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DEMANDEZ L'HUMA !
Vous pouvez rencontrer les communistes du 5e arrondissement tous les week-end sur vos marchés. Ils y vendent l'Humanité Dimanche, y distribuent le 5e.communiste (leur journal) et  bavardent volontiers avec les passants.

Nous sommes tous les samedis à partir de 11h aux marchés de Port-Royal et tous les dimanches à la même heure au marché de la place Monge.

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Parti communiste français

42, rue Mouffetard

75005 Paris

Tél. : 01 43 37 44 19

section.pcf5@gmail.com

30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 11:29
La section PCF du 5e arrondissement vient d'apprendre avec une grande tristesse le décès du physicien Georges Charpak, connu du grand public en 1992 alors qu'il recevait le prix nobel. Immigré de Pologne en Palestine puis en France avec ses parents dans l'entre-deux-guerres, il vit pendant plusieurs années en "situation irrégulière". Il entre au lycée Saint-Louis en 1939, date à laquelle commence son engagement communiste. Prévenu d'une prochaine rafle visant les Juifs à Paris, il fuit à Montpellier en 1943 : c'est là qu'il devient résistant puis est déporté jusqu'à la Libération au camp de Dachau.

Après la guerre commence sa carrière de physicien. La rencontre avec Frédéric Joliot-Curie, physicien communiste spécialiste du nucléraire comme lui, est décisive. Georges Charpak reste aussi une figure de notre arrondissement qu'il a habité plusieurs décennies durant. Sa fidélité envers les valeurs fondatrices du communisme, la solidarité et la justice, dont il a pu observer la mise en oeuvre dans les moments les plus durs, a toujours été sans failles.

 

Communistes du 5e, nous rendons hommage à un brillant physicien dont les recherches ont rendu des services considérables au pays et à un homme dont l'engagement politique sincère l'a amené à se dresser contre la barbarie nazie et vichysoise et qui a défendu toute sa vie les valeurs au fondement de la lutte qu'il a menée, celles que partagent tous les communistes.

 

Nous reproduisons dans la suite l'interview réalisé par un journaliste de l'Humanité en 1993, à la suite de la publication de son autobiographie :

http://humanite.fr/node/244033

A l'occasion de la publication de sa biographie (1), le prix Nobel de physique 1992 s'explique sur son parcours, ses engagements passés et présents et les grands enjeux de la science et de la recherche contemporaines.<br><br>

 

 



«MEMOIRE à deux voix», dites-vous à propos du livre que vous signez avec Dominique Saudinos. «Moi public» du parcours scientifique, «moi privé» de l'enfance, de l'intime. Pourquoi cette biographie?

Je pourrais dire que j'ai simplement cédé au bout de deux ans à l'amicale pression de Dominique Saudinos. Si j'ai accepté, c'est parce que, dans cette période où il est beaucoup question d'immigration, de droit d'asile, mon histoire peut aider à réfléchir ceux qui se posent le problème de l'intégration. Moi aussi, immigré clandestin, je suis devenu un petit Français. Parce que j'ai tout de suite aimé cette langue, adopté cette culture, cette école publique où on ne m'enquiquinait plus avec la religion obligatoire. On y défendait des valeurs de lutte pour la tolérance; je m'y suis identifié au combat de gens comme Zola dans l'affaire Dreyfus, à la République qui libérait les juifs et les Noirs. C'était ma France à moi.

 

C'est aussi cette France-là qui refusait l'antisémitisme, la collaboration, résistait à l'occupant nazi...

C'était celle des idéaux de solidarité et de fraternité qui animaient la Résistance, la lutte dans les camps. Je les ai rencontrés chez les communistes, mais ils auraient pu être ailleurs. Nous avions le projet de construire une société plus juste. Autant, ancien déporté, je refusais de perdre mon temps en commémorations inutiles, autant la révolution me paraissait compatible avec la recherche scientifique. Il y avait le danger de guerre, ou qu'on prétendait tel, la menace qui pesait sur l'URSS, «patrie du socialisme», il me semblait qu'il fallait rester impliqué. A partir du moment où j'ai perdu totalement confiance dans l'URSS qui n'était pas du tout la société idéale qu'on disait et où j'estimais que le PCF lui restait étroitement lié, j'ai quitté le Parti. Quant au besoin de justice, il existe toujours, même si la société paraît à court d'objectifs.

 

Parlons de cette recherche. Vous dites que l'invention est toujours solitaire. Mais peut-elle se concevoir sans travail d'équipe?

Je crois que les idées viennent à des hommes seuls, pas à des comités. Ceux-ci peuvent décider de donner de l'argent, encourager telle ou telle orientation. La découverte peut devoir des tas de choses à des tas de gens, mais l'idée c'est tout de même une naissance, un accouchement individuel, exactement comme un morceau de musique ne peut naître que d'un seul créateur. En physique, la partition ne suffit pas. Il y a besoin de réaliser, du talent et de l'inventivité d'autres collègues. C'est souvent à deux ou trois personnes qui se complémentent qu'on y parvient. Il faut des comités, mais une société qui ne serait fondée que sur la domination des comités se stériliserait.

 

Mais cette découverte suppose d'énormes moyens...

Certainement. Il ne peut y avoir de recherche talentueuse sans ces moyens. Et, à tout prendre, ils ne sont pas considérables. Prenons le CERN (Centre européen de recherche nucléaire), que j'ai fréquenté trente ans à Genève. Trois milliards de francs suisses dépensés en dix ans par 18 nations européennes afin d'éclaircir des problèmes fondamentaux sur la structure de la matière, sur l'origine de l'univers, n'est-ce pas dérisoire par rapport à la somme que ces 18 nations ont dépensée pour des tas de futilités comme, par exemple, l'arsenal militaire? Et les conséquences que peuvent avoir des découvertes inattendues peuvent être colossales. De plus, un instrument comme le CERN permet à des milliers de physiciens basés de par le monde dans des petites universités d'avoir accès à la recherche d'avant-garde. Il faut mesurer le coût de cette structure en la comparant au service qu'elle rend à la culture scientifique. Si on décidait que ces milliards sont du superflu, qu'on les élimine, ou qu'on ne réalise pas un projet comme le LHC (le futur accélérateur de particules), ce serait une immense perte.

 

Mais la manière dont sont utilisées les avancées technologiques dans le monde capitaliste est souvent tragique pour l'emploi...

