e.communiste (leur journal) et  bavardent volontiers avec les passants.

Nous sommes tous les samedis à partir de 11h aux marchés de Port-Royal et tous les dimanches à la même heure au marché de la place Monge.

Recherche

Nous contacter :

Parti communiste français

42, rue Mouffetard

75005 Paris

Tél. : 01 43 37 44 19

section.pcf5@gmail.com

2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 11:16
mairie-du-veme-arrondissement.jpgLes communistes parisiens négocient actuellement avec le PS la possibilité de listes communes à Paris dès le premier tour des élections municipales : une gauche unie pour affirmer son opposition à la politique de la droite et son refus de la voir revenir aux affaires à Paris.

Pour gagner, la gauche doit défendre une politique de gauche, capable de reconstruire un Paris populaire où chacun puisse vivre et travailler. Dans cette perspective, toutes les alliances ne sont pas acceptables. Le PS doit se garder des tentations centristes : c’est quand la gauche oublie le peuple pour lorgner sur les scores de la droite qu’elle perd.

Christian Saint-Étienne, ancien candidat du Modem dans notre arrondissement, se déclare « disponible » pour participer à une liste aux municipales. Espérons qu’il est clair pour tout le monde qu’un ancien candidat du Modem, fervent défenseur du libéralisme économique, n’a sa place que sur une liste de droite, au premier comme au second tour.
Partager cet article
Repost0
28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 14:05
Était-il au moins exonéré de la taxe de télévision ?

Au plus dur de l’hiver, quand (alors que, légalement, pour des raisons de simple décence citoyenne, on ne peut plus expulser les locataires) les sans abri sont virés de leur tente au petit matin et logés pour une nuit ou quelques jours, on apprend que M. Bolufer, jusqu’à ce jour directeur du cabinet de la ministre du Logement, loue depuis plus de 20 ans pour moins de 1200 € par mois un appartement de 190 m2 dans notre arrondissement, quitte à le sous-louer pendant les années où il a occupé un logement de fonction.

On veut bien le croire quand il rappelle qu’il n’est pas le seul à bénéficier de cet avantage. Mais cela n’atténue ni sa fraude ni les multiples scandales qui tournent autour des questions du logement, dans notre pays: sans abris, logements inhabitables, insalubres, loyers exorbitants... au nom « d’une France de propriétaires » comme dit le Président, il ne fait pas bon être sans abri ou locataire d’un logement social.
Partager cet article
Repost0
27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 13:57
Article rédigé par Charline

undefined


Privatisation du logement social, démantèlement de son système de financement, spéculation immobilière : le logement va mal !


Après le travail précaire, le logement précaire !

« Je ne veux plus d'une situation où les pauvres n'accèdent pas aux logements sociaux parce que ceux qui [les] occupent peuvent y demeurer à vie, quelle que soit l'évolution de leurs revenus ». N. Sarkozy vient de l’annoncer : tous les trois ans, la situation des locataires des HLM sera passée au crible pour débusquer les potentiels abus. Une fois de plus, le gouvernement a décidé d’opposer entre eux les plus démunis : personnes en attente interminable de logement et locataires de  HLM  « nantis ». Cette anecdote (1), si inutile soit elle, est pourtant l’occasion de se poser les « vraies » questions.

Qui sont ces « nantis » que Sarkozy entend débusquer ? Des gens qui par exemple, après une vie de labeur auraient accumulé un magot tel qu’ils dépasseraient les plafonds de ressources donnant droit à un logement social, des gens qui paient chaque mois leur loyer, depuis des dizaines d’années, pour un modeste appartement dans un quartier dans lequel ils ont tissé leur réseaux de relations ?…Là où des vies entières se sont construites, les expulsions se font d’autant plus inhumaines.

Quel est le rôle des habitations à loyers modérés ?

Un habitat, certes économique, mais comme les autres, qui s’adresse au plus grand nombre ? Ou un logement social pour « cas sociaux », déjà largement déserté par les classes moyennes, et bientôt réservé aux plus pauvres : travailleurs précaires, familles étrangères, mères célibataires…? C’est vrai : il manque des logements sociaux ; c’est vrai : d’autres, encore plus démunis, ont eux aussi cruellement besoin d’un logement…pourtant, le risque est grand, à vouloir faire des HLM le logement des seuls plus démunis, de créer de véritables ghettos de pauvres.

Et pourtant, les effets pervers de la ségrégation résidentielle sont plus que sensibles : fractures scolaires, professionnelles, ethniques, .mais aussi fracture dans le débat démocratique : à quoi aboutit cette ségrégation sinon à un centre qui s’étonne de ne « plus comprendre » ses périphéries qu’il a rendu « aphones » ?

La ségrégation sociale aboutit à une impasse.

