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DEMANDEZ L'HUMA !
Vous pouvez rencontrer les communistes du 5e arrondissement tous les week-end sur vos marchés. Ils y vendent l'Humanité Dimanche, y distribuent le 5e.communiste (leur journal) et  bavardent volontiers avec les passants.

Nous sommes tous les samedis à partir de 11h aux marchés de Port-Royal et tous les dimanches à la même heure au marché de la place Monge.

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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 10:21
Une contribution de Pierre Laroche.


images.jpegAlors, ça y est, le Parti communiste français n’existe plus ? Dans « l’Huma » du 10 novembre, p. 10 à 12, 4 dirigeants de ce parti s’expriment : Jean-Claude Gayssot, Daniel Cirera, Roger Martelli, Yves Dimicoli. Un seul, Yves Dimicoli, se prononce clairement pour le maintien du Parti communiste français.
De drôles d’oiseaux tourbillonnent au-dessus de municipalités dont le maire est communiste ou apparenté. Le PS ne se cache pas de vouloir nous ôter une bonne partie de nos élus municipaux, au prix d’alliances parfois troublantes, voire inquiétantes. Démarche suicidaire au demeurant : comment imaginer que nos électeurs vont se jeter une fois encore sur le vote utile « pour faire face à la droite » quand ils constatent que ce vote utile aboutit au débauchage de responsables « de  gauche » par le parti dominant ?

Allons-nous vers une Conférence extraordinaire, pour un Congrès d’un parti qui n’existe plus, dont les dirigeants ont jeté le manche après la cognée ? Ce ne serait pas très mobilisateur.

Il ne s’agit pas de condamner leur volonté de novation, de recherche d’une politique nouvelle pour ce parti que nous avons construit dans des luttes jamais simples, face à des adversaires puissants, dans des contextes internationaux dont nous ne savions pas tout. Et tout cela reste vrai. Mais en quoi la dissolution du Parti communiste et son remplacement – par quoi ? – est-elle une réponse ? Nulle part en Europe occidentale où le parti communiste a disparu, il n’a été remplacé par une force révolutionnaire qui veuille se donner les moyens politiques d’une transformation de la société, mais tout au plus par des organisations en quête de compatibilités entre la domination du capital – et maintenant : domination du capital financier, contestée même par des entrepreneurs - et les besoins sociaux d’emploi, formation, logement, santé, culture, de paix et de coopération.

Depuis un peu plus d’un an, nous avons de nouveaux adhérents, des femmes et des hommes, nombreux, jeunes, actifs et curieux, pleins d’idées et de propositions, décidés à prendre des responsabilités pour relancer et rénover l’initiative communiste pour ces objectifs. La relève.

La relève si on leur en donne la possibilité. Ils veulent savoir pourquoi les choses se sont passées depuis 30 ans de telle sorte que les communistes se sont ainsi affaiblis. Pourquoi nos regards critiques sur le passé sont-ils si peu constructifs. Marie-George Buffet constate que nous avons « surdimensionné la question des alliances », ce que beaucoup d’entre nous ont pensé aussi, parfois – c’est mon cas – avec retard. Mais maintenant, que fait-on de cette analyse ? L’H.D. du 31 octobre au 7 novembre sert la soupe à Dominique Voynet, qui convoite la mairie de Montreuil et ne s’en cache pas. Nos nouveaux adhérents, mais aussi des camarades qui ont connu des expériences difficiles, parfois douloureuses, des doutes qu’ils ont étouffés parce qu’il n’est jamais simple, et encore maintenant, de défendre des positions opposées à celles de la direction, se posent et posent des questions sur un avenir politique qui est aussi le leur.
   
La préparation de notre conférence extraordinaire et du congrès de 2008, en ce moment de forte tension de la lutte des classes en France et sans doute bien au-delà, peut être le moment de donner un signe fort que le Parti communiste français reste le seul qui veuille réellement rassembler les travailleurs du public et du privé, de tous âges et de toute provenance pour s’opposer courageusement à la privatisation de toute la vie sociale, à la domination des idées de résignation, de concurrence effrénée comme si chacun voulait faire partie de ceux qui dominent les autres.