Le progrès de la science, dans une certaine mesure, bouleverse la société et cette dernière n'est pas prête à en tenir compte. D'une part, parce qu'il y a moins de travail pour faire un produit et parce que des peuples qui ne l'étaient pas sont capables de faire ce que nous étions les seuls à pouvoir maîtriser. Il nous faut vivre avec ces changements. Il est possible que cela bouleverse complètement l'économie, je n'ai pas de réponse. Probablement faudra-t-il consentir des sacrifices, des partages sur le plan des biens disponibles.

 

Des centaines de milliers de jeunes en situation de rejet, d'échec scolaire et social, ce ne peut être le progrès?

Ce n'est effectivement pas admissible. Quand j'entends dire que la moitié des enfants redoublent dans une classe, c'est comme si on affirmait: la maison brûle, il n'y a pas d'eau et on baisse la tête. Je ne sais pas qui est responsable, les choix politiques, une certaine passivité des enseignants? Si tant d'élèves refusent les études, c'est peut-être qu'on ne leur apprend pas ce qu'il faut. Je suis convaincu que beaucoup d'enseignants ont des idées, qu'on peut innover, comme l'a fait à Chicago mon ami, le prix Nobel Lederman, en obtenant que les instituteurs se recyclent. Cela suppose d'y mettre les moyens matériels et humains. Pas seulement en instituteurs mais en structures d'accueil à côté de l'école ou avec la télévision qui, malheureusement, ne joue pas un rôle positif.

 

Où trouver ces moyens?

Je ne suis pas gourou. Mais on peut économiser beaucoup dans le domaine de l'armement, maintenant que l'URSS a disparu. Je suis partisan d'aider la Russie à se débarrasser de ses dépenses militaires qui sont un véritable gouffre et nous de réduire les nôtres. Je serais très satisfait si on les cantonnait à 1% du revenu national comme au Japon.

 

C'est cela que vous appelez vous engager au-delà des batailles de physiciens?

Je suis prêt à m'exprimer comme citoyen. Sur cette question comme sur d'autres importantes: la solidarité avec les plus humbles, la lutte contre l'intolérance, le chômage, qui sont des injustices devant lesquelles on ne peut pas baisser les bras. Entendons-nous sur cet engagement. Que, dans l'action, se retrouvent des gens de différentes opinions, par exemple des communistes, ne me dérange pas. Cela dit, militer dans une organisation avec des personnes qui ont toujours tendance, selon moi, à voir tout en noir ou tout en blanc, c'est une autre affaire. Je suis extrêmement sollicité pour manifester, signer pour telle ou telle cause et je le fais rarement, parce que je me méfie des corporatismes, des aveuglements d'organisation, des clivages traditionnels au-delà desquels je pense qu'il y a beaucoup à faire.

LUCIEN DEGOY

(1) «La Vie à fil tendu», par Georges Charpak et Dominique Saudinos. Editions Odile Jacob, 231 pages, 120 francs.

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 11:28

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Cette grève générale du 29 septembre marque un tournant dans l'organisation de la résistance des travailleurs espagnols à la politique de casse sociale orchestrée par le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero.

 

C'est la première grève générale convoquée par les deux syndicats majeurs espagnols – l'UGT socialiste et les Commissions Ouvrières (CC.OO) historiquement liées au PCE – depuis l'arrivée au pouvoir des socialistes en 2002 et seulement la septième depuis la chute du franquisme.

 

Cartel 29S-CCOOElle est l'expression d'un mouvement qui prend une toute autre ampleur que le premier mouvement de grève lancé seulement dans la fonction publique le 8 juin dernier. Une mobilisation d'une autre dimension ne serait-ce que par les taux de grévistes communiqués par les deux syndicats: entre 70 et 75% de grévistes, soit plus de 10 millions de travailleurs espagnols qui ont cessé le travail ce mercredi.

 

Par ailleurs, le mouvement bénéficie d'un très large mouvement de sympathie parmi la population espagnole qui soutient le mouvement massivement, ce qui est corroboré par plusieurs sondages publiés dans la semaine, y compris chez ceux qui ne peuvent matériellement la faire.

 

La politique de casse sociale du gouvernement Zapatero devient de plus en plus insupportable pour l'ensemble des salariés espagnols, et en particulier les plus modestes: baisse de 5% du salaires des fonctionnaires; coupes dans les allocations sociales; gel de toutes les retraites; recul de l'âge de départ légal à la retraite de 65 à 67 ans sans oublier la nouvelle contre-réforme du marché du travail avec généralisation d'un « CDI précaire » avec procédures de licenciements facilitées, indemnités de licenciement minorées et flexibilité dans les horaires de travail consacrée.

 

C'est devant l'existence d'une très forte colère sociale que la grève générale du 29 septembre s'est imposée d'elle-même à des directions syndicales jusqu'ici frileuses à lancer un mot d'ordre appelant à la grève générale.

 

 

Un pays paralysé malgré le service minimum, l'industrie à l'avant-garde de la mobilisation

 

 

Un autre phénomène nouveau est la paralysie généralisée causée par le mouvement.Parmi les images marquantes de cette journée de grève: les kiosques sans journaux, les gares vides, les files d'attentes devant les arrêts de bus, les panneaux des aéroports indiquant les vols annulés ou encore les piquets devant les principales unités de production industrielle du pays.

 

 

Aucun secteur n'a été épargné.

 

12846388071732506265 Le Ministre du Travail lui-même, pourtant enclin à minorer l'importance du mouvement, a dû concéder que le pays fonctionnait au ralenti, admettant une baisse de consommation d'électricité comprise entre 16 et 20% dans le pays par rapport à la norme.

 

Les ouvriers de l'industrie ont été le fer de lance du mouvement, avec des taux frôlant les 100% dans la sidérurgie, les mines, l'automobile de 90 à 95% dans le bâtiment, les cimenteries et le bois. L'industrie espagnole a presque été totalement paralysée durant toute la journée.

 

Chiffres entre 95 et 100% également dans le secteurs para-industriel de l'énergie et dans le secteur du ramassage d'ordures.

 

C'est dans les transports que la situation a été la plus tendue. La mobilisation massive de l'ensemble des salariés des entreprises de transport a paralysé le trafic aérien (entre 20 et 40% des vols totaux assurés), le trafic ferroviaire avec 80% des trains à grande vitesse annulés, 75% des trains de banlieue et 100% des trains régionaux ainsi que le fonctionnement du système d'autobus dans les grandes villes qui a cloué la plupart des bus aux dépôts.