Que fera le gouvernement quand il aura encore plus ghettoïsé ses banlieues ? Il démolira (en oubliant de reconstruire au passage) ? Faire peser toutes les responsabilités sur le béton, parce qu’on a renoncé à agir sur le reste : l’humain, c'est-à-dire l’éducation, l’emploi, la santé, l’accès à la culture. Une fois les murs à terre, les difficultés sociales s’en iraient-elles elles aussi en poussière ?... Et que dire de la ghettoïsation inverse, celle qui rend les centres villes inaccessibles à la majorité de la population ? Le cinquième arrondissement en est une illustration flagrante : l’arrondissement grouille d’universités, pourtant les étudiants fuient le quartier du fait de loyers excessifs. Et avec ses étudiants, c’est une grande part de son identité que le cinquième est en train de perdre…

La société française est « fracturée », nous dit-on ; une chose est sûre, elle ne se connaît et ne se comprend pas. Ce qui fait qu’aujourd’hui un gouvernement arrive à faire passer les plus démunis (bénéficiaires des minimas sociaux, immigrés, chômeurs, travailleurs pauvres,…) pour des « nantis » sans que personne se révolte.

Voilà pourquoi il est urgent de mettre fin aux politiques actuelles qui mènent droit dans le mur la société française : spéculation immobilière qui rend les loyers inaccessibles, privatisation du logement social (2), démantèlement du système de financement des logements sociaux avec la banalisation du livret A. Alors même que la récente crise des subprimes américaines vient nous rappeler l’intérêt d’un système de financement du logement social stable et sûr, à l’abri des aléas du marché.

Le logement est un droit, pas une marchandise !

À une politique du logement axée sur la ghettoïsation, le PCF oppose une politique mettant en avant la mixité sociale Avec un blocage des loyers, une interdiction des ventes à la découpe et, notamment sur Paris, l’objectif de passer à 30% de logements sociaux. C’est aussi un véritable service public du logement que le PCF entend défendre. Un service public du logement ouvert à tous, sans conditions de ressources, mettant la participation de tous les acteurs du logement - en premier lieu les citoyens -  au cœur de son fonctionnement pour définir et contrôler les politiques locales et nationales de l’habitat. Ce service serait un outil efficace pour une nouvelle politique de la ville, permettant à chacun d’habiter où il le souhaite et à proximité de son lieu de travail.

1 . D’après le rapport de Valérie Létard (secrétaire d’État à la Solidarité), seulement 4 % des locataires de HLM dépassent les plafonds de plus de 20 %.

2. Début 2008, un nouveau dispositif sera proposé aux investisseurs privés. En échange d’avantages fiscaux conséquents, les investisseurs pourront faire construire des logements dont les niveaux de loyers et de ressources des locataires seront déterminés pour une durée de quinze ans. On est alors en droit de se demander ce qui adviendra quand le conventionnement de quinze ans arrivera à terme…

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 15:17
La Ville de Paris l’accuse de ne plus payer les loyers de sa permanence, installée dans des locaux municipaux. N’était la trêve hivernale… Jean Tiberi (car c’est de lui qu’il s’agit) et ses compagnons UMP du Ve arrondissement se retrouveraient à la rue.


Cette situation cocasse est révélée par le « Canard enchaîné ». L’accusation scandalise notre homme : il a seulement refusé « l’augmentation indue des loyers en 2006 » et veut continuer à payer son loyer. Quand même pas au tarif qui lui avait été fixé du temps béni où le maire de Paris s’appelait Jacques Chirac : 100 F, soit une quinzaine d’euros par mois, de 1976 à 2002. En 2002, le loyer est porté, avec l’accord de Jean Tiberi, à 1100 € par mois.

Depuis 2006, la Mairie de Paris a revu ce chiffre à la hausse pour tenir compte des prix du marché et elle refuse d’encaisser les sommes versées par Jean Tiberi, arguant que « toutes les permanences politiques installées dans des locaux municipaux ont vu leur loyer augmenter, car c'est la loi qui impose de nous aligner sur les prix du marché. Un loyer inférieur pourrait être assimilé à un don politique, ce qui est interdit à une collectivité. »
Depuis juin 2006, la ville demande donc 25 375 € annuels à Jean Tiberi pour sa misérable permanence de 145 m 2 proche du boulevard Saint-Marcel. Ce qui met le m2 à 14,5 € par mois dans un des arrondissements les plus chers de la capitale (30 € le m 2 en moyenne).

La Mairie de Paris a assigné Jean Tiberi devant le tribunal la semaine dernière, lui demandant de libérer le local municipal et de s'acquitter de 3 000 € par mois (depuis juin 2006) à titre d'indemnisation. On attend avec curiosité le jugement prévu pour janvier 2008.



Jean-Tiberi expulsé de sa permanence

envoyé par France3Paris


Partager cet article
Repost0
19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 09:41

Lorsqu'à l'Assemblée Nationale, M. Kouchner, socialiste rallié à la politique sarkoziste, est venu chanter les louanges du nouveau Traité européen, une seule voix s'est élevée pour demander un référendum : celle du député communiste Jean-Paul Lecoq. Quand nos représentants veulent faire notre bien malgré nous, et refusent d'entendre nos voix, c'est la démocratie qui est menacée. Extrait des débats.

