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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 09:29
Rapport à l’Assemblée générale de la section Paris 5e du Parti communiste français (15 mai 2008)
Par Pierre Laroche


Mouvement social



Les hausses de prix sont au premier plan des difficultés des travailleurs et des retraités.
- Coût de la vie : augmentation d’environ 3% sur un an.
- Prix du gaz : le gouvernement doit renoncer à l’augmentation prévue pour  avril, mais restent les augmentations déjà acquises (4,5%).
- Diminution des allocations familiales : près de 600€/an pour une famille de 2 enfants.
- Logement : abaissement des plafonds de ressources pour les candidats à un logement social et surloyers pour locataires les plus aisés , ce qui revient, d’une part, à supprimer la mixité sociale en créant des ghettos de pauvres, et d’autre part :à exproprier les locataires au lieu de créer des logement sociaux.
- Le gouvernement refuse de baisser les taxes sur les carburants qui sont l’essentiel de leur prix; il conseille de faire jouer la concurrence et d’aller à vélo.
- « Franchises médicales » : depuis  bientôt 6 mois, les déremboursements de médicaments, assortis d’augmentations de la part des labos, constituent un prélèvement de 80 millions d’€ par mois pour les assurés sur les coûts de santé. En attendant le déremboursement des soins dentaires et ophtalmologiques.
- Réduction des bourses étudiantes (suppression du cas de parent isolé), Suppression de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs de plus de 57 ans.
- Désengagement de l’Etat dans les domaines de la culture : théâtre, cinéma, musées.

Le pouvoir râcle partout, à l’exclusion des profits bancaires : rien contre la fraude fiscale des grandes entreprises (40 milliards d’€ par an), par exemple contre l’UIMM qui a beaucoup d’argent dans ses caisses secrètes. Le paquet fiscal, 15 milliards d’€, dont on parle de façon trop abstraite, ce sont des chèques  pouvant aller jusqu’à 90 000 € en remboursement d’impôts aux plus grandes fortunes de France. Cf. aussi la dépénalisation du droit des affaires, le délai de prescription, effectivement allongé, commencerait à courir dès le moment où les faits ont été commis et non plus de la date où ils sont découverts.

En somme : sanctions économiques contre les malades, les retraités, les fonctionnaires, les statuts spéciaux, les chômeurs : le président et le gouvernement jouent à la fois sur un fond de démagogie et de discrimination sociale, dont les fondements racistes ne sont pas toujours absents, et sur un faux bon sens selon lequel chacun doit faire des sacrifices. Alors que c’est précisément le contraire de la solidarité : ce ne sont pas des dons généreux des entreprises, mais les cotisations des travailleurs et celles des employeurs - quand ils les paient - arrachées par les luttes des travailleurs au cours des 2 siècles passés. On peut dire en résumé que les actuels conflits sur les retraites, le temps de travail, le déficit de la Sécu, etc… naissent précisément de la volonté du capital d’annuler ces conquêtes qui portent atteinte aux profits.

En parfait accord avec le MEDEF, le gouvernement s’en prend au code du travail, à la notion même de  durée légale du travail, aux retraites - pas seulement à leur niveau, mais au droit même à la retraite en cherchant à repousser de plus en plus l’âge auquel on pourrait y prétendre ;  pourquoi pas après la mort ? C’est encore une attaque contre la solidarité, contre son idée même : on casse un à un les outils de cette solidarité nationale pour transférer ces activités au secteur privé. On fait en sorte  que les travailleurs, les citoyens, intègrent l’idée qu’il n’est pas anormal de ne pas être payé quand on ne travaille pas. On croirait relire ces textes du XIXe siècle où des ouvrières agricoles déclaraient normal de ne pas être payées quand le temps était mauvais et les empêchait de travailler : comme si le salaire rémunérait le travail et non l’achat de la force de travail par l’employeur. Au passage, on voit bien comment la décision de notre section pour la formation théorique économique trouve sa place dans la bataille de classe au plan de ce qu’on appellera provisoirement l’idéologie .

