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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 13:03
Le 19 juin dernier, les communistes du 5e arrondissement se sont réunis en Assemblée générale pour discuter de la situation politique et sociale et des enjeux du prochain Congrès du PCF. Compte-rendu des débats, par Charline.




Attention, ceci est un compte-rendu rédigé par une militante volontaire. Il ne rend évidemment pas compte de toute la richesse des arguments de chacun, ni de l'ensemble des discussions. Si vous voulez le compléter ou l'amender, ou poursuivre le débat, n'hésitez pas à laisser un commentaire !

Le rapport


L’AG a démarré sur un rapport de Marine, faisant office d’introduction au débat. En vue de la préparation du congrès, il semblait intéressant de revenir sur plusieurs points développés notamment lors des différentes réunions nationales (Tours et Paris) :

Luttes sociales

Le constat de la difficulté à mobiliser avec l’échec sur la LRU, sur les retraites. Des luttes véritablement offensives dans le commerce ou encore dans des industries où la mobilisation était auparavant faible, mais des luttes qui restent isolées. Des luttes en partie victorieuses comme celle des sans papiers, mais l’absence de convergence des luttes.

Comment expliquer ces échecs ? plusieurs pistes : la fatigue, le sentiment qu’aucune victoire réelle n’est possible en l’absence de perspective politique, la situation européenne et mondiale qui aboutit à une perception fragmentée du monde, au sentiment que le centre du pouvoir échappe au citoyen.

La situation française s’articule donc avec la situation mondiale.

Situation mondiale

la crise financière liée à la spéculation sur différents produits aboutit à une crise sociale (la crise alimentaire et la hausse du niveau des prix font naître des exigences d’augmentation de salaires). La crise financière rencontre les contradictions du capitalisme et les aiguise avec le développement de la crise environnementale entre autres (liée à l’épuisement des ressources). Le capitalisme apporte toujours la même réponse à ces crises : l’investissement dans les nouvelles technologies, pour économiser sur les salaires.
 
Alors que les situations d’exploitation et les contradictions du capitalisme sont exacerbées par ces crises, la question se pose pour nous, communistes, de comment exploiter ces contradictions ?

Dans le même temps, l’impérialisme américain se transforme : OTAN, démantèlement des Etats (ex de la Belgique en Europe). Des pôles de résistance existent : l’Amérique latine avec notamment le développement de la Banque du Sud, ou encore la Chine (avec l’interdépendance entre l’économie chinoise et l’économie américaine). La question se pose alors de la place de la France et de celle de l’Europe.

La question européenne

Le choix du peuple (le ‘non’ irlandais au référendum) doit être respecté, mais rien ne va dans ce sens. Il nous faut travailler à l’émergence de luttes européennes (le mouvement des salariés de Renault-Dacia en est une expression). Il nous faut aussi penser les politiques internationales de l’Europe en construisant des partenariats avec l’Amérique latine.

La marge d’action au niveau européen semble pourtant très réduite : le PGE ne semble pas pouvoir apporter les réponses attendues, du moins l’information manque à son sujet. La perspective des élections européennes pose la question de la constitution d’une liste commune avec le PGE ou d’une liste PC.

Plus largement, la question se pose de l’internationalisme : qu’entend on par ‘internationalisme’ ? avec qui ?

Plusieurs propositions :  le développement de services publics européens et mondiaux autour de la notion de biens publics mondiaux, la création d’un pôle public bancaire sous contrôle démocratique, la coopération avec les pays du Sud  appelant à la souveraineté économique de ces pays.

L'état de la gauche

Les présidentielles ont été un échec pour le PCF coincé entre socio-libéralisme et anti-libéralisme. L’état de la gauche italienne vient démentir la pertinence d’un modèle qu’on nous proposait après les présidentielles. Le bilan des municipales reste difficile : la stratégie d’union de la gauche échouait en certains endroits et sortait victorieuse en d’autres.

Engagement et militantisme

Il est de moins en moins facile de militer sur son lieu de travail, le renforcement des cellules et notamment des cellules d’entreprise est nécessaire.

Le militant doit être en mesure d’influer sur les décisions du parti (formation, formes de souveraineté à penser, renforcement des liens avec les élus, interdiction du cumul des mandats). La question des formes de démocratie au sein du parti se pose : les textes de préparation du congrès parlent de souveraineté de l’adhérent, mais comment lier souveraineté de l’adhérent/souveraineté du parti ? Il faut être en mesure d’allier diversité et efficacité, souvent quand une décision est contestée, c’est son mode de décision qu’il l’est plus que la décision elle-même.

