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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 14:00

 

L'année 2009 est celle de l'effondrement du mythe du “tigre celte”.



L'Irlande est le pays occidental touché sans aucun doute le plus durement par la crise: 8% de récession en 2009, un taux de chômage dépassant les 13%, des déficits publics qui s'envolent à 14,3% du PIB, une dette approchant celle de la France (77,3% pour l'Irlande contre 83,6% pour la France) et qui la dépassera d'ici la fin de l'année, avec des prévisions pour 2013 variant entre 110 et 150% du PIB.



Gonflé à coup de dumping fiscal et de délocalisations, trop dépendant d'IDE volatiles dans des secteurs à croissance artificielle (Informatique), sans production intérieure réelle car poussé par des secteurs non-productifs et conjoncturels (immobilier, finance), le modèle irlandais libéral, appliqué ailleurs en Europe (Grande-Bretagne, Espagne, Pays baltes) avec les mêmes effets, s'est écroulé.



Pourtant, les gouvernants et le capital irlandais n'ont aucunement l'intention de changer de cap et comptent bien faire payer la crise de leur modèle aux travailleurs eux-mêmes.

 

 

Les suites du Traité de Lisbonne

 

 

Cynisme de la part du gouvernement irlandais et de la Commission européenne, qui ont présenté l'Union Européenne comme le sauveur du peuple irlandais au moment du deuxième vote sur le Traité de Lisbonne en octobre 2009. Menacé des pires maux par la propagande européenne, le peuple irlandais a été contraint à se désavouer.



Après avoir bafoué la démocratie et la souveraineté du peuple irlandais, le temps est venu de le faire payer.



Le plan d'avril 2009 présenté par le ministre des Finances avait pourtant montré la couleur. Annonçant vouloir réaliser de 2 à 3 milliards d'économie (selon les « experts », l'objectif est de réduire le déficit... de 2 points) il a coupé encore plus dans les dépenses publiques et a accru le poids des taxes les plus injustes:

 

  • diminution du traitement des fonctionnaires de 5 à 15%

  • hausse de la CSG locale de 3 à 10%

  • impôt forfaitaire de 7 euros par semaine sur le salaire minimum

  • diminution de toutes les allocations-sociales sauf le mininum vieillesse

  • hausse des taxes à la consommation, notamment celle sur le tabac et sur l'essence

  • diminution du budget des ministères de 3%

 

Cette saignée n'a par ailleurs aucunement amélioré la santé des finances publiques, alors que le déficit public irlandais devrait dépasser les 20% en 2010.



Car le problème n'est pas un problème de dépenses, mais un problème de recettes.

 

 

Tout le monde doit payer... sauf le capital!

 

 

Outre le faible taux d'imposition des plus hauts revenus, le grand gagnant du système reste le capital. Bénéficiant d'un des taux d'imposition sur les sociétés les plus faibles au monde (12,5%), le capital peut dormir tranquille.



Brian Cowen, premier-ministre irlandais, s'est dit déclaré à faire payer tout le monde y compris à la marge les plus hauts revenus, prenant comme exemple la diminution de son salaire de 20% et de ses ministres de 15%, mais jamais il ne touchera aux revenus du capital.



Choix de classe et nécessité bien arrangeante pour la bourgeoisie irlandaise qui a bâti sa richesse sur sa collaboration avec le capital international.



The Economist, en décembre dernier, pouvait bien crier victoire: « L'Irlande montre au monde ce que signifie réellement l'austérité ».

 

 

 

Une austérité permanente: après l'attaque maintenant la casse de la fonction publique

 

 

 

Car la cure d'austérité n'est pas terminée.



Le gouvernement a signé, notamment avec le plus grand syndicat de la fonction publique en Irlande: IMPACT, l'accord dit de Croke Park, qui est censé achever la fonction publique.



Promettant qu'il n'y aurait plus « de baisse de salaire d'ici au moins 2014 » (mais entre les lignes on peut lire pas de revalorisation non plus), le gouvernement tente de faire passer la pilule des « économies importantes dans tout le service public » avec en premier lieu « une réduction substantielle du nombre de fonctionnaires dans les années à venir ». A part cela, cet accord prévoit aussi la précarisation des agents, avec des négociations pour « un nécessaire redéploiement flexible du personnel » et la « création d'un marché du travail unifié de la fonction publique » et leur mise en concurrence avec des « promotions au mérite et à la performance ». Enfin des restrictions au droit de grève sont aussi mises en place avec la « clause sur la paix sociale ».



Si le président du syndicat IMPACT n'a pas tardé à présenter cette mesure comme « le plus sûr et le meilleur des ports disponibles pour le navire du service public dans une tempête économique qui fait rage », tous les syndicats de base ne sont pas du même avis et quatre ont déjà refusé l'accord: le CPSU (les agents de la fonction publique les moins bien payés), le TUI (Syndicat enseignant), l'ASTI (Syndicat des enseignants du secondaire) ainsi que l'IFUT (Syndicats des enseignants du supérieur).

 

 

Les communistes irlandais pointent du doigt l'UE

 

 

Le Parti Communiste Irlandais (ICP), dans un communiqué du 22 mai, a tenu à insister sur la solidarité public-privé: « Si elles sont adoptées, ses provisions et leurs impact ne seront pas limitées au secteur public mais auront un effet dans tous les secteurs de l'économie, privé et public ».



L'ICP a dénoncé le gouvernement qui adopte ces mesures « sur instruction de l'UE » et les directions syndicales qui « au lieu de l'alternative 'On reste debout et on résiste: il y a une autre voie, meilleure et plus juste' a choisi de répondre par 'Il n'y a pas d'autre voie' et de se soumettre au plan présenté par le gouvernement et l'UE ».



Car pour l'ICP, c'est bien la validité de l'analyse communiste de l'UE qui est confirmée, celle « de la nature, du rôle et de la stratégie des puissantes forces économiques qui dirigent le processus d'intégration et la construction d'un super-Etat impérialiste ». Tout cela, pour les communistes, « résultent de l'adoption du Pacte de stabilité et de croissance ».



Face à cette politique coordonnée qui vise « à sauver les banques et les monopoles et à faire payer la crise par les travailleurs » et désormais « à tirer profit de la crise pour contrôler directement les politiques budgétaires des Etats-membres dans les intérêts du capitalisme monopoliste », l'ICP appelle à la solidarité avec « les travailleurs en lutte dans toute l'Europe » en particulier « les travailleurs de Grèce et de notre organisation-soeur, le KKE » et appelle à la résistance en Irlande.



C'est sur un appel à l'unité dans la lutte contre ce projet gouvernemental et contre l'UE que l'ICP termine son communiqué: « C'est la conviction des communistes que les attaques en cours dans toute l'Union Européenne doivent être affrontées par une action unie et déterminée des travailleurs. Nous soutiendrons toute initiative qui aidera à mettre en œuvre cette unité contre le capitalisme monopoliste ».

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