Cette politique aggrave massivement les inégalités, tout le monde le constate, mais on ne mesure sans doute pas maintenant tous les résultats et les conséquences envisageables de cette politique dévastatrice  : en quelques mois, le régime mis en place en 2007 a entrepris et bien commencé à détruire le tissu social, idéologique et culturel construit en France depuis le XVIIIe sicèle, avec le Siècle des Lumières, la Révolution, la création d’un Etat laïque, la différence entre gauche et droite, les conquêtes du Front populaire, de la Libération, de 68 ; plusieurs observateurs commencent à craindre que cette offensive tous azimuts menace la cohésion sociale dans laquelle se déroule la lutte des classes en dehors des périodes de violence révolutionnaire ou contre-révolutionnaire, et que les prémisses pourraient en être l’extension des zones de violence et de non-droit, là où le chômage touche plus de 30% des jeunes, où l’habitat est trop dégradé, où la misère et le mal-vivre arrivent au-delà du supportable, ces lieux auxquels on ne peut même pas donner de nom : les « banlieues » (mais pas St Cloud ou Neuilly sur Seine), les « quartiers », mais pas les « Beaux quartiers ».

Cette politique où s’associent gouvernement et MEDEF suscite de fortes résistances et, même dans la majorité, même à l’UMP, les réticences et les désaccords sont désormais visibles à l’œil nu.

Dans le monde du travail,  je ne prendrai que 2 exemples récents pour dire en quoi ils me semblent significatifs.

Grève des travailleurs sans papiers et souvent sans salaire.  Premiers signes : septembre 2006, chez Modeluxe à Chilly Mazarin, puis en 2007 : Metal Couleur (Val de Marne) puis Buffalo Grill à Viry Chatillon : c’est alors qu’on commence à expliquer ce que sont les « sans papiers » : des « travailleurs délocalisés dans des entreprises non délocalisables » comme le bâtiment et l’agriculture : il y a longtemps qu’on sait que la quasi-totalité des sans papiers sont des personnes qui travaillent, plus ou moins clandestinement, sans droits, exploitables et exploités sans limites par des entreprises qui utilisent cette main-d’œuvre à la fois pour son bas coût, obtenu par le chantage, et pour la pression qu’elle exerce de ce fait sur les autres salaires (comme la pression qu’exerçaient et exercent encore, à leur corps défendant, les chômeurs), même si maintenant des employeurs font mine de les découvrir et de découvrir qu’ils sont sans papiers ou présentent de faux papiers. Le MEDEF et Sarkozy feignent de découvrir leur existence et de s’en indigner. Ce sont des armes contre l’emploi et contre les salaires, et on ne peut imaginer que ce soit une découverte soudaine pour les responsables nationaux des entreprises et de l’économie. Ces mouvements des sans papiers, avec la participation de la CGT et le soutien du PCF, ont permis de placer la lutte sur son véritable terrain, qui n’est pas celui de l’immigration, mais celui des droits et des salaires des travailleurs.



Je trouve également très intéressante la lutte des travailleurs roumains de Dacia, qui viennent d’obtenir une augmentation de 97 € par mois sur 2 ans avec effet rétroactif au 1er janv. 2008 + prime annuelle de 248 € au minimum, dans un pays où le salaire  brut mensuel moyen est de 618 € et le salaire minimum légal de  218 € (statistiques de 2007). Alors que les employeurs jouent de l’opposition entre travailleurs des pays dits développés et ceux des pays « émergents », la lutte et le succès de ceux de Dacia remettent  les pendules à l’heure, la solidarité entre travailleurs des 2 pays a joué (collecte organisée par la CGT en France): les uns et les autres sont exploités, solidaires dans le même combat pour leur emploi, leur salaire, leur dignité, alors qu’on veut les opposer comme des gladiateurs.



Le succès de la manif du 1er mai se nourrit de ces mouvements en cours depuis des semaines, sur les problèmes de l’éducation, les sans papiers, les insuffisances des salaires ; des mouvements qui marquent parfois des points : abandon de l’ « Ardoise » (fichage des élèves du primaire et des collèges).