 

C'est dans le métro, et en particulier le métro Madrilène, que se concentrait l'essentiel de la bataille symbolique.

 

sp3-ae11cLe gouvernement socialiste a en effet tenté d'imposer sa loi anti-syndicale du « service minimum » aux grévistes. Si le service minimum a fait son effet, permettant le fonctionnement du réseau métropolitain, 85% des travailleurs de l'entreprise des Transports Madrilènes se sont toutefois mis en grève perturbant fortement le trafic Madrilène.

 

Dans la fonction publique, les résultats sont plus mitigés, en-deçà des chiffres de la mobilisation du 8 juin: 44% de grévistes au total pour les fonctionnaires et 60% dans le milieu enseignant.

 

 

1 million 500 000 espagnols descendent dans la rue défiant les intimidations policières

 

 

Près d'une centaine de rassemblements étaient convoqués par les deux grandes centrales syndicales, ainsi que le PCE. Si elles ont mobilisé de façon inégale, près d'1,5 millions de salariés espagnols ont tout de même défilé dans les principales villes du pays.

 

fotonoticia 20100929170810 500C'est en Andalousie, bastion du mouvement communiste espagnol, que les concentrations ont été relativement les plus impressionnantes, tout du moins à la mi-journée, et les mieux réparties sur le territoire. Près de 144 000 manifestants dans 12 cortèges, dont 50 000 en Séville, 20 000 à Huelva ou Cordoue, 18 000 à Malaga, 12 000 à Grenade, ont défilé sous des cris de « Zapatero démission! » et de « Zapatero menteur! ».

 

Dans les régions, affluence exceptionnelle à Vigo où près de 70 000 manifestants ont arpenté les rues de la cité Galicienne à l'appel des deux syndicats UGT et CC.OO ainsi qu'à Oviedo, capitale des Asturies, terre ouvrière et bastion historique des communistes, avec 100 000 manifestants. Les Asturies ont également été la région avec le plus fort taux de grévistes du pays, 87%.

 

1285777466 extras ladillos 1 1La manifestation la plus massive de la journée, en région, est celle de Barcelone, où 400 000 manifestants ont remonté le Passeig de Gracia en fin de journée, à l'appel des trois principales centrales syndicales catalanes (CC.OO, UGT et Usoc).

 

Plus de 500 000 manifestants ont finalement participé au rassemblement qui clôturait cette journée de mobilisation. A Madrid, le cortège est parti à 18h30 de la place des Cibeles pour arriver dans la soirée à la Puerta del Sol, mené par les deux leaders syndicaux, Ignacio Toxo (CC.OO) et Candido Mendez (UGT).

 

huelga-espana-paro-laboral-historica-nacional-convocatoria-.jpgDe multiples incidents entre la police et les manifestants ont émaillé les cortèges dans plusieurs villes de région, ainsi qu'à Madrid et Barcelone, avant le départ des deux grands cortèges, en début d'après-midi. Plus d'une centaine de manifestants ont été arrêtés, selon les syndicats, par les forces de l'ordre dans tout le pays.De nombreux incidents entre policiers et grévistes ont été signalés devant les dépôts de bus ou à la porte d'entreprises en grève, comme devant l'usine EADS à Getafe, dans la banlieue de Madrid.

 

Là où les manifestations se sont déroulés dans le calme, comme en Andalousie, le dispositif policier déployé se révélait impressionnat et intimidant pour les manifestants. Ignacio Toxo, secrétaire-général des CC.OO a déploré les violences policières, pointant du doigt « certaines interventions disproportionnées de la part des forces de l'ordre ».

 

 

Ambiguïtés de la ligne des syndicats: Durcissement du ton... mais ouverture au « dialogue social » prôné par le gouvernement

 

 

La conférence de presse conjointe des leaders des deux principales centrales syndicales du pays révèle une singulière radicalisation du discours. Tout d'abord, les deux dirigeants syndicaux parlent d'une seule voix pour saluer « un succès incontestable. Un succès de participation et un succès démocratique ».

 

 

Candido Mendez, secrétaire-général de l'UGT socialiste se montre le plus offensif: « Aujourd'hui se manifeste le rejet des politiques imposées par le gouvernement et la disposition à continuer à lutter pour sortir au plus vite de cette crise et réduire le chômage, mais pour cela, sans aucun doute, il est essentiel que se produise un changement de cap dans les politiques vis-à-vis de la réforme du marché du travail, des retraites, des coupes dans les salaires des fonctionnaires, dans l'intention du gouvernement de reculer l'âge de départ à la retraite et dans la révision du budget d'Etat pour 2011 ».

 

 

Ignacio Toxo, 604366des CC.OO, syndicat historiquement proche des communistes mais qui a glissé depuis une vingtaine d'année s vers le réformisme, poursuit dans la même voie avec une inclination plus marquée au « dialogue so cial »: « Cette clameur, cette expression de la démocratie ne peut pas laisser impassible le gouvernement. Le gouvernement doit réagir (…). La réforme du marché du travail est réversible, voilà ce que dit la classe ouvrière de ce pays. Ce que l'on change par une loi, on peut le changer par une autre loi. Nous sommes disposés à négocier, mais à partir de la rectification ».

 

 

Derrière le ton qui se durcit nettement de la part des directions syndicales espagnoles, reflet tant de la poussée de la base militante des syndicats que de la colère généralisée parmi les travailleurs d'Espagne,les ambiguïtés de la ligne des directions syndicales espagnoles demeurent.

 

 

Les deux syndicats qui ont contribuer à faire passer toutes les réformes néo-libérales de Gonzalez à Zapatero ne ferment pas la porte à l' « appel au dialogue social » lancé par Zapatero. Ils exigent simplement un autre projet de loi, une « rectification » du projet gouvernemental.

 

 

Devant le risque de canaliser le mouvement et de le diriger vers une impasse politique, seule la question d'une plus large mobilisation des travailleurs d'Espagne et donc de la grève reconductible et illimitée peut permettre d'en sortir. C'est la question que pose ouvertement le Parti communiste d'Espagne (PCE) dans son communiqué: « Le PCE considère, tout comme les dirigeants syndicaux des CC.OO et de l'UGT, que la grève du 29 septembre est un point de départ pour de nouvelles mobilisations, si l'orgueil de Zapatero l'empêche de voir la forêt de travailleurs qui a rempli les rues des villes de ce pays ».

