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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 11:59
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Il y a quelques semaines, on célèbrait la journée des femmes. Un article de Michèle Camous (PCF Paris 12) revient sur cette journée, et sur les luttes féministes pour l'égalité.


La journée des femmes a été l’occasion pour les uns et les autres d’y aller de leurs discours trop souvent réduits à un hommage plus ou moins sincère aux femmes, ou bien à des déclarations compassionnelles sur ces pauvres femmes qui continuent, année après année, à cumuler travail professionnel et travail domestique.

Pour les plus jeunes hommes ou femmes, cette journée du 8 mars peut apparaître quelquefois comme une commémoration de plus. Pourtant, l’officialisation de cette journée par l’ONU en 1977 est le résultat de plusieurs décennies de luttes des femmes du monde entier pour la reconnaissance de leur place dans la société, leur liberté, leur dignité et l’égalité.

Les femmes n’ont jamais été seulement des épouses ou des mères. La plupart d’entre elles a toujours travaillé, que ce soit à la ferme, dans l’artisanat ou dans le commerce de leurs maris. La grande transformation du travail des femmes s’est faite par leur arrivée massive dans les emplois salariés dès la fin du 19ème siècle. Et pourtant, ce n’est qu’en 1907 qu’elles ont eu le droit de disposer librement de leur salaire et ce n’est que depuis 1965 que leur mari ne peut plus s’opposer à leur activité professionnelle. Aujourd’hui, elles sont presque aussi nombreuses que les hommes à travailler. Mais en matière de salaire et d’égalité professionnelle, malgré toutes les lois qui se sont succédées depuis 1972, le compte n’y est toujours pas.

Pour qu’elles obtiennent enfin la qualité de citoyennes à part entière en 1945 avec le droit de voter et d’être élues, il a fallu leurs luttes opiniâtres soutenues particulièrement par le PCF qui, dès les années 20, présentaient des femmes sur ses listes. Mais, là non plus, le compte n’y est toujours pas.

Dans les années 60/70, sans doute dans un contexte accéléré par la remise en cause de toutes les hiérarchies très présente dans le mouvement de 1968, les femmes se sont battues et ont obtenu le droit d’être maîtresses de leur corps avec le vote mouvementé des lois sur la contraception en 1967 et autorisant l’IVG en 1975. C’est, à mon avis, une des conquêtes les plus importantes parce qu’elle rend les femmes maîtresses de leur décision d’avoir ou de ne pas avoir d’enfant, de leur orientation sexuelle comme pour les hommes. C’est tout leur rapport au couple, à la société et à elles-mêmes, qui se trouve changé. C’est un des moyens de les soumettre, de les dominer, qui ainsi disparaît. Mais, comme la plupart des acquis, ces avancées sont régulièrement remis en cause.

Le patronat a besoin d’un salariat bon marché, flexible, corvéable à merci. Avec la droite, il parle d’égalité mais réussit à obtenir des lois qui précarisent de plus en plus les salariés et en premier lieu les femmes avec notamment les temps partiels imposés, le travail du dimanche et le travail de nuit.

Le gouvernement Sarkozy/Fillon parle d’égalité mais il refuse d’augmenter le SMIC alors que 8 smicards sur 10 sont des femmes. Il refuse aussi de revaloriser les petites retraites qui sont principalement le lot des femmes. Et il prévoit de ramener de 30 à 5 ans la possibilité d’obtenir réparation pour discrimination, notamment de genre.

En matière de vie citoyenne, malgré la loi sur la parité l’Assemblée Nationale, par exemple ne compte en 2008 que 18,6% de femmes élues et le gouvernement, à l’occasion des élections municipales et cantonales, vient de remettre en cause indirectement l’efficacité de cette loi avec l’instauration de binômes titulaires/suppléants pour les candidatures aux Conseils Généraux. A votre avis, les remplaçants seront-ils des hommes ou des femmes ? Le résultat est prévisible dès maintenant : il y aura encore moins de femmes titulaires. Et puis, il faut créer les conditions de leur engagement en obtenant l’instauration d’un statut de l’élu, sans cesse refusé par la droite, qui permettra à tous les élus d’assumer pleinement leur mandat électif. Ce serait bénéfique aussi pour les hommes qui ne sont pas tous administrateurs de société ou exerçant une profession libérale.

En matière de droit à la maîtrise de leur corps, l’arrêt de la Cour de Cassation ouvrant la possibilité de donner un état civil à un fœtus mort avant l’accouchement soulève de grandes inquiétudes. C’est le statut de l’embryon qui est remis en question avec toutes les conséquences possibles de remise en cause du droit à l’IVG. S’y ajoute un manque cruel d’équipements et de personnels qualifiés pour les accompagner, et en particulier pour les très jeunes filles, dans leur choix de planification familiale. La maternité n’est pas mieux lotie et nous connaissons dans le 12ème des exemples montrant la nocivité de la politique de la droite qui met les établissements au bord de la faillite. C’est toute la santé qui est menacée en restreignant les moyens pour les naissances.

Enfin, un collectif national, auquel participent pleinement les communistes, a passé plusieurs mois à élaborer une loi contre les violences faites aux femmes. 4000 femmes sont violées chaque mois, une femme est tuée par son compagnon tous les 3 jours, 1 femme sur 10 se déclare victime de violences conjugales. Mais seulement 13% portent plainte. Le temps des souffrances silencieuses est donc très loin d’être révolu. Il faut hausser le ton et exiger des parlementaires et du Président Sarkozy (c’est encore une promesse non tenue) qu’ils votent enfin la loi-cadre contre les violences faites aux femmes.

Certains et même certaines disent « le féminisme c’est fini ». Pourtant l’examen des réalités montre tout le contraire. Et les discours de N. Sarkozy, martelant l’idée que les religions sont à la base des civilisations, permettent aux courants les plus réactionnaires de relever la tête ; c’est le cas un peu partout en Europe. La laïcité est menacée et c’est dangereux pour les femmes.

Il reste encore beaucoup de « Bastilles » à prendre et le féminisme a de l’avenir. On pourrait même dire que c’est l’avenir vu comme lutte émancipatrice contre toutes les ségrégations, toutes les formes d’exploitation, de domination y compris patriarcale. Le capitalisme se nourrit de toutes ces aliénations. Il a intérêt à la séparation des rôles qui divise celles et ceux qu’il exploite. Le féminisme c’est aussi le respect de l’autre, de celui ou de celle qui est différent.

Les luttes des femmes sont en train de prendre un élan nouveau malgré les difficultés, comme la lutte remarquable des femmes salariées du commerce, des hospitalières et aussi des étudiantes et lycéennes.

Les communistes sont bien décidés à mettre toutes leurs forces au service de celles et de ceux qui se battent, qui veulent une société une société qui permette l’émancipation, l’épanouissement de toutes et tous, en se servant de tous les points d’appui.
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