On sait que la politique du gouvernement et du Président n’a plus la cote. Le succès de la journée de grève et de manif dans la fonction publique, aujourd’hui 15 mai 2008, confirme, peut-être surtout dans l’enseignement, le mécontentement et la colère, l’exaspération, des salariés et des usagers. Il est intéressant aussi de noter le refus de 90% des communes d’assurer le « service minimum » ; des parents d’élèves l’ont boycotté en disant « l’école n’est pas une garderie ». Mais Xavier Darcos espère bien imposer ce « service minimum » cet été, quitte à le débaptiser, et aujourd’hui, alors qu’en France, des centaines de milliers de travailleurs, d’usagers, de lycéens et collègiens, de parents d’élèves, protestent dans la rue contre les attaques continues dont la fonction publique et les services publics sont l’objet de la part du gouvernement et du MEDEF, André Santini, célèbre pour son sens de l’humour ( ?) déclare que la grève est un moyen de revendication qui date un peu : à quand son interdiction ?

Cependant, la lutte contre l’aggravation des inégalités en tous genres ne porte pas en soi le projet, les propositions, politiques fortes pour en sortir. En Europe, terre natale et terre de choix de la social-démocratie, celle-ci ne fait plus recette. Il y a eu des gouvernements de gauche ou de centre gauche, avec des luttes, depuis des mois, en Italie, en Allemagne, en France, en Grande Bretagne. Mais, en l’absence de luttes sur un projet politique, cela n’a débouché que sur des illusions, des positions protestataires, l’abstention, ou des réponses de droite, populistes, xénophobes, sécessionnistes. La réponse ne saurait être non plus, dans une dilution, sous diverses formes, de la gauche dans la droite, comme on la voit dans le recrutement de socialistes, au niveau du gouvernement mais aussi des conseils municipaux, dans le camp de la droite sarkoziste et comme on risque de la voir à propos de la réforme des institutions concoctée par la commission Baladur.

Les choses semblent aller différemment en Amérique latine, qui a subi pendant des siècles la colonisation, les génocides, les régimes dictatoriaux : de nombreux peuples continuent à lutter contre la famine, la misère, les dominations, dans des conditions et par des moyens inattendus dans nos pays, pour des objectifs de transformation sociale. Au Venezuela, le mouvement populaire s’identifie, depuis quelques années, au soutien à Hugo Chavez, un général,  ancien putschiste, catholique,  malgré l’opposition des Etats-Unis, et de leur complice Alvaro Uribe, président de la Colombie, et celle de l’Espagne d’Aznar jusqu’à la victoire de Zapatero en Espagne. On ne peut être sûrs du succès de cette entreprise : la lutte des classes existe toujours et les Etats-Unis n’ont certainement pas abandonné. Il y a un réel enjeu de société car le pouvoir a décidé que le pétrole ne devait pas rester un bien privé. En Bolivie, Evo Morales, syndicaliste amérindien, rassemble les planteurs de coca ( pour qui la coca n’est pas synonyme de cocaïne, mais une plante médicinale qui a aussi la capacité de retarder la faim et la fatigue) ; il est à son tour l’objet de la contre-offensive américaine qui nourrit la poussée sécessionniste des riches propriétaires terriens de la région de Santa Cruz. Là, comme au Kosovo et, pourquoi pas dans d’autres régions du monde, en Europe, au Moyen Orient et en Asie, le capital n’hésite pas à tenter de faire exploser l’unité nationale pour imposer sa domination : il l’a fait en ex-Yougoslavie, il l’a tenté et le tente peut-être encore en Italie.



Atlantisme

L’atlantisme, s’il n’est pas le tout de l’impérialisme, correspond à la recherche actuelle de domination de l’impérialisme américain qui, de toute façon, contribue à définir les modalités actuelles de la domination impérialiste : séditions, provocations, guerres, pressions diplomatiques, politiques, économiques, idéologiques.

Depuis plusieurs années, et surtout depuis la disparition de l’URSS, l’OTAN met en place une nouvelle stratégie, son rôle dans le cadre de la guerre froide contre l’URSS et ses alliés ayant disparu. G.W. Bush ne veut plus qu’elle soit limitée à une fonction défensive mais qu’elle ait une fonction hégémonique pour le monde « occidental », contre une « nouvelle idéologie totalitaire […] la perversion d’une fière religion », contre laquelle « les Etats-Unis se trouvent dans les premières années d’un long combat semblable à ce que notre pays a eu à affronter  dans les premières années de la guerre froide » déclare le secrétaire général de l’OTAN lors du sommet de Bucarest fin mars 2008. Il annonce que l’OTAN doit se changer  en « instrument politico –militaire  flexible, au service non seulement de ses membres mais de celui la plus large communauté internationale ». Thèse que résume Nicolas Sarkozy en parlant de « centralité de l’OTAN ».