Le CN ne doit pas être un parlement mais une direction, se pose dans ce cadre la question du fonctionnement en tendances. Lors de la réunion de Tours une majorité s’est prononcée pour la reconstruction de l’unité des communistes et pour une recomposition du CN qui devrait comprendre plus de militants et plus de salariés.

La préparation du Congrès

Ce qui a été mis en place au sein de la section : la constitution d’une culture commune avec les séances de formation, un travail sur l’engagement communiste avec le projet d’interviews croisées de militants, le renforcement de notre efficacité (reconstruction d’une cellule universitaire à Censier, mise en place de cafés politiques avec le MRAP et l’union rationaliste), la préparation du débat autour de l’internationalisme à la fête de l’Huma.

Il est de la responsabilité des sections et de la fédération de préparer le congrès de décembre, notamment, au sein de la section, réfléchir à ce qu’on peut demander en tant que militant pour améliorer le fonctionnement du congrès.

Discussion

Les militants sont intervenus sur différents points : l’état des luttes, le besoin d’un discours théorique clair de la part du PCF, l’activité du militant, le parti en tant que parti de responsabilité et enfin le congrès de décembre.

L'état des luttes

Jacqueline a évoqué la manif du 17 juin  sur le temps de travail où elle a eu le sentiment de voir beaucoup de CFDT (qui ne prenaient pas les tracts du PCF). Elle est revenue sur les manifs isolées (dans la radio, le CNRS, l’absence de la fonction publique dans la manif du 17). Le mécontentement est partout mais ne s’agrège pas. Jeannette a exprimé son désaccord avec le comportement de la CGT : annoncer un million de manifestants, c’était se fourvoyer. Elle s’est étonnée de la faible mobilisation alors que l’union syndicale avait été faite. A la RATP, il n’y a pas eu de mouvements de grève. Seul élément positif : la présence de syndicats d’entreprises privées. Adrien est revenu sur la plus faible mobilisation du 17 par rapport au 22/05 qu’il attribue en partie au fait que l’enseignement, secteur très important dans les mobilisations, n’était pas concerné par les 35h et a vu sa mobilisation perturbée par le déroulement des examens. Plus généralement, il a évoqué la fait que les gens ne croient pas à une possible réussite des mobilisations : sur les 35h, déjà 4 lois ont été passées pour les démanteler et en 2003, il avait déjà été annoncé que l’âge de la retraite serait repoussé à 41 ou 42 ans.

Plus largement, pour Adrien, la bataille idéologique sur la production des richesses a été perdue : les salariés n’ont plus conscience qu’ils créent de la richesse. Agnès est en désaccord sur ce point : les salariés ont conscience de la richesse qu’ils produisent mais n’ont plus conscience de la lutte. Même dans la fonction publique, il n’existe plus de forces de mobilisation, la grève par délégation n’est même plus possible. Les gens sont abattus par les cassages quotidiens qu’ils entendent, et ils n’ont plus de ressort pour la lutte. Alors que Claude avait exprimé son désaccord sur le fait que le débat se focalise sur des questions de luttes, et donc sur des questions plus syndicales que de parti politique, Agnès l’a réprouvé : on ne peut pas dire qu’on est en réunion de parti et pas de syndicat, si les gens ne croient plus au militantisme syndical, ils ne peuvent plus croire au militantisme politique. Marine a approuvé la vision d’Agnès : ce n’est pas parce que les gens ne se sentent pas pris dans l’exploitation qu’ils ne luttent pas, mais plutôt parce qu’ils ne voient pas comment faire. Alors que les salariés ne voient pas en quoi le PCF pourrait les aider à sortir de cette exploitation, une réaction gauchiste se développe, il y a alors ici quelque chose à travailler.

Julien a fait part de son étonnement de ne pas trouver sur son lieu de travail une plus forte mobilisation dans le public que dans le privé. Une réunion de SLR a réuni 10 personnes sur 3000 alors que l’avenir du CNRS est remis en cause. Lorsqu’il discute avec ses collègues, ces derniers sont d’accord mais cela ne va pas plus loin. Il se dit alors que les salariés qui l’entourent (chercheurs au CNRS) ne souffrent pas assez de l’exploitation pour ressentir le besoin de lutter contre, il propose de créer des liens avec des sections qui brassent des milieux sociaux plus populaires pour avoir des retours. Dynah a le sentiment que c’est surtout la forme de mobilisation qui ne prend pas, la succession des journées de mobilisation ne semble plus efficace.