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 16:38

 

 

Cacher ces manifestants que je ne veux pas voir ! N’en déplaise à MM. Sarkozy, Woerth et Hortefeux, ils étaient bien là dans les rues des villes du pays le 23 septembre 2010, entre 2,5 et 3 millions, avec une participation croissante des salariés du privé. La colère sociale monte de partout devant ces gouvernants qui distribuent avec tant de cynisme des dizaines de milliards d’euros aux plus riches mais font la leçon aux salariés en leur demandant de renoncer à un acquis social historique.

 Ils seraient plus avisés d’écouter M. de Villepin qui regrette maintenant d’être resté sourd au mouvement populaire en 2006 au moment du CPE, qu’il a dû, rappelons-le, abandonner après le vote du Parlement.

En 2010, Sarkozy et le gouvernement attendent que le mouvement se passe. Mais les luttes peuvent et doivent continuer à s’étendre et à s’intensifier, à converger, parce qu’elles affrontent la même politique au service du Medef et du capital.

100923_manif_retraites.png.jpg

Retraites, salaires, emploi, formation sont intimement liés. Les emplois et les salaires font les cotisations pour les retraites dans le système solidaire par répartition que nous défendons. Ils doivent être liés dans la riposte, comme cela se manifeste de plus en plus dans l’essor du mouvement. Exemples.

 

Le 23, les étudiants, les jeunes en général étaient plus nombreux dans les cortèges.

La propagande officielle essaient de leur mettre dans la tête qu’ils n’auront pratiquement pas de retraite parce qu’ils commenceront à cotiser à 25 ou 30 ans. D’ici cet âge, que vont-ils faire? Etudier pour quelques uns, travailler pour la plupart, souvent les mêmes.

L’âge réel moyen d’entrée dans la vie active se situe entre 21 et 22 ans, mais dans des conditions inacceptables de précarité, de chômage. C’est là le problème véritable.

Il y a 4 millions de chômeurs dans le pays et le gouvernement propose de mettre en concurrence les salariés âgés de 60 à 62 voire 67 ans avec les jeunes. Il veut continuer à précariser les débuts de carrière comme les fins de carrière. Il a déjà réduit par décret à un trimestre sur deux la prise en compte des années d’apprentissage pour le calcul des retraites. Il veut laisser allonger à 42 annuités la durée de cotisation.

Jeunes, étudiants, salariés, le combat est bien le même contre la loi Woerth, pour le droit effectif à la retraite à 60 ans, pour le retour aux 37,5 annuités, pour l’emploi stable et bien rémunéré.   

 

Le report de 65 à 67 ans de l’âge de départ à retraite à taux « plein » sans condition d’annuités est une mesure inique qui va frapper ceux qui ont eu les carrières les plus chaotiques et qui ont déjà les pensions les plus faibles. Parmi eux se trouvent une grande majorité de femmes. Même des parlementaires de droite commencent à être gênés et imaginent des dispositifs spéciaux. Plus que jamais, l’exigence pour tous, c’est le maintien des repères collectifs fondamentaux des 60 ans et des 65 ans.  

 

La prétendue prise en compte de la pénibilité par Woerth est une négation de l’amélioration des conditions de travail. Seuls les salariés invalides, abîmés, inutiles pour le patronat, garderaient la possibilité de partir à 60 ans. En outre, en catimini à l’Assemblée, le gouvernement a ajouté des amendements remettant en cause de la médecine du travail et sa mission de prévention (voir ci-contre). La lutte pour les conditions de travail et la lutte pour les retraites sont entièrement liées.

 

Le gouvernement spécule sur l’épuisement, la division du mouvement au fil des journées d’action espacées comme en 2003 contre la loi Fillon. Montrons-lui qu’il se trompe !

Le bras de fer continue et s’intensifie. La combattivité progresse. Des syndicats de plus en plus importants, comme la CGT-Chimie mettent en débat la grève reconductible. La coordination avec les grands services publics, locomotives du mouvement en 1995 et 2003, se développe.

Pour le 12 octobre, l’intersyndicale a décidé d’une nouvelle journée nationale de grève et de manifestation que des manifestations le samedi 2 octobre pourraient préparer.

 

Communistes, nous appuierons toutes ces actions, parce que c’est là, dans la victoire des luttes que se situe la perspective de changement politique.

Pas dans les débats au Sénat : leur importance ne sera que le reflet du rapport de force dans les luttes.

Encore moins dans la course lamentable des présidentiables pour 2012 dans laquelle on tente d’enfermer le débat politique, sur fond de consensus large des formations politiques de l’alternance, notamment sur l’allongement de la durée de cotisation et les exonérations de cotisations patronales. 

C’est sur des luttes résolues et des objectifs clairs que se gagnera le retrait du projet de loi Woerth pour commencer à inverser la politique antipopulaire du pouvoir !

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 12:00

 

L’école est en danger, l’heure est partout à la mobilisation. Retour sur quelques réformes phares…

La réforme du lycée : un désordre généralisé, un accroissement des inégalités

Au lycée, la réforme Chatel s’est immédiatement fait sentir : désordre généralisé, manuels absents, emplois du temps impossibles à réaliser à cause de la trop grande diversité des horaires et des options d’un élève à l’autre. C’est que l’objet principal de la réforme est l’individualisation des parcours : un enseignement commun réduit au minimum et le choix du reste de la formation laissé aux familles…en fonction de ce que les établissements peuvent leur proposer. Accroissement des inégalités entre familles, entre établissements et territoires : l’offre de formation varie d’un lycée à l’autre, en fonction des moyens dont l’établissement dispose et de la manière dont la collectivité locale décide de l’aider. 

Individualiser les parcours ou comment isoler les salariés face au patronat :

Dorénavant, les bacheliers devront faire valoir sur le marché de l’emploi des compétences et des parcours individuels, plutôt qu’un diplôme partagé avec d’autres : en cassant le cadre national du diplôme, la réforme remet en cause la possibilité d’une reconnaissance collective de la qualification (par exemple dans le cadre des conventions collectives) et d’une lutte collective pour cette reconnaissance. Le lycée Chatel forme des salariés isolés face au patronat.

Casse de la formation et précarisation des enseignants sont indissociables :

Cette année a vu, conformément à la réforme, débarquer dans les établissements des enseignants non formés ! Les conséquences sont immédiates : dégradation de l’enseignement, démission de nouveaux enseignants débordés, équipes pédagogiques désorganisées. À plus long terme, la réforme favorise le recrutement d’enseignants en dehors du statut de la fonction publique. La nouvelle formation crée un volant de diplômés recrutables directement par les établissements avec des contrats précaires. La casse du métier d’enseignant passe ainsi à la fois par la précarisation et par la casse de la formation.