Après avoir enrôlé la Hongrie, la république tchèque et la Pologne, alors que la Finlande et la Suède s’en approchent à petits pas dans le cadre des « partenariats permanents », l’OTAN se confirme donc comme force d’intervention voulant étendre ses compétences à l’ensemble de la planète, se substituant à l’ONU : en 99 au Kosovo, en 2001 en Afghanistan. Mais, en Afghanistan, après 7 ans de guerre, rien n’est réglé ; certains alliés des Etats-Unis traînaient des pieds : l’Allemagne, la France, l’Italie (avec Sarkozy et Berlusconi, ça va changer).

Pour la France, Sarkozy, alors qu’il avait dit entre les 2 tours de la présidentielle que la présence de la France dans cette région du monde ne lui semblait pas décisive, a déjà décidé de renforcer cette présence en Afghanistan et de réintégrer le commandement intégré de l’OTAN  que la France avait quitté en 1967, conformément à l’orientation de De Gaulle, ce qui avait permis le départ des bases et des troupes américaines installées en France depuis la fin de WWII. Le projet de Sarkozy est d’aller vers une coopération entre l’OTAN et l’Europe de la défense : « je souhaite, dit-il devant les ambassadeurs français l’été dernier, que, dans les prochains mois, nous avancions de front vers le renforcement de l’Europe de la défense et vers la rénovation de l’OTAN, et donc de sa relation avec la France ». Ce qui compromettrait le rôle de l’ONU comme garant de la paix et de la coopération. Tout comme le compromet le projet de Bush d’installer en Pologne et en République tchèque des systèmes antimissiles, en dépit de l’opposition de la Russie. C’est-à-dire que Sarkozy, à la veille d’assumer la présidence de l’U.E., apporte sa pierre au projet Bush d’une OTAN qui tendrait à se substituer à l’ONU en étendant ses compétences à l’ensemble de la planète, perspective qui est loin de faire l’unanimité. 

L’enlisement des Etats-Unis et de leurs alliés dans le conflit irakien,
s’il se fonde sur la volonté de contrôler la production pétrolière et offre des profits aux complexes militaro-industriels des Etats-Unis et, pour quelques-uns, européens, a amené à la déstabilisation de toute la région et permis le renforcement de l’argument idéologique du « choc des civilisations », à son tour propice au développement accru de la confrontation au lieu de la diplomatie. Ce qui est le fond idéologique du remplacement de l’ONU par l’OTAN. Certains anciens dirigeants militaires européens demandent d’ailleurs que l’OTAN puisse déclencher des conflits préventifs, i.e. déclencher la guerre, y compris par des frappes nucléaires à titre préventif, pour empêcher la prolifération d’armements nucléaires. Ce qui est à rapprocher du discours de Sarkozy sur la centralité de l’OTAN.

Sur ces questions touchant à l’indépendance nationale, il n’y a pas eu de vote du Parlement français. Pourquoi ? Pas tellement parce que c’était juridiquement possible. Mais il n’y a pas eu non plus de mobilisation des forces de paix et d’indépendance nationale. Pourquoi ?

Devant l’Assemblée nationale, François Fillon ne s’est pas privé de s’appuyer sur le précédent de 2001, quand Jospin avait refusé de faire voter le Parlement sur l’engagement de la France en Afghanistan. Fillon aurait eu tort de s’en priver parce que cela relativise largement la protestation de Jean-Marc Ayrault contre le revirement de Sarkozy ; protestation ambiguë d’ailleurs qui a failli être noyée dans un document fourre-tout qui y aurait mêlé la situation économique mais que J.M. Ayrault explique ainsi : « ce revirement a peu à voir avec l’Afghanistan et beaucoup à voir avec l’obsession atlantiste du Président de la République […] la pauvreté n’a pas reculé, l’islamisme  regagne du terrain » ; Ayrault relève les « erreurs » de la coalition, qui a privilégié « l’éradication militaire  au détriment de la reconstruction ». On peut aussi observer que D. Voynet s’est prononcée en faveur de ce renforcement des troupes françaises dans la guerre en Afghanistan, même si c’est avec des conditions : « réduire la pauvreté en Afghanistan… avoir une stratégie cohérente qui permette de réduire l’influence d’Al Qaeda ». S’agit-il d’erreurs, même stratégiques, d’incohérence stratégique, ou, sous couvert de lutte contre le terrorisme, comme disent Bush et Sarkozy, de choix politiques dans une stratégie de classe guidée par ce qu’il faut bien appeler l’impérialisme, américain pour l’essentiel. Il y a dans ces propos, dans leur rapport avec la pratique, des ambiguïtés sur lesquelles il sera sans doute bon de revenir.