M. Jean-Paul Lecoq -
Si l'Europe est toujours une « belle idée », elle s’est construite jusqu'à présent exclusivement contre les intérêts des peuples, pour favoriser le capitalisme mondialisé.

Plusieurs députés du groupe de la gauche démocrate et républicaine - Eh oui !

M. Jean-Paul Lecoq - En 2005, par référendum, les peuples français et néerlandais ont rejeté le projet de constitution européenne. Pourtant, on nous impose un « traité simplifié ». Apporte-t-il des réponses aux questions sociales qui furent au coeur des débats sur la constitution et qui reviennent dans toutes les confrontations politiques ? Aucune ! La méthode consiste à faire semblant de modifier les règles du jeu sans rien changer en profondeur, à maquiller les apparences pour mieux faire passer l'essentiel. Permettra-t-il de changer la vie des peuples ? Non, puisque le droit de la concurrence reste le socle juridique de référence des traités et que les références à la charte des droits fondamentaux ou aux services publics ne masquent pas les objectifs affichés, tendant à une libéralisation toujours plus poussée.

Je le dis solennellement : la voix du peuple français a été bafouée, comme celle des autres peuples européens (Applaudissements sur les bancs du groupe de la gauche démocrate et républicaine). C'est la démocratie même qui est menacée.

Lire la suite...

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 20:08
Boycotter les Jeux Olympiques de Pékin ?
Asor Rosa et l’idéologie de la guerre, par Domenico Losurdo.


HPIM6151.jpg

Article publié sur le blog de Caïus Gracchus

Q
uand me sont arrivées les premières informations sur l’invitation d’Alberto Asor Rosa à boycotter les Jeux Olympiques, j’ai pensé que c‘était les Jeux de Londres de 2012 qui étaient dans le collimateur. En effet, tout aussi discutable est leur assignation à un pays qui depuis des années se distingue par la violation de la charte de l’ONU et qui, pour finir, s’est rendu responsable, aux côtés des Etats-Unis, de l’agression contre l’Irak. La catastrophe qui en est dérivée est sous les yeux du monde entier : les victimes civiles se comptent par dizaines ou centaines de milliers, les réfugiés par millions ; répugnante est l’insulte aux droits de l’homme qui est en acte à Abou Ghraib ; déjà rejeté des décennies en arrière, le pays risque à présent le démembrement.

Les Jeux Olympiques de Pékin et ceux de Londres

Et ce n’est pas fini. Pour rester au Moyen-Orient, l’ombre menaçante de l’invasion ou des bombardements couvre maintenant la Syrie et l’Iran, alors qu’est évoqué le spectre de la « troisième guerre mondiale » sans exclure le recours à des armes nucléaires plus ou moins « tactiques » : le tout grâce à la politique non seulement de Washington mais aussi de Londres. Etait-il vraiment nécessaire de récompenser avec cette assignation des Jeux, qui devraient être synonymes de convivialité pacifique entre nations, une capitale qui se distingue par son arrogance impériale et sa politique de guerre ?

J’ai lu ensuite l’article publié sur La Repubblica du 16 octobre : non, Asor Rosa n’en a qu’après les Jeux de Pékin, et brandit la menace de leur boycott en ressassant tous les lieux communs de l’idéologie dominante. L’extraordinaire effort d’un pays, qui dans une courte période de temps a assuré le droit à la vie à des centaines de millions d’hommes, est dédaigneusement liquidé comme la « machine du développement et de l’exploitation économique » mise en marche par sa « structure centraliste et autoritaire ».

Lire la suite sur le blog de Caïus Gracchus...
Partager cet article
Repost0
14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 21:10

20novembre0794.jpg
Intervention de Catherine Mills (Paris 5ème) à l'Assemblée Nationale des communistes (8 et 9 décembre)
Cette intervention n'a pas pu être prononcée faute de temps.


Avec le puissant mouvement social sur les retraites monte l’exigence d'une tout autre réforme. Le PCF est attendu, pas seulement pour soutenir le mouvement, nos propositions, quand elles sont mises en avant, pour montrer qu'un autre financement est possible : cotisations sur les revenus financiers des entreprises,  accroissement des cotisations patronales à partir du développement de l'emploi et des salaires, sont utiles et réclamées. Oui le PCF est indispensable pour organiser la riposte globale à Sarkozy, démonter son appareil idéologique, opposer une contre cohérence de progrès  au déferlement des contre-réformes hyper libérales. Ce qui est en jeu, c'est la casse de tous les acquis de 1945 (sécurité sociale, services publics, ....) et la construction d'une société individualiste, inégalitaire, de mise en concurrence destructrice.

Cela exige pour le PCF des avancées théoriques comme sur le plan des propositions, de travailler à un front de débats et de lutte pour construire l'avenir. Cela nécessite un grand travail de réflexion pour un projet et une visée communiste de notre temps, une nouvelle civilisation de partage.

Cela impliquerait une novation, une transformation profonde du PCF. Oui le PCF a de l'avenir, même si évidemment nous sommes conscients de la gravité de la situation.

