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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 10:30

1150 suppressions d’emplois, médicaux, soignants et non soignants programmées pour 2010, 3500 d’ici 2012 : avec ce « plan stratégique » annoncé le 20 novembre, le gouvernement et la direction de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris ont décidé d’accélérer le déclin organisé de l’offre publique de soins en Ile-de-France comme dans tout le pays.

La coupe sombre dans les moyens humains est la meilleure traduction de la logique du plan de regroupement des 37 hôpitaux restants de l’AP-HP en 12 « groupes hospitaliers ».

Partout, les agents, médecins savent combien la situation est déjà à la limite du soutenable. Avec 3500 personnels en moins, s’ajoutant au 2500 suppressions de postes des années précédentes, il n’y aura pas d’autre solution que de tailler dans le vif, pendant que les conditions de travail seront encore davantage sous pression.

Cette perspective est inacceptable, comme les choix du gouvernement et de la direction de l’AP-HP répondant uniquement à la logique de marchandisation de la santé au profit du secteur privé et de la finance.

 


Pourquoi ces choix politiques destructeurs ?

 

Encore et toujours, la direction de l’AP-HP met en avant des prétextes financiers, sa logique de rentabilité financière contre le service public. 100 millions d’euros devraient être « économisés » structurellement chaque année.

Sauf que le déficit de l’AP-HP comme celui de l’ensemble des hôpitaux publics est complètement artificiel.

Après des années de sous-dotation, la T2A, tarification à l’activité, suivant des barèmes arbitraires, conçus pour justement défavoriser le secteur public, conduit à de nouvelles amputations budgétaires chaque année, même à un endettement sur les marchés financiers. Notamment les activités de recherche, d’enseignement, la prise en charge des pathologies lourdes, effectuées par le seul service public ne sont pas correctement financées. Le fait est bien connu mais le gouvernement se garde de le corriger.

De l’argent pourtant il y en a !

 

Depuis des années, les dépenses hospitalières de l’assurance  sont celles qui progressent le moins vite par rapport aux soins de ville et au médicament. Des chiffres permettent de relativiser les soi-disant déficits des hôpitaux publics, 800 millions d’euros par an pour l’ensemble.

Mais, Mme Bachelot sait trouver 1,4 milliard d’euros d’un coup pour acheter aux laboratoires privés dans des conditions très contestables 94 millions de vaccins pour la grippe H1N1.

Mais le total des exonérations de cotisations sociales patronales, qui pèsent directement sur les ressources de l’assurance maladie et que l’on retrouve dans les profits des grandes firmes, va atteindre 32 milliards d’euros en 2010, comme le projet de loi de financement de la Sécurité sociale l’a rappelé. Ou encore, le coût de la baisse de la TVA sur la restauration pour le budget de l’Etat sera de 2,4 milliards d’euros par an ! Question de priorité !

On ne peut pas dire que la santé est ce qui est le plus cher au gouvernement !

 

Les objectifs du pouvoir sur le long terme sont encore plus évidents depuis l’adoption de la loi Bachelot.

 

Il organise la pénurie de soins publics pour développer l’offre privée lucrative comme il organise l’assèchement des moyens financiers du secteur public pour les laisser au patronat et au secteur financier (complémentaires santé).

Les Agences régionales de santé qui se mettent en place seront l’instrument pour, sur un secteur géographique, diriger les soins les plus rentables vers le privé. La loi Bachelot a justement placé l’AP-HP sous la tutelle de l’ARS d’Ile-de-France. L’annonce de la fermeture (par décret!) de 182 sites chirurgicaux en France, effectuant moins de 1500 actes reflète directement cet objectif de donner au privé lucratif le monopole des activités les plus rentables.

« Patients, territoires, santé », personnels hospitaliers : tous sont perdants devant cette politique de marchandisation de la santé.

 

Les forces existent pour résister et faire échec tout de suite aux projets du gouvernement.

L’opposition à la loi Bachelot a été l’occasion de constater les très larges convergences d’intérêt et un début de convergence d’action entre les médecins hospitaliers, l’ensemble des personnels hospitaliers, les populations et leurs représentants, plus largement encore les salariés. Le gouvernement n’a dû qu’à la diversion constituée par les élections européennes et à sa stratégie du coup de force de faire passer sa loi au début de l’été.

Les conditions du rassemblement pour s’opposer et faire échec à ses conséquences sont toujours aussi fortes.

- Mettons en échec tout projet de suppressions de poste !

- Remettons en cause la T2A ! Rouvrons le débat sur le volet hospitalier de la loi Bachelot !

- Gagnons des financements d’urgence pour l’hôpital public notamment en remettant en cause, comme l’a fait même la Cour des comptes, les 30 milliards d’euros
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