Le choix atlantiste de Sarkozy n’est absolument pas en contradiction avec les traités européens dont le traité de Lisbonne, contre lequel le PS n’a pas mené bataille, c’est le moins qu’on puisse dire, pas plus que contre le traité de Maastricht (1992) qui stipulait que « la politique de l’Union respecte les obligations découlant du Traité de l’Atlantique Nord pour certains Etats qui considèrent que leur défense commune est réalisée  dans le cadre de l’OTAN » La "défense européenne" ne signifie pas la défense collective des pays européens contre une agression extérieure (défense qui reste garantie par l'OTAN) mais la gestion des crises à l'extérieur de l'Union européenne, par des opérations de maintien ou de rétablissement de la paix ou des missions humanitaires. Le Traité de Lisbonne précise que « l’Union peut avoir recours à une capacité opérationnelle s’appuyant sur des moyens civils et militaires dans les missions en dehors de l’Union afin d’assurer le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale ». 
Les prises de position récentes de l’OTAN confient explicitement l’ensemble des responsabilités de l’OTAN à un commandement américain, à la fois dans l’Atlantique nord et en Europe.

Cette politique est alors à mettre en relation avec les orientations de la politique américaine dans les années récentes :

La guerre en Irak, lancée par une opération médiatique, comme celle qui s’est développée récemment sur l’Iran, à propos d’armements nucléaires introuvables et introuvés. La guerre en Afghanistan, qui dure depuis 7 ans, qui n’a réussi qu’à redonner des bases populaires aux talibans et qui est relancée par la bonne volonté des gouvernements italien et français.

En Amérique latine : la campagne contre le régime vénézuelien, campagne qui s’appuie sur les mensonges et les manœuvres militaires d’Uribe à propos de la libération d’Ingrid Betancourt et d’autres otages, alors qu’on peut  soupçonner les Etats-Unis de vouloir semer la zizanie entre les forces populaires du Venezuela et celles des autres pays de la région afin de faire obstacle à un processus de rapprochement de l’ensemble des pays latino-américains, et, comme dit Chavez, de «mettre la main sur les plus importantes réserves d’hydrocarbures du monde », celles du Venezuela. Toujours en Amérique latine, je ne reviens pas sur ce que j’ai dit à propos de la tentative de sécession en Bolivie.

Il y a aussi une opération idéologique, avec l’appui des medias, qu’on  a vue récemment à propos des FARC « marxistes » preneuses d’otages puis de la Chine « communiste »  qui opprime le Tibet et le peuple chinois. Le recours à ces qualificatifs employés dans un sens qui leur a été donné depuis qu’un « spectre hante l’Europe », et qu’un demi-siècle de guerre froide a banalisé, a pour objectif de discréditer ceux qui s’opposent à la domination politique et économique du capitalisme : ce sont des marxistes, des communistes, des terroristes. On peut d’ailleurs observer que, alors que le gouvernement chinois semble autrement efficace et proche des besoins de la population que la junte birmane devant une catastrophe naturelle, personne ne fait plus état de sa qualité de « communiste ».

Commerce, industrie, agriculture, émeutes de la faim : de Haïti à l’Egypte ; les objectifs fixés en 2002 par l’ONU ne seront pas atteints, la France diminue son aide au développement pour la 2e année consécutive.
Domination sur les peuples, en particulier sur les plus pauvres, sur l’Afrique dont on a pillé les ressources humaines par l’esclavage puis l’immigration, ainsi que les ressources minières, détruit les cultures vivrières pour faire cultiver à bas prix des produits exportés en Europe, en mettant en crise les agricultures européennes. Et on continue en détruisant les ressources halieutiques de l’Afrique.