Ce qui monte de façon très majoritaire dans les assemblées de sections, c'est l'attachement à  l'existence du PCF. Il faut donc que le mandat demande de ne pas fermer le débat , et pour cela demande de ne pas s'engager dans un processus de construction d'une nouvelle formation. Ce qui signifierait la dissolution et la dilution du PCF dans un ensemble hétéroclite qui tirerait dans tous les sens, et qui conduirait à la paralysie et au déchirement.

En même temps, monte l'exigence de la transformation radicale du PCF, on ne peut continuer comme ça. Ce qui ne  signifie pas faire table rase de nos acquis anciens et nouveaux et du besoin de les enrichir.

Cela exige, et c'est réclamé par les assemblées de sections, un rôle décisif de la formation, pour que chaque communiste puisse intervenir
-- cela exige une nouvelle une nouvelle démocratie d'intervention pour chaque communiste. Il y a des propositions très novatrices dans les assemblées de sections, appuyons nous dessus.
au niveau de la direction de  notre parti
-- il n'est pas possible que chacun « chemine » de son côté, que le PCF soit en questionnement permanent, que l'on sème le doute sur son existence alors qu'il y a des luttes à mener, des élections,... Quelle image désastreuse que ces dirigeants qui vont s'étaler devant les  communistes  ou dans la presse en expliquant qu’on est nuls, qu’on s’est toujours plantés, sans se remettre en cause.

Nous ne voulons pas que l'on ferme le débat en engageant de fait un processus de construction d'une nouvelle formation.

En effet cela signifierait la dissolution, la paralysie, le déchirement. Cela doit être dit nettement dans le mandat. Il faut  respecter le choix majoritaire des communistes.

Il y a tellement besoin du PCF, un PCF qui se transformerait profondément, un PCF utile, visible, qui se bouge, afin de contribuer au développement des luttes, des alternatives pour redonner l'espoir et construire l'avenir.

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 00:25
Une contribution de Pierre Laroche

Les années 70 ont été marquées par des avancées sensibles des mouvements de libération, notamment au Vietnam, bien sûr, mais aussi, sous d’autres formes et sur d’autres objectifs de libération, aux Etats-Unis et en Europe. On peut quand même dire que l’on a ressenti comme un point d’orgue symbolique la fuite sans gloire des Américains réfugiés sur le toit de leur ambassade à Saïgon le 29 avril 1975, devant la guerre des Vietnamiens pour leur indépendance.

Point d’orgue mais aussi point de rebroussement.

Car il y a eu de la part des classes dirigeantes des réactions diverses, économiques, financières, politiques, militaires, appuyées ou liées à une réponse idéologique diverse, certainement pas univoque, probablement pas entièrement concertée, mais puissante et parfois violente. Nous avons alors parlé de « guerre idéologique », de « contre offensive de l’impérialisme » : expressions contestées au sein du parti et en dehors, contestables peut-être. Toujours est-il que les idéologies conservatrices ou rétrogrades ont, sans nul doute, pesé face aux aspirations libertaires, pour faire revenir dans les consciences des idées hostiles à des transformations révolutionnaires.

Dans l’église catholique, face aux orientations du Concile Vatican II (1962-1965) et à la théologie de la libération en Amérique du sud, la Congrégation Propaganda Fide rejette la théologie de la libération en 1984-86 à l’initiative de Jean-Paul II (élu pape en 1978) et du cardinal Ratzinger, au motif que cette réflexion d’une partie importante des catholiques et du clergé d’Amérique du sud liait la question de la rédemption à l’engagement politique et à la violence contre les dirigeants politiques et économiques. Le pape et son futur successeur reconnaîtront d’ailleurs que cette approche pouvait comporter des éléments positifs. Mais ils lui ont fait cette concession dans les années 90, quand elle avait été très affaiblie.

En 1976, l’Internationale socialiste, à son congrès de Genève, décide que ses forces devront être présentes partout où il se passe quelque chose. Selon le mot d’ordre de ce congrès : lutter contre le capitalisme exploiteur et contre le communisme d’Etat et de parti unique.

En 1968 naît le Club de Rome, qui soutient l’objectif de la croissance zéro, en réaction contre la « culture » de la consommation.

En juin 1972, David Rockefeller, rapidement rejoint par Zbigniew Brzezinski, conseiller politique au Département d'État, qui deviendra en 1977 conseiller du Président des Etats-Unis Jimmy Carter, avance le projet de ce qui va devenir la Commission Trilatérale, officiellement créée à Tokyo le 1er juillet 1973 et à laquelle participèrent, sauf erreur de ma part, Raymond Barre et Valéry Giscard d’Estaing. En 1977, dans sa Présentation de la Trilatérale par la Trilatérale, cette commission se présente comme « une organisation orientée vers la prise de décision » entre les « démocraties industrielles », définies comme « une communauté ayant son identité propre et constituant un enjeu vital ». Le document précise que le système de l’après-guerre est dépassé («une puissance était prédominante - les Etats Unis - tandis que les autres lui sont étroitement associées ») et qu’il est nécessaire de « promouvoir un ordre international plus équitable », en mettant en place un « travail en commun entre les régions trilatérales, la Commission devant générer le contexte favorable à la concrétisation de cet effort». Ce qui confirme qu’il y a des contradictions internes au capitalisme, y compris au plan de l’idéologie et qu’une certaine tendance du réformisme, axée sur l’hypothèse d’un rôle de l’Europe comme contre-poids, était encore crédible. Mais en 1981, Ronald Reagan est élu président des Etats-Unis et va s'attacher à réaffirmer le leadership américain.