Donnons nous les moyens d’un vrai projet pour l’école

Face à la casse du cadre national du service public d’éducation, le PS répond en développant des politiques locales : c’est la porte ouverte à l’accroissement des inégalités territoriales. Le PCF plaide au contraire pour une renationalisation de l’éducation. Il faut rompre avec la vision purement budgétaire de la crise pour mettre en valeur le rôle que la hausse du niveau global des savoirs, le développement de la recherche et de la formation peuvent jouer dans une politique ambitieuse de sortie de crise. Plus important encore, il faut ouvrir le débat sur les objectifs et la raison d’être de l’école : l’école de la République résulte d’un compromis entre la volonté de démocratiser l’accès aux savoirs et les exigences capitalistes de sélection sociale. Ce compromis est aujourd’hui en crise.

La position du PCF est claire : travailler à la réussite de tous et engager une nouvelle phase de démocratisation scolaire. L’école doit construire et transmettre une culture commune ambitieuse pour tous, qui permette l’émancipation de chacun, dans le cadre d’un service public national armé pour lutter contre les inégalités sociales et scolaires.

Ce nouveau projet pour l’école, c’est dès aujourd’hui, dans l’action et avec nos luttes que nous pouvons le construire !

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 16:40

Parce qu’ils sont finalement les premiers concernés, les jeunes ont commencé à organiser leur mobilisation…

(extrait de l’appel unitaire du collectif La retraite une affaire de jeune UNEF, UNL, FIDL, Sud étudiants, LMDE, CGT, Union des Etudiants Communistes, Attac, JOC, MRJC, Osez le féminisme, Touche pas à mon pote, MJS, Jeunesse Communiste, Les jeunes verts, JRG, PG, NPA, GU, AL)

«  Jeunes, nous sommes attachés au droit à une retraite à 60 ans financée par répartition.

Nous refusons que la retraite par répartition devienne un « filet de sécurité » a minima. Nous refusons la logique d'une retraite basée sur la capitalisation, inefficace et inégalitaire

Un débat de société  escamoté par une nouvelle opération comptable 

En se limitant à jouer sur la durée de cotisation, le gouvernement s’attaque directement à la solidarité sans aborder les véritables enjeux du système : garantie d’un taux de remplacement, pénibilité, allongement de la durée d’étude et d’insertion, chômage, inégalités hommes – femmes, répartition du temps de travail et des richesses.

En imposant l’allongement de la durée de cotisation comme seule perspective, le gouvernement élude la question centrale de la répartition des richesses. Depuis 20 ans, la part de la richesse produite attribuée aux salaires ne cesse de diminuer au profit du capital. Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche, nous n'acceptons pas qu'il soit demandé à la jeunesse de travailler plus longtemps pour toucher une retraite moins importante. Il n’est pas acceptable que l’allongement de la durée de la vie soit synonyme de régression sociale.

Les jeunes refusent d’être les grands oubliés du débat  qui s’ouvre et exigent du gouvernement qu’il renonce à l’allongement de la durée de cotisation. Nous appelons à  la création de comités jeunes locaux pour organiser la campagne au sein de la jeunesse. Nous appelons les jeunes à se saisir du débat sur les retraites, à participer aux initiatives de mobilisation. »

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 00:01

Le 23 septembre, partir pour gagner, c’est possible, c’est vital ! 

 

L’ampleur immense de la journée de grève du 7 septembre, 3 millions de manifestants, a confirmé le niveau d’opposition du pays au projet de loi Woerth et à la politique du gouvernement dans son ensemble. La mobilisation grandit dans tous les secteurs, dans les services publics mais aussi dans l’industrie. La bataille pour les retraites, face au gouvernement et au Medef, fait converger toutes les luttes, pour l’éducation, pour l’hôpital, pour les salaires…

 

La retraite à 60 ans est en effet un acquis historique, une référence collective fondamentale pour tous. Le pouvoir et le patronat veulent faire de la fin de la retraite à 60 ans une défaite historique des travailleurs qui leur permette d’accélérer encore leur politique de casse sociale et économique.

 

Dans ce contexte, le pouvoir tente plus que jamais de noyer le poisson et de passer en force. Les media multiplient les débats de diversion. Le gouvernement emballe la discussion parlementaire. Le vote de l’Assemblée nationale le 15 septembre n’aura surpris personne. C’est le mépris du peuple. Sur plusieurs aspects, dont la remise en cause de la médecine du travail, le projet de loi ressort pire qu’initialement.

 

En 2006, le rassemblement dans la lutte a réussi à mettre en échec le CPE après que la loi avait été votée.

 

La bataille décisive ne se jouera pas davantage dans les joutes verbales au Sénat à partir du 23 septembre que dans l’agitation de l’Assemblée ces derniers jours, sur fond d’accord du PS avec l’UMP sur l’allongement de la durée de cotisation ou les exonérations de cotisations patronales.

Ce n’est pas là que se situe le rapport de force. La perspective, ce n’est pas les sondages et les combinaisons pour les élections de 2012.

Le 24 juin et le 7 septembre, salariés, retraités, jeunes ont fait entendre leur opposition. A partir du 23 septembre, il s’agit de se faire respecter.

 

Le mouvement social a fait son expérience : en 2003, Fillon avait réussi à se jouer de la tactique des journées d’action espacées.

La nouvelle journée de mobilisation nationale du 23 septembre, à l’appel des organisations syndicales, peut et doit marquer une nouvelle étape dans l’extension de la lutte et engager le bras de fer décisif. Les assemblées de salariés en décideront.

 

Nous nous plaçons dans cette perspective pour gagner le retrait du projet de loi Woerth et commencer à inverser la politique antipopulaire du pouvoir.

 

Une grande majorité de l’opinion soutient le mouvement et soutiendra la grève. Mesurons le discrédit du pouvoir sarkozyste, si outrageusement inféodé au grand capital !

Le 23 septembre, partons pour gagner !

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 20:00


 

Communiqué du groupement "Sauvons la médecine du travail"

 

A la veille de l’ouverture du débat sur la réforme des retraites à l’Assemblée nationale, le gouvernement, sur indication de l’Elysée, a déposé plusieurs amendements de dernière heure.

