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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 08:29

Le revenu de solidarité active, cheval de bataille des prétendues politiques sociales de Sarkozy est en réalité marqué par une vision libérale du marché du travail selon laquelle le chômage serait surtout volontaire et l’existence des minimaux sociaux dissuaderait de retrouver un emploi. Cet a priori se double de l’obsession, démentie par les statistiques internationales, d’un coût du travail prohibitif en France pour les emplois dits peu qualifiés.



Des chômeurs volontaires ?

Le RSA prétend lutter contre le chômage et le phénomène des travailleurs pauvres. Il s’agit de « remettre au travail » les personnes percevant le RMI ou l’Allocation parent isolé (API) en leur permettant de cumuler leur salaire et une allocation nouvelle : le RSA.

Et si c'était (encore) un cadeau aux patrons...

Plutôt que d’obliger les patrons à augmenter les salaires, en particulier les plus bas, à créer des emplois, ce qui serait une vraie incitation à l’emploi, l’État verse lui-même, aux frais des contribuables, un complément de salaire, véritable subvention aux bas salaires accordée aux patrons!

Prendre aux riches pour donner aux pauvres ?

Sarkozy-Robin des Bois annonce un financement assis sur une « taxe sur le capital » de 1,1% afin de  trouver 1,5 milliards d'euros. Regain d'intérêt présidentiel pour la lutte contre la pauvreté ? Impôt frappant les  riches ? Pour contrebalancer le « paquet fiscal » de 15 milliards d’euros?

En fait, ce financement va peser sur une large fraction des classes moyennes et non sur les plus favorisés. Ce sont avant tout les plans d’assurance-vie (50% des ménages) qui vont être frappés ainsi que les plans d’épargne retraite. Pour les hauts revenus, la nouvelle taxe sera probablement incluse dans le champ du bouclier fiscal (pas d’imposition globale supérieure à 50%) et n’aura donc pas d’incidence.

Une mesure inefficace

Depuis l’automne 2007, dans 34 départements, sont sélectionnés des cantons-test. Sur les 130000 ménages percevant le RMI ou l’API répertoriés sur ces zones, 8000 environ perçoivent effectivement le RSA aujourd’hui, soit environ 6% des personnes en théorie éligibles. Les bénéficiaires du RSA ont un revenu d’activité médian se situant à environ 600 € / mois, dont 420 provenant du RSA. Certes, ces 8000 ménages ont bien vu leur situation s’améliorer. Pour 6 mois ? Lutter pour l’augmentation des salaires va de pair avec la lutte contre la précarité !

Le RSA « trappe à bas salaires » = dégradation des conditions de travail de tous les travailleurs

Le RSA risque de favoriser l’explosion des emplois à temps partiel : un employeur peut proposer un RSA d’1h/semaine ! L’aggravation des politiques de bas salaires serait encouragée, fondée sur des subventions aux entreprises, des exonérations massives de cotisations patronales, en permettant de verser des salaires bas qui exonèrent les employeurs de leurs responsabilités.

Rien n’est dit pour l’instant sur l’intégration des bénéficiaires du RSA dans les collectifs de travail, sur leurs droits sociaux  (notamment en matière de retraite) ni sur leur itinéraire dans le temps. Le RSA va accentuer les pressions de « mise en concurrence » de l’ensemble des demandeurs d'emploi, pour faire accepter des emplois mal rémunérés et déqualifiés et être moins exigeants sur la reconnaissance professionnelle et les perspectives d’avenir.

Il faut augmenter les salaires ! sécuriser et développer l’emploi et la formation.

Selon certains calculs, le RSA à mi-temps dépasserait parfois le SMIC à temps plein ! Donc le RSA censé fournir un revenu décent au travailleur peut dépasser le salaire minimum. Ce qui montre que celui-ci est trop bas : le RSA est une tentative magistrale de mettre en cause le SMIC lui-même.

Il faut sortir du schéma d’exploitation capitaliste : les minima sociaux ne sont pas trop élevés, mais les bas salaires trop faibles. Le relèvement des salaires et la transformation des emplois à temps partiel en emplois à plein temps répondraient au prétendu souci d’inciter au travail les bénéficiaires de minima sociaux. Cela implique aussi une responsabilisation des entreprises et des administrations dans la création et l’offre d’emplois en quantité et qualité, qui favoriserait le relèvement de la part des salaires dans la valeur ajoutée. Cette hausse de la masse salariale dans le PIB permettrait en outre de mieux financer l’ensemble des besoins sociaux (retraite, santé, famille) et de lutter efficacement contre la précarité.
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