La double question que je veux poser est la suivante : les reculs mondiaux des forces de libération et de leurs idées sont-ils dus uniquement aux faiblesses et aux erreurs de ce qu’on a appelé le « camp socialiste » et notamment des dirigeants soviétiques, auxquelles se sont ajoutées les erreurs des partis communistes occidentaux, par suivisme, manque de créativité, perte du contact avec les évolutions politiques et économiques ? Ou bien, le durcissement politique du capitalisme dans le domaine idéologique à partir des années 70 n’a-t-il pas lourdement pesé sur l’histoire du monde et n’a-t-il pas largement contribué à la dynamique qui a conduit au monde actuel ? Regroupant les deux ensembles de questions : avons-nous bien fait face à cette bataille idéologique (culturelle, dans un sens large du mot), ne l’avons-nous pas sous-estimée ? Avons-nous su être sur ces terrains ?

En bref, n’avons-nous pas sous-estimé la place de la lutte idéologique, alors comme aujourd’hui ? Ainsi, dans nos analyses de ce qu’on peut appeler des erreurs ou même des crimes des pays du camp socialiste, après les avoir couverts, nous ne les avons pas analysés fondamentalement, mais condamnés sur un plan moral, ce qui n’est pas rien mais n’épuise pas la question.

N’accablons pas les camarades qui raisonnaient jadis en termes de « camps », un concept né des modalités de la fin de la guerre (accords de Yalta) et qui, en 1956, voyaient disparaître une « démocratie populaire », apprenaient que les hobereaux hongrois préparaient leur retour, qu’on pendait des communistes à Budapest, qu’à Paris on brûlait le siège du PCF alors situé au carrefour Kossuth (alors carrefour de Chateaudun). Ils y voyaient donc une régression du « camp socialiste ».

Quant à l’intervention soviétique en Afghanistan en 1979, elle était motivée par des raisons difficilement acceptables, de politique de grande puissance, colonialiste pourrait-on dire, dans la situation de la guerre froide. Mais il existait aussi d’autres éléments d’explication : la certitude – hélas confirmée – que l’Afghanistan risquait non seulement d’être déstabilisé, mais de régresser vers un Etat confessionnel médiéval, répressif, avec en particulier des mesures anti-féminines comme la lapidation.

Nous avons ensuite dit qu’on ne construirait pas le socialisme sans et encore moins contre la démocratie, sans peut-être définir suffisamment ce terme, mais c’était quand même un véritable pas en avant..

Mais nous avons aussi dit que les erreurs tenaient à ce qu’on n’avait pas compris qu’on ne peut exporter la révolution et la démocratie. Pourtant, nous avions une expérience en la matière : les Français l’ont fait en Italie à la fin du XVIIIe. L’export de la démocratie, les USA s’en prévalent partout, et nous l’avons approuvé dans le cas de leur participation à la défaite du nazisme. Il y a eu d’autres cas, différents : les Brigades internationales en Espagne, l’intervention vietnamienne pour libérer le Cambodge du régime de Pol Pot. Pouvait-on aller jusqu’au « devoir d’ingérence » ? Est-il exact que les Vietnamiens ont refusé le renouvellement de l’expérience espagnole des Brigades internationales dans leur guerre de libération contre les Américains. Mais la contre-révolution s’exporte : au Viet Nam, en Amérique latine, à la Grenade, en Afghanistan, en Irak, j’en oublie et la liste n’est hélas pas close.

Pour ce qui est de l’exportation de la Révolution française en Italie, elle me ramène à mon propos. Cela n’a pu se faire de façon durable que parce que le XVIIIe siècle italien (notamment en Lombardie, mais aussi à Naples) a été très fécond en réflexions sur l’Etat, le pouvoir, l’équilibre des pouvoirs, la place du « peuple » : des soulèvements ont éclaté dans divers Etats italiens, indépendamment de l’intervention française. Ici, la bataille des idées a conditionné la suite. La philosophie des Lumières était tellement liée à la France pré-révolutionnaire que, lorsque est sorti en Italie et en italien le livre de Cesare Beccaria Des délits et des peines, on a dit en Italie que c’était forcément la traduction italienne d’un ouvrage français (c’était faux, évidemment). L’intervention française a quand même, sinon exporté, du moins contribué à la diffusion des idées de la Révolution, de la transformation politique (et sociale jusqu’à un certain point, mais cela nous entraînerait trop loin. Albert Soboul a dit, selon moi, l’essentiel sur cette question).

