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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 19:29

Un article de Charline et Augustin

A la question « Auriez-vous décroché le Nobel avec le financement de la recherche sur projet que met en place le gouvernement ? » le prix Nobel de physique 2007, Albert Fert répond : « Non, s'il n'y avait eu qu'un financement sur projet. […] »


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Le Démantèlement du plus dynamique des instituts de recherche.

Le gouvernement s’attaque désormais au démantèlement complet de la grande agence scientifique française. L’objectif est de transformer cet organisme public en une simple agence de financement qui perdra tout contrôle sur le contenu des activités scientifiques. Les unités de recherche du CNRS doivent passées sous la coupe des universités « autonomes » financés largement par des entreprises privées.
Effectivement cette réforme avait été annoncée lors de la campagne présidentielle. Mais pour faire passer ce programme le candidat Sarkozy avait, de la manière la plus démagogique, donné une image entièrement fausse de la recherche. La droite veut nous faire croire que le CNRS est composé de chercheurs endormis sur leurs paillasses, attendant la prochaine paie. Le prix Nobel 2007 de physique apporte un démentit cinglant à cette vision. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, en vérité les chercheurs du CNRS sont particulièrement productifs, et aujourd’hui l’organisme public est à la pointe de la recherche en France. Cette réforme est purement idéologique, elle n’est basée sur aucune réalité. Aujourd’hui, la droite décomplexée au pouvoir a la hantise de la science libre.

Des talents gâchés.

La stratégie du gouvernement est sournoise, il avance par déclarations vagues et démagogiques. Le budget de la recherche est jugé décevant et il n’y aura aucune création de poste dans la recherche l’an prochain. C’est le potentiel de plusieurs jeunes chercheurs qui est scarifié sur l’autel de la compétitivité. Les chercheurs du CNRS sont bien conscients de la menace qui pèse sur eux, mais ils ne sont pas entendus pour le moment par le ministère de la recherche. On n’imagine pourtant les chercheurs du CNRS guidés par des intérêts idéologiques ou personnels.

La recherche fondamentale menacée par une politique idéologique.

Ce qui est en jeu dans cette réforme c’est la recherche fondamentale. Il faut refuser la vision à court terme d’une recherche soumise à la loi du profit. La recherche n’avance pas ne manière linéaire, les grandes découvertes n’ont jamais été le fruit de ce genre de démarche. Pierre et Marie Curie ne pouvaient pas avoir en tête l’ensemble des applications dans la médecine de leurs découvertes sur la radioactivité. Albert Fert n’avait « pas démarré mes travaux en [se] disant qu’[il allait] augmenter la capacité de stockage des disques durs. Le paysage final n'est jamais visible du point de départ. »

Il faut réaliser que toutes ces réformes ont un caractère difficilement réversible, si il est facile de détruire un édifice comme le CNRS il sera plus difficile de le bâtir pierre par pierre comme cela a été le cas depuis sa création en 1939.

Réforme de la recherche + Réforme des universités le paquet ultra libéral du gouvernement.


Cette réforme est complètement cohérente avec la réforme des universités, rejetée en masse par les syndicats étudiants. C’est l’ensemble des processus de production et de partage du savoir scientifique qui est menacé par la politique du gouvernement.

Dans ce processus les sciences sociales sont particulièrement menacées. Quelles entreprises auront intérêt demain à financer des études de sociologie sur les inégalités et rapports de classe en France ? Quel est l’avenir des approches hétérodoxes de l’économie dans ce contexte ?

Le savoir est un bien public qu’il faut préserver dans l’intérêt de tous. Qui peut aujourd’hui affirmer que le progrès social et matériel s’est passé de la recherche fondamentale ? La logique du marché n’a rien à faire là dedans.
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