Le texte n° 730 introduit l’essentiel de la partie législative de la réforme de la médecine du travail, préparée par le ministre du travail. L’argumentaire du gouvernement pour justifier cette entrée en catimini de dispositions sans rapport avec le sujet est faux. « La mise en œuvre des dispositions législatives relatives à la pénibilité fait jouer un rôle important, de fait, aux services de santé au travail ». Pourquoi ? Comment ? Faut-il rappeler au ministre du travail que ce sont les médecins conseils de sécurité sociale qui attribuent les IP, et non les médecins du travail ? L’argumentaire considère nécessaire « que les missions de ces services de santé au travail soient clairement définies par la loi ». Il estime que « Ce n’est pas le cas aujourd’hui puisque le code du travail reste centré sur les missions et l’action du médecin du travail » Faudrait-il acheter un code du travail à Monsieur Woerth ? Feinte ignorance, car le rédacteur, au fait du sujet, nous ressert les dispositions que le Medef, il y a un an, voulait faire signer par les organisations syndicales qui les ont repoussées à l’unanimité. La plus importante et la plus grave est constituée par l’abrogation de deux articles fondamentaux du code du travail :

Abrogation de l’article L.4622-2 qui stipule que : « Les services de santé au travail sont assurés par un ou plusieurs médecins qui prennent le nom de «médecins du travail» ;

Abrogation de l’article L 4622-4 qui note que : « les services de santé au travail font appel soit aux compétences des CRAM [...] soit à des personnes ou organismes [...] Cet appel aux compétences est réalisé dans des conditions garantissant les règles d’indépendance des professions médicales et l’indépendance des personnes ou organismes associés».

Ces abrogations sont indispensables pour justifier l’amendement 730. En effet, il a pour objet exclusif de transférer aux services de santé au travail, donc à leurs directeurs, nommés et choisis par les employeurs, les responsabilités légales actuelles dévolues aux médecins du travail : « conduire des actions de santé au travail visant à préserver la santé physique et mentale des travailleurs [...] les maintenir dans l’emploi. [...] conseiller [...] les employeurs, les travailleurs et leurs représentants [...] afin d’éviter ou de diminuer les risques professionnels et d’améliorer les conditions de travail. [...] assurer la surveillance de l’état de santé des travailleurs en fonction des risques concernant leur sécurité et leur santé au travail. [...] participer au suivi des expositions professionnelles et à la veille sanitaire. ».

Si cet amendement, qui prévoit l’application par décret de ces dispositions, est adopté, ce ne seront plus les médecins du travail qui seront chargés de la prévention médicale des risques professionnels, mais les employeurs responsables de l’organisation du travail et des risques qu’ils font encourir à la santé des travailleurs qu’ils salarient.

Si à l’occasion du débat sur les retraites, cette manœuvre de pure opportunité permettait de voter l’amendement 730, les assemblées prendraient la responsabilité d’avoir, par une décision de couloir, voire de comptoir, non seulement abrogé la médecine du travail, mais également confié la santé au travail des salariés à leur propres employeurs.

L’importance du sujet mérite un traitement de haute tenue, et non une telle manipulation. Elle ne serait pas digne du rôle des représentants de la nation, chargés d’élaborer les lois. C’est pourquoi, nous demandons à tous les élus, quelles que puissent être leurs positions sur la médecine du travail, de renoncer au vote de cet amendement. Ils permettront ainsi qu’un réel débat sur l’avenir de la prévention des risques professionnels puisse se tenir dans les assemblées. Ce débat pourra, éventuellement, déboucher sur l’adoption de nouveaux textes.

Ils auront alors une légitimité que l’amendement 730 ne peut espérer.

Le 13 septembre 2010

Groupement national Sauvons La Médecine du Travail contact@slmt.frhttp://www.slmt.fr 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 12:00

« Des perspectives lucides pour l’avenir, pour un socialisme du XXIème siècle qui ne répèterait pas les erreurs du passé. »

 

capitalismesocialismescommunisme.jpg Le livre que Léo Figuères vient de sortir est d’une rare densité. L’ancien dirigeant du PCF retrace de façon synthétique les expériences socialistes du 20ème siècle, URSS, pays de l’est, Chine, Yougoslavie, Cuba... Il les pose au pluriel, du moins entre parenthèses, dès le titre : « Capitalisme, socialisme(s), communisme ».

Il exprime la volonté de reprendre le fil d’une « appréciation critique et équilibrée de ces expériences », abandonnée à partir du début des années 90 par le PCF avec la perspective socialiste elle-même.

Son analyse a postériori s’avère très critique sur les phases de l’histoire de l’URSS, sur la ligne stalinienne, sur « l’analyse très superficielle du stalinisme qui a suivi » jusqu’aux « liquidateurs » comme Gorbatchev et Chevarnadze. Mais il refuse de considérer que rien ne doit être retenu et qu’il faille « écarter le terme même de socialisme ».

Il propose au PCF de reprendre la « cause laissée en friche » du « socialisme à la française », « autogestionnaire », de la « démocratie poussée jusqu’au bout ». La démocratie est le critère, la question omniprésente dans tout le livre. On pourra considérer qu’elle reste un sujet de recherche et de réflexion pour toutes les expériences évoquées comme pour le présent, après la lecture du livre.

Que l’on partage ou non toutes les analyses de Léo, son étude constitue une base remarquable et remarquablement accessible pour poser la question essentielle aux révolutionnaires de notre temps : celle de la rupture, de la perspective socialiste.

 

Editions du Temps des cerises, mai 2010, 10 euros, en vente militante dans plusieurs sections et fédérations du PCF.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 11:08
Les scandales récents autour de l'argent de la famille Bettencourt ont levé un coin de voile sur les pratiques à l'œuvre dans les grandes fortunes françaises tout comme les liens tissés entre celles-ci et un certain monde politique.

 

La dégradation de ces mœurs est directement liée à la montée du niveau des dividendes prélevés sur les richesses des entreprises au détriment des dépenses pour les salaires, les cotisations sociales et les impôts
ainsi qu’à la concentration de ces dividendes entre les plus gros actionnaires.

 


Chez L'Oréal, le montant des dividendes a progressé chaque année en moyenne de 13,3 % par an. Leur cumul de 2000 à 2009 s'élève à plus de 6 milliards d'euros, dont plus de la moitié aux deux principaux actionnaires,  Bettencourt (31 % du capital) et Nestlé SA  (29,8 %) en 2009.