Il n’y a pas à faire le procès de qui que ce soit. Nous avons fait beaucoup de choses et nous avons obtenu des résultats. Mais maintenant comme en d’autres périodes, ne sommes-nous pas en deçà des besoins en matière de réflexion théorique (je suis réticent devant l’adjectif « idéologique » en ce cas : le marxisme n’est pas une idéologie, mais une théorie matérialiste de la transformation révolutionnaire du réel) : ne restons-nous pas souvent sur l’immédiat et le conjoncturel ? Pour prendre, pas tout à fait au hasard, un exemple proche et concret : pendant ces dernières semaines de luttes, nous avons pris, tant bien que mal, la défense des travailleurs des entreprises publiques, des étudiants et des lycéens, nous avons été à leurs côtés. Mais avons-nous été assez été offensifs sur les  idées à faire reculer et celles à faire avancer : nous n’avons sans doute pas suffisamment mis en cause le capitalisme, nous n’avons pas fait reculer la résignation à sa domination, nous n’avons pas assez fait progresser le refus de l’exploitation. Nous avons accusé le personnel politique, nous avons dénoncé la politique du pouvoir, sans doute pas assez le MEDEF, et  pas explicitement le système économique et social. Nous avons eu une condamnation morale à propos des augmentations des  indemnités  des parlementaires et du président de la République en les mettant en parallèle avec les baisses du pouvoir d’achat des travailleurs. C’était justifié, mais partiel, presque anecdotique, au vu des enjeux, au vu des cadeaux, fiscaux et autres, faits aux classes possédantes, aux grandes entreprises privées, au capital financier : ces phénomènes ne sont pas en parallèle, ce qui va de pair ce sont l’exploitation du travail et la montée fabuleuse des profits, de moins en moins liés à la production mais à la spéculation financière.
   
La place de l’idéologie a été  très spectaculaire ces dernières semaines. Sarkozy a été relativement discret, mais les ministres se sont succédés à la radio et à la télé. Et surtout l’information radio et TV a été massive, avec la reprise constante, jour après jour, de thèmes et de termes agressifs contre les grévistes, avec des détournements du sens de certains mots : réforme (qui prend le sens de retour au passé), privilégiés, preneurs d’otages. On a truqué une lettre de Guy Môquet, on en a détourné le sens politique pour en faire un texte familial et nationaliste. On a tronqué une citation de Maurice Thorez sur la fin des grèves (ce n’est pas la première fois). Les auditeurs ont été lourdement sollicités, les micros-trottoir et les micros-métro ont rivalisé d’ardeur pour œuvrer à des sondages défavorables aux grévistes : si l’on demande ce qu’il pense des grèves à quelqu’un qui doit conduire son enfant à l’hôpital, à quelqu’un qui a un rendez-vous pour trouver un emploi, bien sûr qu’il est dans les meilleures conditions pour dire qu’il n’en peut plus. Les questions sollicitent des réponses qui correspondent à l’attente du questionneur. On ne peut nier, a priori, toute valeur scientifique aux sondages. Il y a des organismes sérieux (l'INSEE) où travaillent de vrais scientifiques, sociologues, statisticiens, etc… Mais on ne peut nier non plus que toute démarche scientifique est sous l’emprise de l'idéologie.

Le sens du mot « idéologie » est lui-même détourné : à entendre le discours dominant, l'idéologie est une maladie qui caractérise la gauche marxiste. On confond idéologie et adhésion à une finalité politique. Alors que c'est l'approche non scientifique du réel, à laquelle on recourt, inconsciemment en général, pour expliquer ce qu'on n'a pas la capacité théorique d'expliquer scientifiquement (je ne porte pas là  une accusation de stupidité, c’est l’état des connaissances actuel et futur : la connaissance, en aucun domaine, n’est jamais achevée : parlez aux physiciens de la théorie des quantas en optique, ou même de la relativité einsteinienne). C’est donc un processus inconscient (du moins en partie) et, comme personne n’a le savoir absolu (et personne ne l’aura jamais), elle est le fait de tout un chacun.

Ainsi, nos scientifiques de l'INSEE introduisent (peut-être pas toujours inconsciemment, je l'accorde) leur propre vision idéologique du monde et, en l'occurrence : du monde des opinions, dans une analyse qui se prétend et se veut scientifique. Ils posent leurs questions à des gens qui répondraient autrement si quelqu'un (eux-mêmes éventuellement) les leur posait autrement. Toutes les sciences, et pas seulement les sciences humaines, sont pleines de ces ambiguïtés et de ces erreurs, et pas seulement les  théories de Lyssenko. « Le soleil tourne autour de la Terre, centre de l’univers» : c'était de l'idéologie (et malheureusement, ça existe encore avec des prétentions scientifico-bibliques). La théorisation du changement climatique contient sans doute une large part idéologique !