Beaucoup de communistes, une majorité sans doute, ne veulent pas abandonner ce combat. Mais n’attendons pas l’alerte noire pour dire que nous voulons poursuivre le combat communiste, le combat du Parti communiste français. Prenons la parole à tous les niveaux du parti jusqu’au début du mois de décembre et au-delà.

Pierre Laroche,
Paris 05
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commentaires

Matthias 21/11/2007 03:04

Cher Olivier,

Loin de moi l'idée de penser que le parti communiste est inutile.Il est utile et tenter de le faire rebondir aurait une légitimité et une utilité. Je fais partie de ceux qui ont fait campagne au printemps pour qu'il pèse le plus lourd possible, ce n'est pas pour dire maintenant qu'il est inutile.

Par contre, dire que "seul le mot communiste porte en lui l'exigeance et l'urgence du renversement du capitalisme" ne me parait pas absolument exact. Pour l'urgence peut-être, pour l'exigeance non.
Surtout, si les mots ont leur importance, il définissent quelque chose. Or aujourd'hui que définit le "communisme" ? Est-ce seulement "le mot communiste" qui porte en lui l'exigence et l'urgence du renversement du capitalisme ou est-ce plutôt l'idée ? (la question est volontairement provocatrice).
Une fois les gens ou les idées rangées dans des catégories de mots ("socialiste", "social-démocrate"), que deviennent leur idéal, leur méthode, leurs actions ? Que veux-dire être "communiste" aujourd'hui ?

Le communisme dont est né le parti communiste, c'est-à-dire initialement le bolchévisme, porte pour une part essentielle sur la méthode de conquête du pouvoir.
Or l'idée communiste dans son sens général porte sur l'appropriation collective des moyens de production et laisse donc, d'après moi, le choix des moyens pour arriver à cet objectif. C'était par exemple pour celà que Jaurès voyait dans "le socialisme un manière d'arriver à la société communiste". Tu remarqueras que les régimes d'Europe de l'Est se disaient "communistes" mais s'appelaient Républiques "socialistes"...

Sur quoi te fondes-tu pour affirmer que les dénominations "gauche progressiste" et "république sociale" sont "profondément social-démocrates" ? Entends-tu par là que ce qui vise une action légale et progressive est social-démocrate par opposition aux révolutionnaires ? Si tel est le cas, permet moi de te dire que le PCF est social-démocrate au moins depuis 1936 !

Aujourd'hui, il me semble, et j'espère, que les communistes et les socialistes (qui ne sont pas des socio-démocrates) français ont dépassé la querelle sur la méthode (depuis longtemps d'ailleurs). Dès lors, dans l'idéal commun d'une société collectiviste et en accord global sur la méthode pour y arriver, je m'interroge sur la pertinence de la persistance de ce clivage et sur son efficacité pour les travailleurs. Mais j'accepte volontiers le débat !

PS: tu écris "C'est face aux militants communistes, et seulement face à eux qu'ils disent, sur les marchés "ça existe encore !" comme pour se rassurer. Même affaibli, le spectre les inquiète encore.". De quel spectre parles-tu ? S'il s'agit du spectre du communisme en tant qu'idée je te soutiens. Si tu parles du spectre des régimes qui se sont réclamés ou se réclament encore du communisme (d'Etat), je t'avoue que ce spectre là m'inquiète aussi.

Olivier 19/11/2007 17:45

Comment peut-on vouloir remplacer le mot "communiste" par les mots "social" ou "socialiste" ?

Le mot "communiste" est nécessaire, parce qu'il reste impossible à assimiler par l'idéologie dominante.

Le mot "communisme" fait légitimement peur, parce qu'il exprime le refus de l'économie capitaliste et la volonté de transformer radicalement la société.

Une organisation politique véritablement "progressiste" ne doit pas chercher à épouser l'opinion dominante, sous peine de servir les intérêts de la classe dominante. Elle doit au contraire proposer un repère fixe qui puisse devenir un point d'appui.

Toutes les autres dénominations proposées (gauche, progressiste, république sociale) sont profondément sociales-démocrates. L'anticapitalisme d'Olivier Besancenot ne mène pas beaucoup plus loin que feu l'antimondialisme (sinon peut-être à l'altercapitalisme ?).
Seul le mot "communiste" porte en lui l'exigence et l'urgence d'un renversement du capitalisme.

