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DEMANDEZ L'HUMA !
Vous pouvez rencontrer les communistes du 5e arrondissement tous les week-end sur vos marchés. Ils y vendent l'Humanité Dimanche, y distribuent le 5e.communiste (leur journal) et  bavardent volontiers avec les passants.

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 11:06


Voté en catimini dans la nuit de vendredi à samedi à l’Assemblée Nationale, l’amendement au plan de financement de la sécurité sociale prévoit que les travailleurs « qui le souhaitent » puissent prolonger leur activité au-delà de 65 ans.

« Nous voulons inciter les Français à prolonger leur activité, leur donner envie de le faire (…). Il y avait un côté absurde de forcer quelqu’un à partir alors qu’il voulait travailler ». L’amendement repousse de 65 à 70 ans l’âge auquel les salariés peuvent voir leur contrat de travail unilatéralement rompu par leur employeur. S’il ne modifie pas pour le moment les repères en matière de retraite dès 60 ans (âge légal de départ à la retraite) et 65 ans (âge à partir duquel les pensions sont calculées au taux plein), il accrédite l’idée que la solution se trouve dans la remise en cause de ces repères collectifs. C’est aussi dans cette déstabilisation des repères collectifs qu’il faut comprendre l’amendement voté le même jour qui repousse le seuil de départ à la retraite à 65 ans pour le personnel naviguant de l’aviation civile. Qu’importe la pénibilité du travail !

Les deux dernières décennies nous ont appris qu’en matière de retraite ce n’est pas forcément la réforme isolée qui est la plus significative mais bien la logique dans laquelle elle s’intègre. 1994, 2003, 2008… allongement de la durée de cotisation, destruction des régimes spéciaux, la logique, poussée toujours plus loin, est toujours la même : désengager au maximum le capital du financement des retraites. Conséquence nécessaire : l’allongement indéfinie de la durée de cotisation, comme le sous-entend Guaino, conseiller de Sarkozy : « On vit non seulement plus longtemps mais en meilleure santé, il est normal que l’âge à laquelle la collectivité accepte de liquider la retraite à taux plein recule ».

Travailler jusqu’au bout.

L’argument de la liberté de choix et du volontariat vanté par le gouvernement est hypocrite ! La situation dégradée de l’emploi (deux salariés sur trois sont, à 57 ans, évincés des effectifs des entreprises), les périodes de chômage non indemnisées, la non prise en compte des longues périodes d’études et de recherche du premier emploi… Dans ces conditions, de moins en moins de salariés parviennent à travailler assez longtemps pour obtenir une retraite à taux plein. Pour s’assurer un revenu suffisant, ils sont de plus en plus contraints de chercher à prolonger leur activité professionnelle, voire de cumuler retraite et emploi. Rançon des précédentes « réformes » de la retraite, le niveau des pensions baisse et, à défaut d’une autre réforme mobilisant de nouveaux financements, la tendance va s’accentuer dans les prochaines années. Les manifestations pour les retraites du mois dernier venaient justement dénoncer cette situation, mais la droite n’écoute pas ! La vérité est donc qu’en « permettant » de travailler jusqu’à 70 ans, la droite anticipe les conséquences de la dégradation des pensions !

Les retraites au cœur de la lutte des classes


Dans un système capitaliste, le seul travail valorisé de façon monétaire est le travail dédié au capital, l’individu y devient alors « force de travail ». Le travail des retraités (car ils travaillent ! ce sont eux qui remplissent les associations, les partis politiques, les mairies…) est au contraire un travail non marchand et libre. Le financement des retraites par les cotisations sociales, c’est la reconnaissance monétaire de cette part du travail qui n’est pas soumise au capital. Le mode de financement des retraites mis en place à la libération est une subversion majeure du capitalisme, et c’est pour cela qu’il est un des enjeux majeurs de la lutte des classes aujourd’hui. L’enjeu n’est pas comptable (l’argent du financement des retraites existe dans les profits financiers) mais politique : la retraite est du temps de travail alternatif à la forme capitaliste de mise au travail, c’est la possibilité d’inventer de nouvelles formes de travail dans la sphère publique. Se battre pour les retraites, c’est se battre contre l’aliénation du travail, pour la conquête d’un espace de travail libre et non marchand payé !
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