L'idéologie est porteuse de l'histoire, notamment par la langue, surtout les idéologies de la classe dirigeante : qu’on pense à la main-mise du masculin sur la grammaire française, mais aussi sur la lecture de l’histoire, quand on parle de Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, en oubliant Olympe de Gouges et la Déclaration des Droits de la Femme. Dans un autre domaine : quelles raisons – plus ou moins conscientes – ont-elles présidé à l'unification linguistique de la France par extinction des cultures et langues régionales, populaires ? C’étaient même sans doute des raisons qui avaient leur justification dans la volonté d’unifier la Nation : dans le domaine idéologique aussi, les contradictions existent. L’ensemble de l’appareil d’Etat est pour une part importante composé d’appareils idéologiques : la justice, l’enseignement à tous les niveaux, la recherche dans toutes les disciplines, la politique étrangère, l’économie, le tourisme, etc… Mais, comme tout objet social, il est soumis à des contradictions, qui tiennent :

1/ à ce que ses différents composants sont faits de strates idéologiques qui remontent ( c’est particulièrement vrai pour le droit et l’enseignement) à la Rome antique, en passant par la domination chrétienne puis le siècle des Lumières, la Révolution, l’Empire avec le Code civil mais aussi la restauration de l’esclavage, puis le « grand siècle » (« je veux dire le XIXe », disait V. Hugo) et sa marche vers la laïcité, etc…

2/ à la présence en son sein d’individus porteurs d’expériences sociales différentes, de classes sociales différentes et antagonistes.

Ces quelques réflexions me semblent appeler à un renouveau du travail des communistes sur les idées, en essayant de ne pas trop tomber dans l’idéologie. Mais ne soyons pas paralysés par cette crainte : l’idéologie se glisse partout, dès qu’on parle ou qu’on écrit.




Partager cet article
Repost0
9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 19:07
1989-10-octobre-PCF-Je-n-ai-pas-la-tete-a-me-resigner.jpg
Voici l'intervention que Cécile, déléguée du PCF 5e à l'Assemblée Nationale Extraordinaire des communistes qui a eu lieu ce week-end, aurait aimé prononcé. Sa demande d'intervention n'a malheureusement pas été retenue... à défaut d'être publiée dans Communistes, la voici donc sur le blog du 5e !


Dans la section du 5e, nous sommes nombreux à avoir adhéré au PCF récemment. Notre activité militante a beaucoup progressé ces dernières années, et dans le contexte actuel de luttes, en particulier dans les universités, il est évident pour nous que le PCF est non seulement utile, mais nécessaire.

Cela ne nous empêche pas de formuler beaucoup de critiques et d’exigences vis-à-vis de notre parti : nous voulons être formés, et nous trouvons que l’offre de formation et très insuffisante. Mais surtout nous voulons être véritablement impliqués dans les décisions : la démocratie ne peut pas se réduire à des consultations à répétitions sur des bulletins incompréhensibles et alambiqués !

J’ai adhéré il y a un an au PCF sans même m’interroger une seule seconde sur la question de la démocratie au sein du Parti. Aujourd’hui je lis le mandat et un tas de choses m’échappent…Aucune position claire, seulement des discours politiciens. Beaucoup de « je suis contre » ou « ça ne peut plus durer » mais aucune position précise sur les véritables desseins de certains. Dans ces conditions, il est dangereux de voter un mandat flou et ambigu, laissant ouvertes trop de portes sans aucun garde-fou. La souveraineté des militants communistes passe par la clarté du mandat donné ce week-end à notre direction.

Trop de passages semblent vouloir tout dire et son contraire. Si nous ne voulons pas nous diviser demain sur l’interprétation de ce mandat, nous devons faire des choix clairs dès aujourd’hui. Ainsi que signifie « ne fermer aucune piste », « n’exclure aucune hypothèse » ? Est-ce que cela veut dire le CN peut engager dès demain un processus de dissolution du PCF et de création d’une nouvelle organisation, malgré l’attachement majoritairement exprimé par les communistes à leur parti ? Pour créer les conditions d’un débat serein, ne faudrait-il pas au contraire dire dès maintenant que nous ne voulons pas donner carte blanche pour ce type d’ »expérimentation » ? Le point 5) pose aussi problème : « Il s’agit de permettre la réflexion et l’expérimentation (amis cobayes bonjour !) sur la façon dont les rassemblements peuvent s’élargir, s’approfondir et construire ainsi durablement des rapports de forces favorables à l’émancipation humaine ». Mais les vrais problèmes ne sont pas évoqués : avec qui on se rassemble ? qui sont ces forces ? pour quoi ? dans quel cadre ?

On « imagine », on « chemine », on « actualise la notion de communisme », on « vise », on « invente », on « métamorphose »… Derrière les mots se cache tout et son contraire !

Comment sans un mandat clair et rédigé sans circonvolutions inutiles, pourrions-nous demain défendre un projet affirmé et offensif ? Comment prendre toute notre place au sein des mouvements sociaux ? Comment s’adresser aux gens ? retrouver un mode d’échange franc et sincère si on ne sait pas, aujourd’hui ce que porte le projet communiste ? Comment être militant convaincu si la confiance en la direction du parti est rompue ? Si l’information ne circule plus, si le débat est biaisé ?