Un Parti Communiste, même avec une candidate qui rassemble 2 % des voix à l'élection présidentielle (sous le label "gauche populaire et antilibérale" en vérité), reste donc utile, parce qu'il montre par sa seule existence qu'il est possible de dire que le capitalisme doit être combattu et d'agir en ce sens.

Ceux à qui la société capitaliste profitent ne s'y trompent pas d'ailleurs. C'est face aux militants communistes, et seulement face à eux qu'ils disent, sur les marchés "ça existe encore !" comme pour se rassurer. Même affaibli, le spectre les inquiète encore.

Matthias 17/11/2007 12:10

Plusieurs réactions à ce texte :
1. Concernant l'Humanité, je crois que l'émancipation à l'égard du PCF est la bonne solution et que l'Huma est encore trop timorée. Ce journal doit être celui de tous les progressistes (ils en ont cruellement besoin), celui qui pose les questions qui fâchent pour éviter l'affadissement des réflexions.
2. Concernant D. Voynet, je suis d'accord pour dire que son attitude et celle du PS à Montreuil ne sont pas responsables, pour autant celà doit-il l'empêcher de s'exprimer sur le sujet environnemental ?
3. Concernant le Parti communiste. Ce parti est riche de ses militants, il faut qu'ils débattent et qu'ils décident, que vous débattiez, et c'est à vous que reviendra la décision. Si certains pensent pouvoir vous contourner ou vous imposer quelque chose, ils se trompent cruellement. Donc le débat dont il est fait état dans l'Huma va dans le bon sens, même s'il est vrai qu'il aurait pu et dû être plus équilibré. Au moins on sort des monologues...
4. Le communisme. Cette idée est belle. L'utopie est noble et indispensable, c'est elle qui donne la force de se battre. Mais aujourd'hui cette belle idée est plombée par le PCF. Et pourtant je sais combien d'efforts il fait, combien ses militants sont chaleureux, ouverts, déterminés, combien ses élus se dévouent, combien son apport programmatique est énorme. Celà, moi, je le sais. Mais pour beaucoup, chaque parole portée par le PCF est discréditée avant même d'être prononcée. Je suis le premier à m'y opposer, mais reconnaissons que c'est un fait. Dès lors, on peut continuer les efforts en espèrant qu'ils finissent par payer, ce ne serait pas une décision non courageuse. Mais les efforts fournis jusqu'ici n'ont même pas suffit à empêcher le déclin et c'est désormais la mort qui menace. Et avec la mort du PCF, la mort d'une gauche qui refuse de choisir entre contestation et responsabilités. Je crains que le temps ne nous soit plus donné pour renouveler et recrédibiliser l'existant. Il faut agir vite, provoquer un sursaut qu'il faudra ensuite consolider, sans quoi, plus vite que l'on ne croit, il ne nous restera que nos yeux pour pleurer de devoir choisir entre la social-démocratie incapable et la contestation sauce LCR impuissante.
6. Une nouvelle force politique me parait nécessaire car c'est le seul moyen crédible d'incarner un nouveau projet. Mais si elle renonce sur ses ambitions alors elle échouera. Le projet et le lieu qui le porte doivent commencer leur édification ensemble. Et ce projet, lequel peut-il être ? La "République sociale, qui fait les salariés rois dans l'entreprise comme la République politique a fait les citoyens rois dans la Cité" comme disait Jaurès. Demandons nous si les termes "communiste" et "socialiste" au sens authentique du mot ne peuvent pas redevenir synonymes comme il l'était dans la bouche de Jaurès. L'appropriation sociale (ou collective) des moyens de production, le partage des richesses, des savoirs, des pouvoirs, la protection de l'environnement, la solidarité internationale... N'est-il à ce point pas possible de trouver des accords forts ?
7. Et cette force, vous, les communistes, vous en serez nécessairement la cheville ouvrière, donc vous aurez la capacité d'influer fortement sur son orientation, ses choix, son mode d'organisation. Un parti n'est qu'un moyen au service d'idées. Et si vous êtes capables de montrer que la voie que vous proposez est la plus juste et la plus efficace alors vous ne disparaitrez jamais. Mais c'est chacun d'entre vous qui porte en lui la responsabilité de faire vivre la gauche de transformation sociale et l'idée communiste à la fois, dans un même mouvement. Et si la perpétuation de l'idée communiste passait par le dépassement du Parti communiste ?
Amitiés.