Crise financière :



Inflation : niveau record, prétendu résultat du krach de l’été dernier :  énergie, produits alimentaires (riz : + 30% depuis début 2008) + spéculation due à perspective de pénurie énergétique, + demande augmentée des pays émergents et de la Chine.

Mais l’essentiel de l’inflation est lié à la spéculation sur ces produits (pétrole, riz, blé, soja, maïs) qui servent de valeurs-refuge, comme l’or autrefois (et peut-être à nouveau) : les spéculateurs jouent sur les crédits bon marché mis à leur disposition par les banques centrales pour éviter la faillite du système.

Je voudrais suggérer brièvement une réflexion, qui ne devrait pas être absente de notre congrès : la diversité de ces situations nouvelles, dans le cadre de la mondialisation capitaliste et dans un monde où les questions internationales, y compris celles de la paix, sont presque exclusivement traitées par les classes dirigeantes et ce qu’on appelle les « élites » (terme qui devrait faire l’objet d’une analyse), cette diversité pose la question de la construction d’un internationalisme nouveau, évidemment pas la recréation d’une internationale ni le retour à l’internationalisme prolétarien, mais un internationalisme différent aussi de l’alter-mondialisme, mais qui en tienne compte, comme de ce qui existe comme formes de rapports en matière syndicale, culturelle, de lutte pour la paix, pour la démocratie, la solidarité : un internationalisme qui serait à même de réfléchir et de peser sur des situations aussi variées que celles de la Birmanie, de la Palestine, du Kosovo, de la Colombie ou de la Bolivie, de même que dans des questions comme celles des formes de lutte (qu’est-ce que le terrorisme ?), des crises financières, des crises de production, des révoltes de la faim, des délocalisations, du désarmement nucléaire, et même de la pollution et de l’avenir de la planète, sans se situer sur le terrain de la diplomatie qui devrait, je pense, rester celui des Etats et de l’ONU, mais sur celui de la proposition de luttes, de leur coordination et de leur signification politique. Je vois bien que l’ampleur des enjeux  n’a d’égal que l’ampleur de la tâche : c’est peut-être une raison pour commencer à s’en préoccuper.

Dans ce cadre, quelle est la situation des forces de gauche européennes et quel est le rôle  envisageable du PGE ? La cellule de Censier  a l’intention d’organiser à l’automne une discussion avec F. Wurtz (il est d’accord) sur les questions de la gauche européenne.

Préparation du 34e Congrès

Préparation nationale:

Le Congrès du Parti aura lieu les 12, 13 et 14 décembre prochains.

Le Conseil National, réuni fin avril, en a ainsi rappelé les enjeux :
- bilan politique de nos évolutions et initiatives
- analyse de l’état du monde
- à quelle unité des « dominés » voulons-nous travailler
- quel nouveau type de dvpt
- qu’entendons-nous par communisme aujourd’hui
-  notre projet politique
- notre conception du rassemblement
- quelles transformations du PCF.

A partir de ces questions, sections et fédés devraient tenir des réunions de travail et des débats. Ces réunions pourraient avoir pour axes les 3 thèmes retenus pour les rencontres nationales des 30 mai (Paris, Où va le monde ?), 7 juin (Marseille, Notre projet politique) et 14 juin (Tours, le Parti). L’objectif est de mobiliser 1500 militants.

Notre préparation de section : pour lancer la réflexion, nous envisageons de réaliser, comme initiative propre à notre section, des interviews croisées de communistes et d’ex-communistes de la section de différentes générations (cf. Agnès) :
- pourquoi et comment ces camarades sont devenus communistes
- contenu actuel de leur activité de communistes.

Un avis personnel : Une question mérite d’être présente dans cette préparation : celle des rapports entre élus  et parti. C’est une question qui, est loin d’être simple et qui est importante, le travail des élus est important : chacun peut le mesurer avec le rôle de nos parlementaires, dont Chassaigne notamment, à propos du débat sur la loi sur les OGM.



 
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