Le Parti est ses militants. Il n’est pas une « chose » indépendante qui évoluerait au gré des humeurs de quelques uns. La partition n’est pas écrite par les uns pour être jouée par les autres ! C’est dans la participation pleine et entière de chaque militant à la vie du PCF que se construit le projet communiste. Les orientations et les choix qui sont pris doivent émaner de lui. C’est pourquoi j’espère que pourra apparaître plus clairement dans les décisions de l’AGE notre volonté de modifier et de démocratiser le fonctionnement du PCF. Notre section a fait quelques propositions en ce sens. En particulier, nous pensons que le prochain Congrès devra choisir une direction renouvelée, réduite et en adéquation avec les orientations décidées par les militants.

Je suis communiste et fière de l’être.  Aujourd’hui, les universités se battent et je me bats en tant qu’enseignante-chercheuse précaire pour préserver la culture du savoir et de la connaissance. Et pourtant en AG, est-ce que les étudiants, les personnels voient une communiste à leur côté ? est-ce qu’ils veulent une communiste à leur côté ? Les communistes ont une place dans ce combat, mais le message que nous portons n’est pas clair. Alors travaillons ensemble à prendre les décisions qui nous permettront d’apporter quelque chose aux luttes, et qui nous donneront envie de nous mobiliser.

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 08:39
De l'utilité des députés communistes...

2006-04-03-002nb.jpg


PROPOSITION DE LOI
relative à l’abrogation de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités,


PRÉSENTÉE PAR M. Pierre GOSNAT, Mme Marie-Hélène AMIABLE, MM. François ASENSI, Alain BOCQUET, Patrick BRAOUEZEC, Jean-Pierre BRARD, Mme Marie-George BUFFET, MM. Jean-Jacques CANDELIER, André CHASSAIGNE, Jacques DESALLANGRE, Mme Jacqueline FRAYSSE, MM. André GERIN, Maxime GREMETZ, Jean-Paul LECOQ, Roland MUZEAU, Daniel PAUL, Jean-Claude SANDRIER et Michel VAXÈS, députés.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Notre pays connaît une longue mobilisation étudiante et lycéenne, pour refuser la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Par la mise en concurrence des universités et des étudiants, cette loi vise à détruire les fondements du système éducatif français. Nous en demandons donc l’abrogation. Il ne s’agit pas de défendre un statu quo, mais contrairement à la loi LRU, de proposer pour l’université une réforme ambitieuse.


Cette loi représente un danger tant pour le fonctionnement financier que démocratique des universités. Elle renforce le pouvoir des présidents d’universités et restreint le nombre de membres des Conseils d’administration. Un CA de moins de 30 personnes pourraient donc être à la tête d’universités de plus de 100 000 étudiants (ex : l’université de Provence). La composition des conseils d’administration est aussi contestable, le nombre de représentants extérieurs à l’université (7 ou 8) étant supérieur au nombre de représentants étudiants (de 3 à 5).

Le volet financier de cette réforme est plus que préoccupant. L’autonomie financière proposée aux universités est un voile de fumée pour cacher le désengagement financier de l’État alors que ce dernier se devrait de doubler le budget alloué à l’enseignement supérieur afin de mener une réforme efficace des universités. Les 15 milliards d’euros promis par le Gouvernement, compte tenu de l’inflation et des besoins des universités, ne seront pas suffisants. En encourageant une politique d’emploi basée sur la contractualisation, ainsi que la création de fondations comme source de financement, cette loi accentue la dépendance financière des établissements d’enseignement supérieur. Les acteurs privés, nouveaux bailleurs de fond des universités françaises, pourraient revendiquer des modifications des formations proposées au sein des établissements les plus fragiles financièrement. La possibilité des fondations d’avoir recours à des actions fait peser la menace d’un financement instable dépendant du marché des capitaux. Une forte augmentation des frais d’inscription est aussi à prévoir comme cela est déjà le cas dans les instituts d’études politiques, déjà soumis à l’autonomie. À l’heure actuelle, les universités proposent déjà des formations à plusieurs milliers d’euros. Enfin, bien qu’assurant ne pas remettre en cause le cadre national des diplômes, l’autonomie financière créera des disparités de moyens se répercutant indéniablement sur la qualité des diplômes délivrés par les universités les plus exposées.

Il y a urgence à donner de nouveaux moyens à l’université, en recrutant massivement des enseignants chercheurs sur statut de la Fonction publique ainsi que du personnel technique et administratif. Le budget de fonctionnement par étudiant doit être doublé pour permettre aux universités d’assurer leurs missions de formation et d’engager un vaste plan national de rénovation, de construction et d’équipement des universités.

L’université doit rester accessible à tous, sans discrimination sociale, c’est pourquoi il faut établir une gratuité véritable des études.

La présente proposition de loi qu’il vous est proposé d’adopter vise donc à supprimer un projet de loi qui, loin de répondre aux besoins des universités, engage l’enseignement supérieur français sur la voie de privatisation et rompt définitivement avec la vision républicaine de l’éducation.

PROPOSITION DE LOI
Article unique
La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités est abrogée.


Partager cet article
Repost0