 

En pleine crise la famille Bettencourt a donc touché en 2009 de l'ordre de 280 millions d'euros (+ 5 % sur 2008) sous forme de dividendes de L'Oréal

 

Cet enrichissement de la famille Bettencourt a été possible pour deux raisons :

D'une part, parce qu'il a été décidé d'accroître chaque année les prélèvements en dividendes sur le résultat net de l'entreprise,

 

D'autre part, parce que les deux principaux actionnaires ont décidé de détruire une partie des capitaux propres de L'Oréal pour accroître leur poids dans le capital,

 

Des rachats d'actions aux frais de l'entreprise

Pour cela ils ont fait racheter ses titres par l'entreprise elle-même pour un montant de 5,1 milliards d'euros de 2005 à 2009, générant d'importantes sorties de trésorerie. Ce qui, d'un côté, a enrichi des actionnaires minoritaires qui ont bénéficié de ces rachats et, de l'autre, à favorisé le renforcement du pouvoir du noyau dur des actionnaires, Bettencourt et Nestlé SA, (55,3 % en 2005 pour 60,8 % en 2009) sans que ces derniers aient engagé le moindre capital.

 

 

Voilà comment la famille Bettencourt a pu, aux frais de « la marquise L'Oréal»  augmenter de moitié ses dividendes en quatre ans.

 

Comme cela ne devait sans doute pas suffire, l'assemblée générale des actionnaires a décidé de verser à partir de 2012 une prime de 10 % supplémentaires des dividendes aux actionnaires les plus fidèles. Mais, sans doute par décence, seulement sur un nombre d'actions limitées. Il est vrai que chez L'Oréal, on ne badine pas avec l'éthique comme nous le rappelle le texte de présentation des comptes 2009 :

«La réussite économique repose aussi sur une éthique partagée par tous. Les hommes et les femmes de L'Oréal mettent leurs efforts à faire de leur entreprise un modèle emblématique de responsabilité citoyenne. Une entreprise solidaire des communautés humaines qui l'entourent et ouverte aux problèmes de son temps avec pour objectif de rendre le monde plus beau.

Pour tous, dans le monde entier, L'Oréal fait rayonner la beauté universelle. »

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 09:58

euro-greeceToutes les mesures qui sont déjà passées et les mesures barbares à venir du « mémorandum actualisé »


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le mémorandum actualisé défendu en Grèce par le gouvernement du PASOK, le FMI, l'UE et la ploutocratie grecque comprend de nouvelles mesures anti-populaires qui visent à réduire encore plus le prix de la force de travail.



Relations de travail:



  • Une loi qui prévoit que les accords d'entreprise prévaudront sur les accords de branche

 

  • Une loi qui permet aux entreprises qui ne sont pas membres des syndicats patronaux qui signent les conventions collectives de ne pas les mettre en œuvre. Jusqu'à présent, ils y étaient obligés un fois qu'elles avaient été actées par le Ministère du Travail.

 

  • Une norme qui adapte le système d'arbitrage pour la signature des conventions collectives aux exigences des capitalistes, puisqu'elle spécifie que la fonction d'arbitrage « doit préserver la compétitivité sur la base du coût du travail et de la création d'emplois ».

 

  • La suppression de toute restriction sur le travail à temps partiel et les contrats temporaires assurée par la Loi 3846/2010 adoptée par le gouvernement en mai dernier.

 

  • L'extension de la période probatoire pour les nouveaux employés à un an (deux mois jusqu'alors). Durant cette période, les patrons peuvent licencier sans aucun avertissement et sans payer d'indemnités.

 

  • La mise en œuvre de la directive Bolkenstein permettant l'élimination de la restriction sur le salaire minimum afin de stimuler les investissements.

 

  • Coupes drastiques dans les aides-chômages, déjà faibles, pour économiser 500 millions d'euros.

 

Sécurité sociale:

 

  • « Réforme des principaux paramètres du système de retraites tels que prévus par la loi 3836/2010 ». Les récentes lois contre la Sécurité sociale ne sont qu'un début. Le vecteur de cette nouvelle offensive est la condition intégrée à ce mémorandum « actualisé », selon laquelle l'augmentation des dépenses pour les retraites publiques ne devra pas excéder 2,5 points du PIB entre 2010 et 2060. Dans le cas où la limite de 2,5 points est dépassée, la loi sera transformée et de nouvelle mesures contre la Sécurité sociale adoptées.

 

  • Suppression de toute garantie assurée par l'État pour les pensions complémentaires. Selon le mémorandum « actualisé », le « gouvernement met en œuvre une révision en profondeur du fonctionnement des fonds de pension publics complémentaires ». L'objectif du gouvernement est de ne plus payer un seul euro du budget de l'Etat pour les fonds de pension complémentaires. En pratique, cela signifie que les fonds complémentaires, qui payent les retraites de 1 million de personnes et connaissent déjà un déficit important à cause des politiques menées par le PASOK et la ND, ne seront plus capables de verser ces pensions et même si ils le pouvaient, elles seraient extrêmement basses. De plus, le mémorandum « actualisé » prévoit que les dépenses pour les retraites resteront stables même au cas où le nombre de bénéficiaires augmentait (aujourd'hui 2,8 millions de travailleurs contribuent aux fonds de pension complémentaires). Cela mènera à une réduction drastique des retraites.

 

  • Révision de la liste des professions pénibles et difficiles afin de réduire le nombre de métiers couverts à pas plus de 10% de la force de travail. L'âge de départ à la retraite dans les secteurs et les professions qui seront exclus de la liste augmentera de 5 à 7 ans. La nouvelle liste devra prendre effet le 1er juillet 2011, et ce pour tous les travailleurs actuels et futurs.

 

  • Introduction de conditions strictes pour les pensions d'invalidité et ré-examination de milliers de pensions d'invalidité menant à la réduction du montant des retraites voire à la suppression de certaines pensions.

 

 

Pillage des salaires des travailleurs par des augmentations de taxes:



  • Augmentation supplémentaire de la TVA à travers la hausse du taux de la TVA de 11 à 23% pour une somme considérable de biens et de services (plus de 30% d'entre eux)

 

  • Élargissement de l'assiette pour la taxe foncière avec la mise à jour de la valeur des actifs, ce qui signifie que les travailleurs auront à payer 400 millions d'euros.

 

  • « Taxe verte » sur les émissions de CO2

 

  • Gel dans l'indexation des pensions, ce qui signifie que les retraités perdront plus de 100 millions d'euros.