Besoin d'un discours théorique clair de la part du PCF

Pour Jacqueline, le parti a un discours trop abstrait : il faut se poser la question de ce que sont concrètement aujourd’hui un ‘prolétaire’, un ‘ouvrier’, de ce qu’est la ‘lutte des classes’ (parler de ‘lutte des classes’ lui semble d’ailleurs gênant, elle préfère la notion d’exploitation). La révolution informationnelle en modifiant les formes d’organisation du travail et en voyant le développement du travail individuel réinterroge ces notions. Elle propose une association entre ‘prolétaire’ et ‘précaire’ dans le sens où le ‘prolétaire’ et le ‘précaire’ ont en commun de n’avoir que leur force de travail. Pour Marine,
plutôt que d’interroger l’existence de ces nouveaux métiers, il serait plus juste en tant que communiste de réfléchir sur les modifications du mode de production et les contradictions nouvelles qu'elles font apparaître. Surtout elle propose de laisser de côté le discours sociologique pour redonner sa place au discours politique.

Jacqueline reproche aux textes de préparation du congrès de n’être formulés que sur un mode interrogatif (ex ‘le capitalisme n’est-il pas en mutation ?’, ‘Peut-on changer la société dans le monde actuel ?’).

Selon Adrien, la bataille idéologique sur la production des richesses a été perdue : les salariés n’ont plus la conscience claire de créer de la richesse, et c’est en partie la responsabilité des communistes. On parle entre nous de ‘crise du capitalisme’, mais on ne défend pas cette idée à l’extérieur. La dernière affiche du PCF ‘Vive la vie’ est significative sur ce point. Par manque de réflexion théorique et de combat de fond, on est amené à être toujours dans la réaction à l’actualité. Ainsi, dans nos tracts, on est incapable de mener une campagne de trois mois sur un sujet unique jusqu’à ce que les gens soient obligés d’en parler aussi. Cette absence de combat de fond est source de régression. Marine approuve cette position : on est toujours dans le défensif. Cette stratégie n’est ni réalisable ni audible. A ce comportement de défensive, on nous oppose que le monde change. On est incapable de répondre vision globale contre vision globale. Selon Marine, cela ne vient pas d’une incapacité à produire du discours théorique, mais d’une incapacité à se mettre d’accord.

Dynah nous fait part du processus qui l’a conduit à s’engager : c’est un processus intellectuel. Adhérer au parti communiste peut ainsi être le fruit d’une réflexion théorique, ce qui doit nous motiver dans la construction d’un discours théorique clair.

L'activité du militant

Jacqueline dit se sentir militante uniquement lorsqu’elle distribue sur les marchés. C’est le travail concret qui doit nous sortir des abstractions. Elle revient sur le déménagement de l’Agro, une lutte locale qui aurait dû/doit être menée.

Elle voit dans la scission syndicat/parti la source du problème, une courroie de transmission manque aujourd’hui. Enfin, elle considère que pour rendre le parti audible, il faut que les gens sentent que celui-ci les aide au quotidien. Marine revient sur le lien parti/syndicat. Le parti fait un travail de syndicat, il le fait mal dans la mesure où il n’a pas l’organisation pour le faire, et à côté de ça, il ne joue pas son rôle dans l’élaboration du travail politique sur lequel les syndicats pourraient s’appuyer.

Julien propose de créer des liens avec des sections brassant des milieux plus populaires afin d’avoir des retours de la frange de la population qui souffre le plus directement de l’exploitation capitaliste, et donc pour qui la mobilisation est peut être plus évidente.

Le parti communiste comme parti de responsabilité

Claude a le sentiment que le programme du parti communiste est vide : il ne dirait pas clairement par exemple qu’il faut taxer les flux financiers. Marine n’est pas d’accord : le programme du parti communiste est plein de ce type de propositions.

Marine évoque la responsabilité qui est celle du parti communiste de se situer au niveau international. Le PGE ne lui paraît pas être une position crédible dans la mesure où il signifie une alliance avec les sociaux-libéraux.

Le Congrès

Dans son rapport Marine proposait aux militants présents de s’exprimer sur le congrès. Aucun militant n’intervient pourtant sur ce sujet.

Agnès explique qu’elle ne voit pas l’intérêt de se poser la question de la pertinence de l’existence du parti communiste : en tant que militante communiste, elle en est convaincue.

Claude s’interroge sur les ‘attaques’ qu’il a lues dans la presse au sujet de MG Buffet. Adrien lui répond qu’elles sont le fait de refondateurs dénonçant, sans arguments concrets, un verrouillage du débat par MGBuffet. Mimi a quant à elle le sentiment que MG Buffet dirige ou aimerait diriger le débat concernant l’avenir du parti, or ce n’est pas son rôle dans la mesure où elle n’est pas en mesure d’être réélue secrétaire nationale.

Et c’est Mimi qui conclut l’AG : ‘ Avant c’était le capitalisme qu’on voulait dépasser, maintenant c’est le parti !’.
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