 

  • Taxation forfaitaire des professions libérales, avec un revenu d'au moins 400 millions d'euros.



Privatisation supplémentaire des secteurs stratégiques:





  • chemins de fer: nouveaux licenciements avec la réduction du personnel de 35%. Hausse des tarifs afin d'augmenter les recettes de l'entreprise de 55%. Réduction du salaire minimum de 20%. La vente des voies ferrées et la concession de lignes profitables au privé qui vont augmenter les tarifs. Fermeture des « lignes qui fonctionnent à perte » laissant de nombreuses régions sans aucune ligne ferroviaire.

 

  • transports: licenciements de masse, réduction des salaires et suppression des droits du travail. Hausse du prix des tickets de 30 à 50%. Fermeture de lignes.

 

  • Énergie: libéralisation du marché de l'énergie et cession des Infrastructures de l'entreprise publique d'énergie (DEI) et des ressources énergétiques (lignite, eau potable) à de grands groupes privés. Hausse drastique des tarifs régulés pour les ménages et les agriculteurs de 40 à 100%.

 

  • Les professions régulées: l'ouverture de ces professions crée de nouveaux champs de profits potentiels pour les capitalistes leur permettant d'investir leur capital accumulé. Sous la pression des grands groupes, les travailleurs indépendnats dans ces secteurs seront expulsés hors du marché.



Pillage des salaires:



  • Réduction supplémentaire des indemnités et de la rémunération des heures supplémentaires dans les entreprises publiques. Cet objectif sera atteint par le projet de loi sur « l'unification des rémunérations dans le secteur public » qui imposera des coupes dans les indemnités de ce type.

 

  • Mise en place d'une taxe générale de 3 euros pour le paiement services externes hospitaliers ainsi que le fonctionnement « 24 heures sur 24 » des hôpitaux et Centres de santé.

 

  • Hausse de 20 à 30% des tarifs hospitaliers pour les services médicaux et examens.

 

  • Ré-évaluation de tous les programmes sociaux restants visant à leur suppression.

 



Le 3 mars et le 3 mai 2010, le gouvernement a présenté le plan d'austérité le plus dur depuis les années 1950, tout en défendant dans le même temps une série de réformes anti-populaires:



  • Il a supprimé les primes de Noël, de Pâques et les congés payés pour les fonctionnaires et tous les retraités du public et du privé.

 

  • Il a baissé les primes salariales des fonctionnaires de 20%

 

  • Il a gelé les salaires et retraites des travailleurs du public et du privé pour les trois prochaines années

 

  • Il a diminué les salaires des travailleurs des services publics, qui ne reçoivent pas de primes, de 10%

 

  • Il a imposé des coupes de 3 à 10% sur les retraites au-dessus de 1 400 euros.

 

  • Il a annulé le paiement de la seconde tranche de l' « indemnité solidarité » qui s'adresse aux couches les pauvres de la population.

 

  • Il a augmenté les taux de TVA deux fois en 2010

 

  • Il a augmenté trois fois en 2010 le taux de la taxe sur l'essence. En conséquence, le prix de l'essence sans plomb a augmenté de 63%.

 

  • Il a augmenté trois fois en 2010 le taux de la taxe sur les boissons alcoolisées et sur le tabac. Après la mise en place de ces mesures, le prix des cigarettes augmentera de 40%, par rapport aux prix de 2010. Le prix des boissons augmentera de 3 euros par bouteille.

 

  • Il a imposé une taxe exceptionnelle sur les professions libérales sur la base de leurs revenus de 2009.

 

  • Il a augmenté le nombre d'annuités à 40 pour avoir accès à la retraite. Il met fin à la retraite après 37 années de cotisation sans condition d'âge ainsi qu'à la retraite après 35 ans de cotisation une fois l'âge légal de départ à la retraite atteint.

 

  • Il a imposé des coupes drastiques dans les retraites (plus de 35%) en allongeant le nombre d'années d'activité sur lesquelles est calculé le montant de la pension: des 5 meilleures années aux 10 dernières années.

 

  • Il a mis fin à l'âge de départ à la retraite avant 60 ans, en supprimant les retraites anticipées, ce qui touche avant tout les mères qui ont des enfants en bas âge et celles qui ont plus de 3 enfants.

 

  • Il a diminué les revenus des retraités de 6% par an pour ceux qui ont 40 ans de cotisations et ont « osé » se retirer avant l'âge de 65 ans.

 

  • Il a démoli le système de retraites des fonctionnaires en transformant le système de sécurité sociale publique en un système par entreprise.

 

  • Il a imposé aux femmes de travailler de 5 à 17 ans au nom de l'égalité hommes/femmes.

 

  • Il a introduit le principe de « l'ajustement des retraites à l'espérance de vie », ce qui ouvre la voie au travail jusqu'à l'âge de 70 ans.

 

  • Il a introduit le principe de la « retraite en fonction des besoins (means-tested) », ce qui est l'équivalent d'une allocation d'assistance et qui n'est pas octroyée avant l'âge de 65 ans.

 

  • Il a réduit de manière drastique les dépenses d'Etat pour les pensions qui désormais couvreront juste la retraite « en fonction des besoins ». Donc, il a aboli le financement tri-partite du système de sécurité sociale

 

  • Il a fusionné les fonds de pension en trois fonds.

 

  • Il a supprimé les Conventions collectives et le salaire minimum. Il a adopté une législation pour le salaire minimum d'entrée sur le marché du travail pour les jeunes et les chômeurs de longue durée. Sous couvert d'employer les jeunes et les chômeurs de longue durée, on supprime le salaire minimum qui tourne autour de 740 euros et crée la génération 500 euros.

 

  • Il a supprimé la journée de travail de 8 heures et a réduit la rémunération des heures supplémentaires. Il a adopté l'introduction de « limites annuelles pour l'aménagement du temps de travail » Ainsi, les travailleurs sont contraints de faire des heures supplémentaires durant une période et ensuite seront sous-employés ou prendront des vacances forcées. Pour les heures supplémentaires, les travailleurs ne percevront pas de salaire additionnel comme c'est le cas actuellement.

 

  • Il a augmenté le seuil des licenciements [pourcentage de la masse salariale pouvant être licencié durant une certaine période de temps] pour les entreprises employant de 21 à 200 salariés.

 

  • Il a imposé des coupes drastiques dans le paiement des indemnités de licenciements équivalentes à 50%.

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